mardi 23 juillet 2013

Découverte majeure à Dijon : identification d’un nouveau gène responsable d’une forme de résistance à l’insuline

le 28/06/2013 à 18:28

Une étude menée conjointement par le CHU de Dijon et l’université de Bourgogne a permis d’identifier un nouveau gène responsable d’une forme de résistance à l’insuline, provoquant un diabète chez les patients atteints...

Dans un communiqué, le CHU annonce l’identification d’un nouveau gène responsable d’une forme de résistance à l’insuline : "Une étude menée conjointement par le CHU de Dijon et l’université de Bourgogne a permis d’identifier un nouveau gène responsable d’une forme de résistance à l’insuline, provoquant un diabète chez les patients atteints. Une découverte à l’effet immédiat puisqu’ayant déjà permis d’améliorer la prise en charge des malades."
Un gène responsable de nombreuses maladies" La résistance à l'insuline est une anomalie rencontrée dans de nombreuses pathologies, comme par exemple le diabète, l'obésité, l'athérosclérose ou encore le syndrome des ovaires polykystiques. Afin de mieux comprendre ces maladies tout à la fois fréquentes, très complexes, et encore souvent méconnues, une méthode de recherche consiste à étudier des formes de résistance à l'insuline rares mais plus simples biologiquement afin de mieux en comprendre les mécanismes.
En appliquant cette stratégie, des chercheurs du CHU de Dijon et de l'Université de Bourgogne ont découvert un nouveau gène dont les anomalies sont responsables d'une maladie rare appelée syndrome de SHORT. Bien que connu depuis 1975, ce n'est que tout récemment que l’on a découvert qu’il s’agissait d’une maladie génétique. Les patients atteints présentent un retard de croissance et d’éruption dentaire, une maigreur importante malgré une alimentation normale, des anomalies oculaires et une résistance sévère à l'insuline qui provoque un diabète à l'âge adulte, voire dès l'adolescence.
La découverte de ce nouveau gène a permis de mieux comprendre les mécanismes responsables de la résistance à l'insuline, d'améliorer la prise en charge des malades, et d'entrevoir de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients, qu’ils soient
atteints de cette pathologie ou de formes plus fréquentes de résistance à l'insuline.
Cette étude permet aussi d’expliquer la pathologie de certains patients dont le diagnostic n’avait pu être établi", précise le communiqué.
Une amélioration de la prise en charge des patientsPour le Dr. Christel Thauvin, généticienne au CHU de Dijon, au-delà de la découverte génétique, l'un des points clés de cette découverte réside dans le fait que ces travaux ont déjà eu un impact direct sur la prise en charge de certains patients atteints du syndrome de SHORT : « Les patients dijonnais bénéficiaient d’un traitement par hormone de croissance en raison de leur petite taille, traitement classique dans cette situation. Notre découverte a démontré que ce traitement devait être arrêté car il risquait fortement d'accélérer l'apparition du diabète chez ces enfants. C'est un exemple qui illustre très bien le concept émergeant de médecine personnalisée, qui consiste à utiliser les données génétiques afin d'adapter la prise en charge clinique des patients ».
Un travail de coopérationCes travaux, coordonnés par le Dr. Jean-Baptiste Rivière, biologiste moléculaire au CHU de Dijon, ont été menés par l’équipe de recherche "Génétique des anomalies du développement" (GAD - http://www.gad-bfc.org/) de l'université de Bourgogne, dirigée par le Pr. Laurence Faivre. Des cliniciens et chercheurs issus de différents établissements extérieurs ont par ailleurs également apporté leur contribution. A souligner que les résultats de cette étude viennent d'être publiés dans la revue spécialisée American Journal of Human Genetics (lien vers l’article : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0002929713002322).

samedi 20 juillet 2013

Ramadan 2013 : un kit d’information pour les musulmans diabétiques

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 2 Juillet 2013

Jeûner pour un diabétique n’est pas sans risques. A la veille du mois du Ramadan qui débute cette année 2013 le 9 juillet, le laboratoire MSD a lancé un guide d’information et de conseils pratiques pour les diabétiques musulmans désirant jeûner.


A la veille du mois du Ramadan qui débute cette année 2013 le 9 juillet, le laboratoire MSD a lancé un guide d’information pour les diabétiques musulmans désirant jeûner.
A la veille du mois du Ramadan qui débute cette année 2013 le 9 juillet, le laboratoire MSD a lancé un guide d’information pour les diabétiques musulmans désirant jeûner.
Une première en France. Le laboratoire pharmaceutique MSD, d’envergure internationale, a lancé le premier kit d’information [à télécharger plus bas] à l’attention des diabétiques de confession musulmane ayant choisi de jeûner le mois du Ramadan, qui se déroulera cette année du 9 juillet au 7 août inclus

366 millions de personnes sont diabétiques de type 2 dans le monde. Selon MSD, aussi connu sous le nom de Merck en Amérique du Nord, quatre musulmans diabétiques de type 2 sur cinq pratiquent le Ramadan. Le diabète étant une maladie chronique grave, les personnes qui en sont atteintes n’ont pourtant pas l’obligation de l’effectuer.

Un guide de conseils pratiques

Cependant, ils sont nombreux à choisir de le faire sans même consulter au préalable leur référent médical, et ce malgré les risques qu’une journée complète sans boire ni manger ni absorber de médicaments comporte. Plus encore cette année, puisque le Ramadan se déroule en pleine période estivale, avec des journées longues durant plus de 16 heures. « Ce soudain changement de rythme alimentaire peut altérer la santé des diabétiques musulmans, pouvant aller jusqu’à des pertes de conscience, des convulsions et des crises d’épilepsie », fait savoir le laboratoire. 

Ces dangers sont souvent ignorés par les diabétiques eux-mêmes. Avec le kit d’information pour les diabétiques, MSD entend sensibiliser ces derniers aux risques et les informer sur la meilleure manière d'y pallier. Le guide, disponible à la fois en français et en arabe pour rendre les informations accessibles au plus large public, comprend ainsi de nombreux conseils [voir plus bas] et un tableau de suivi de la glycémie, afin de faciliter l’échange entre le patient et le médecin.

Un bilan de santé et un suivi régulier nécessaires

Le jeûne peut, en effet, être observé par un diabétique, à condition que celui-ci ait pris rendez-vous avec un médecin au moins un ou deux mois avant le mois de Ramadan pour réaliser un bilan de santé, souligne-t-on. Il est également important pour le patient d’effectuer un suivi étroit de sa glycémie lors du jeûne et de consulter sans attendre son médecin s’il rencontre des problèmes pour gérer son diabète. 

Sollicité, MSD France explique avoir décidé « naturellement » de se centrer sur les diabétiques musulmans car le diabète est une des préoccupations de ce laboratoire fondé sur la recherche. « C’est une réponse à un grand besoin en France et dans le monde entier, peu de laboratoires s’en préoccupent », nous indique une chargée de communication. « C’est la deuxième année que cette brochure circule avant la période du Ramadan. La brochure a d’abord été distribuée aux Etats-Unis puis l’année dernière en France », où MSD-Merck a une importante présence, poursuit-elle. « La diffusion se fera progressivement à l’étranger. » 

Cette initiative salutaire inédite sur laquelle MSD communique sans mal est le signe évident d’une meilleure prise en charge de la problématique du jeûne, pilier fondamental de la pratique musulmane, auprès des professionnels de santé. Le guide d’information, téléchargeable sur le site du laboratoire, sera également diffusé à 20 000 exemplaires en France qui seront disponibles chez les médecins généralistes, les endocrinologues et les diabétologues.

Extraits du guide de MSD à destination des diabétiques de type 2 
Que peuvent inclure ces conseils ? 

Des modifications du traitement 
Certains antidiabétiques peuvent augmenter le risque d’hypoglycémie pendant le jeûne. Par conséquent, votre traitement devra peut-être être modifié pendant le Ramadan afin de réduire ce risque. Consultez votre médecin afin de parler de votre traitement/posologie actuel et des modifications qui peuvent être nécessaires. 

Une surveillance glycémique plus fréquente 

Si vous choisissez de faire le jeûne, il est essentiel de surveiller votre glycémie fréquemment au cours de la journée. Le tableau de suivi de la glycémie inclus dans ce kit vous permettra de noter cette information pour en parler lors de votre prochaine consultation. 

Conseils pour une alimentation saine 
Pendant le Ramadan, votre alimentation doit être saine et équilibrée. Essayez de consommer des aliments tels que du blé, de la semoule et des haricots lors du souhour avant de commencer votre jeûne, car ces aliments contiennent des sucres lents. Ils permettront de stabiliser votre glycémie et contribueront à réduire les fringales et votre appétit pendant les heures de jeûne. Lors de l’iftar, il est recommandé de consommer des aliments contenant des sucres rapides, par exemple des fruits, qui augmentent rapidement la glycémie, puis des glucides lents. Évitez les aliments riches en graisses saturées, comme le smen, les bricks et autres aliments frits, et essayez de boire davantage pendant les périodes où le jeûne est rompu. 

Activité physique 
Essayez de maintenir votre niveau d’activité physique habituel pendant le jeûne. Vous pouvez pratiquer en toute sécurité des activités d’intensité légère à modérée ; toutefois, mieux vaut éviter l’exercice physique intense, en particulier au moment de l’iftar, lorsque la glycémie est susceptible d’être basse, car le risque d’hypoglycémie peut alors augmenter. Les prières habituelles de tarawih(prières obligatoires) doivent être considérées comme une partie intégrante de votre programme d’exercice physique. 

Rupture du jeûne 
Rompez immédiatement le jeûne et demandez conseil à votre médecin si vous vous trouvez dans l’un des cas suivants : 
• Hypoglycémie : glycémie inférieure à 60 mg/dl (3,3 mmol/l) ou inférieure à 70 mg/dl dans les premières heures suivant le début du jeûne ; 
• Hyperglycémie : glycémie supérieure à 300 mg/dl (16,7 mmol/l). 

Les pages suivantes proposent un tableau de suivi de la glycémie qui vous aidera à gérer votre diabète pendant le Ramadan. Il peut être utile d’apporter ces outils avec vous lors de votre bilan de santé préalable au Ramadan afin d’aborder avec votre médecin la manière dont vous pouvez les utiliser. Vous pouvez également aborder ces informations avec vos amis et votre famille, afin qu’ils connaissent les signes et symptômes associés à l’hypoglycémie, ainsi que les autres problèmes de santé liés au jeûne qui pourraient survenir.


vendredi 5 juillet 2013

Se sentir stressé double le risque de crise cardiaque

Par figaro iconAlice Flores - le 28/06/2013

Les personnes conscientes que le stress affecte leur santé présenteraient davantage de pathologies cardiovasculaires.
Le stress, nouveau mal du XXIe siècle, est une préoccupation croissanté des médecins. Plusieurs études ont déjà prouvé qu'un stress chronique pouvait avoir des effets néfastes sur la santé, en favorisant notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète ou l'hypertension. Une équipe de chercheurs européens s'est intéressée plus spécifiquement aux personnes conscientes d'être stressées, pour déterminer s'il y a ou non une association entre le ressenti d'un stress néfaste pour la santé et la survenue plusieurs années après d'une maladie coronarienne. Leurs résultats, publiés dans le European Heart Journal et rendus publics jeudi, montrent que les personnes affirmant une détérioration de leur santé liée au stress ont deux fois plus de risques d'avoir une crise cardiaque que les autres.
L'étude, menée par des chercheurs du centre de recherche en épidémiologie et santé des populations de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en collaboration avec des scientifiques anglais et finlandais, a porté sur 7268 fonctionnaires britanniques, suivis pendant 15 ans. Les participants devaient indiquer dans quelle mesure leur stress quotidien avait une incidence sur leur santé: pas du tout, peu, moyennement, beaucoup ou extrêmement.

8% des participants très affectés par le stress

Les résultats sont notables: les volontaires rapportant que leur santé est «beaucoup» ou «extrêmement» affectée par le stress ont 2,12 fois plus de risques d'avoir une crise cardiaque comparés à ceux qui ne sentent aucun effet. Cette association reste présente même si l'on exclut les autres facteurs de risques de développer des maladies coronariennes, comme l'hypertension ou le diabète. Les personnes les plus concernées étaient plutôt des femmes, ne vivaient pas en couple, fumaient régulièrement, mangeaient peu de fruits et légumes et avaient moins d'activité physique.
Même si seulement 8% des participants à l'étude estimaient que leur santé était fortement impactée par le stress, cette étude montre que «les plaintes des patients ne devraient pas être ignorées par les professionnels de santé», déclare Hermann Nabi, le responsable de l'équipe de l'Inserm qui a participé aux travaux.
Reste à savoir si les personnes ressentent les effets néfastes du stress parce qu'elles sont réellement dans une situation à risque, ou bien si c'est parce qu'elles sont hypochondriaques et angoissées que leur état de santé se dégrade. Des travaux ultérieurs devront se pencher sur la question.
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lundi 1 juillet 2013

Vaccin pour le diabète de type 1 : Passage avec succès de la phase test


Vaccination contre le diabète

Par  , le Dimanche 30 juin 2013


La première phase test est passé avec succès ! le vaccin contre le diabète de type 1 vient de dépasser avec succès la première phase de test avec des sujets humains. Ce nouveau vaccin est conçue pour protéger les cellules pancréatiques productrices d’insuline contre le système immunitaire. «Nous essayons d’éteindre une réponse immunitaire spécifique », a déclaré le Dr Lawrence Steinman, immunologiste à l’Université de Stanford et auteur principal de l’étude publiée mercredi dans la revue Science Translational Medicine.

Le traitement standards de l’insuline de type 1 consiste à utiliser l’insuline pour équilibré la glycémie, il s’agit d’une thérapeutique substitutive qui ne règle pas le problème originale, avec ce type de vaccin, un traitement définitif du diabète est possible. Steinman a déclaré que son équipe avait l’intention d’éffectuer d’autres tests sur des périodes plus longues.
« Ce n’est qu’une première étape», déclare-il.  »Mais il est devenu possible de protéger la population contre les ravages de cette maladie sur le long terme. »  L’étude a été financée par Bayhill Therapeutics, une start-up fondée par Steinman et trois de l’étude co-auteurs. La société, désormais connu sous le nom Tolerion Inc., vise à mettre le vaccin sur le marché.

Sources & bibliographie

  • Brad Balukjian, Reverse vaccine for Type 1 diabetes seems to pass human test. Disponible sur : http://articles.latimes.com/2013/jun/28/science/la-sci-diabetes-reverse-vaccine-20130627

Comment les diabétiques peuvent affronter le Ramadhan



Les remaniements biologiques nécessaires à l’adaptation au jeûne du Ramadhan, les aspects psychologiques – les  risques du jeûne – les  précautions et les conseils de prise en charge.

Beaucoup de malades et de praticiens, qui ignorent le risque du jeûne de Ramadhan chez les diabétiques, ne font pas l’effort de le réduire  ou l’amplifient abusivement. Le jeûne de Ramadhan s’accompagne d’un changement du style de vie et du mode alimentaire habituels, avec une modification de l’horaire des repas, un temps de sommeil plus court, souvent entrecoupé, et dans ce cas il n’est pas réparateur, parfois des horaires de sommeil inversés et une activité environnementale plutôt nocturne.
Ces modifications du mode de vie et de l’alimentation, qui s’effectuent du jour au lendemain, sans préparation préalable, induisent une variation des  rythmes biologiques (ou chronobiologie) qui régissent et coordonnent les fonctionnements internes et les différents métabolismes au sein de notre organisme.
Les modifications hormonales et métaboliques se font vers une tendance à la baisse du taux de sucre dans le sang (glycémie), une libération des réserves énergétiques par dégradation des lipides, une libération de l’acide urique (métabolisme des purines), accompagnées d’une perte en eau, perceptible même en dehors des grandes chaleurs, et qui est fortement majorée en période estivale. Quant au diabète, il se caractérise par une sécrétion insuffisante d’insuline ou une entrave à son action.
La seule hormone chargée d’abaisser la glycémie, l’insuline, sécrétée par le pancréas est très fortement réduite dans le diabète de type1, elle est en grande partie conservée dans le diabète de type 2, mais elle est déversée de façon asynchrone (non corrélée, non adaptée) par rapport aux besoins et au taux de glycémie, et aussi décalée dans le temps, alors que le «glucagon» hormone hyperglycémiante est sécrétée dans le diabète de type 2 en excès.
La régulation permettant normalement une adaptation aux besoins, au jeûne court ou long, aux variations d’apports alimentaires, à l’effort physique… régulation possible grâce à un rapport adéquat de ces deux hormones (insuline et glucagon), est, chez les diabétiques, perturbée, il en résulte une hyperglycémie qui devient chronique, elle est responsable avec le temps d’anomalies de nombreuses structures et métabolismes, essentiellement des métabolismes glucidiques et lipidiques, qui seront à l’origine, si aucune mesure thérapeutique n’est prise, de complications aiguës ou chroniques et d’altérations vasculaires.
Les changements métaboliques et hormonaux au cours du Ramadhan s’effectuent en trois phases :
La 1re phase dure de 5 à 7 jours, c’est la phase d’adaptation, elle est caractérisée par une sensation de faim, une légère fatigue, une baisse modérée de la vigilance et des performances intellectuelles, tous ces signes s’atténuent rapidement.
La 2e phase dure de 20 à 25 jours, jusqu’à la fin du jeûne, c’est la phase d’équilibre et de la stabilisation grâce à une adaptation hormonale, permettant ainsi une mobilisation des graisses pour les besoins énergétiques. Ainsi, les symptômes précédents s’estompent et, en cas de respect d’une alimentation équilibrée et saine, une légère perte de poids est observée.
La 3e phase, à l’Aïd, c’est le nouveau déséquilibre à la rupture du jeûne et au retour à l’alimentation habituelle – rupture du jeûne qui est assez brutale –, elle dure de 5 à 7 jours, induit un nouveau remaniement hormonal et métabolique pour une réadaptation à la nouvelle situation. Si une diététique adéquate est respectée au cours du jeûne qui a précédé, ce nouveau déséquilibre, suivi d’une réadaptation se feront sans  gravité, par contre en cas de déséquilibre alimentaire (notamment par excès de sucre et de graisse) ou si une autre pathologie s’est greffée pendant cette période, de grands bouleversements s’opèrent, même chez les sujets non diabétiques, avec une plus grande sensibilité chez le patient diabétique, d’où l’altération de l’état de santé.
De nombreux cas de diabète méconnus sont d’ailleurs révélés à cette période... Les risques du jeûne chez le diabétique sont multiples, ils nous incitent à la prudence :
a/ un déséquilibre métabolique, notamment de la glycémie, avec une hyperglycémie, surtout s’il n’y a pas eu d’efforts pour la stabiliser dans les semaines qui ont précédé le jeûne, ceci préférentiellement chez le diabétique de type 2 chez qui le glucagon (hormone élevant le taux de glucose) est d’emblée prépondérant.
b/ Une baisse du taux de glucose dans le sang donc des hypoglycémies, c’est fréquemment le cas du diabétique de
type 1 qui est sous injection d’insuline, où l’ajustement du traitement par insuline est très difficile, car, le lien est direct avec l’apport alimentaire afin d’assurer l’équilibre glycémique. L’hypoglycémie peut être par ailleurs liée soit à une erreur thérapeutique avec mauvais ajustement chez le diabétique de type 2, soit à une alimentation insuffisante et mal répartie (régime sévère), un exercice physique excessif ou une journée de jeûne trop longue, c’est le cas du jeûne en été cette année.
c/ Une cétose, c’est-à-dire une dégradation excessive des graisses qui peut aboutir à une intoxication par leurs produits de dégradation, voire mener au coma acidosique si aucune mesure thérapeutique n’est entreprise rapidement,
d/ La déshydratation lorsqu’elle s’intensifie peut évoluer vers le coma hyperosmolaire, notamment lors des grandes chaleurs, surtout chez les personnes âgées qui ont perdu la perception de la soif et oublient de boire.
e/ L’exacerbation d’une maladie intercurrente, passée inaperçue.
f/ A l’Aïd, les désordres peuvent être importants, notamment en cas d’écarts alimentaires importants ou d’accumulation d’erreurs pendant la période de jeûne qui a précédé.
L’éducation thérapeutique, que nous avons appliquée à petits pas depuis une vingtaine d’années, puisque nous l’avons intensifiée depuis une décennie en diabétologie, nous a permis de réduire très fortement les urgences métaboliques qui sont en milieu spécialisé devenues très rares, de même que les hospitalisations pendant le mois de Ramadhan, alors que ce mois était antérieurement reconnu comme celui des urgences majeures. En revanche,  nous observons une multiplication des consultations avant et en début de mois de jeûne pour avis, ou pour une adaptation thérapeutique.
C’est dire que les efforts et l’information sanitaire bien conduits sont toujours couronnés de résultats positifs. Tous les diabétiques n’ont pas le même risque pendant le jeûne de Ramadhan, pour certains le risque est grand et supérieur au bénéfice, il ne doit pas leur être permis de jeûner, pour d’autres, le risque est modéré, ils nécessitent beaucoup de précautions avec une surveillance étroite avant et pendant le jeûne. Enfin un troisième groupe se démarque avec un risque minime, le jeûne est possible évidemment, mais sous contrôle médical. C’est pourquoi, ce qui suit ne sera pas une «ordonnance», mais des orientations générales et les grandes lignes de conduite, afin d’éviter les erreurs graves susceptibles de mener à une décompensation. J’invite donc les patients à se rapprocher du médecin traitant, pour une consultation en vue d’une évaluation  complète – un réajustement thérapeutique – et les conseils qui s’imposent pour chaque cas.
Dans quelles situations le diabétique ne peut pas jeûner :
1- Le cas du diabète de type 1, où l’injection d’insuline est strictement nécessaire entre le fedjr et le f’tour (en remplacement de sa propre sécrétion qui est défaillante), or il existe un lien étroit entre l’injection d’insuline et la ration de glucides ingérée dans le même laps de temps, il y a un équilibre qui doit être recherché entre la dose d’insuline et la quantité (et la qualité) de glucides consommés afin d’éviter autant la baisse (hypo) que l’élévation (hyper) de la glycémie.
2- Le diabétique très déséquilibré dans les jours ou semaines précédant le jeûne, ou présentant de nombreuses hypoglycémies, voire une instabilité passant de l’hypo à l’hyperglycémie, la recherche des causes du déséquilibre et la stabilisation métabolique nécessitant parfois deux à trois semaines.
3- Les états décompensés ayant présenté récemment un coma acidocétosique ou hyperosmolaire, l’organisme en cours d’adaptation ne supportera pas de nouvelles perturbations aussi complexes.
4- Le diabète compliqué nécessitant un strict contrôle, mais aussi ceux ayant une association de plusieurs traitements en rapport avec la présence de complications ou de pathologies associées, posant en plus du risque d’aggravation d’une des complications, le problème quant à l’horaire des prises médicamenteuses qui sont nombreuses.
5- La  femme enceinte ou allaitant.
6- Le sujet âgé vivant seul, chez qui le risque d’hypoglycémie et de déshydratation reste important.
Quels diabétiques sont autorisés à jeûner ?
a/ Le diabétique de type 2 équilibré par la diététique et l’activité physique sans médication associée, dans ces cas il est même noté une amélioration de l’état général et de l’équilibre métabolique et glycémique, l’amélioration  persiste jusqu’à la fin du jeûne.
b/ Le diabétique de type 2 non compliqué sous thérapie orale ou sous une seule injection d’insuline dite en «bed-time» (une seule prise le soir) associée ou non aux comprimés et stabilisé dans les semaines précédant le jeûne.
Les précautions à prendre pendant le jeûne de Ramadhan et les conseils de prise en charge :
1- augmenter la quantité de boissons, en prenant soin de fractionner sa prise tout au long de la soirée (boire d’un trait, surtout à l’heure de rupture du jeûne est incommodant et stoppe l’appétit), ne pas omettre de boire avant le s’hour, afin d’assurer une hydratation correcte pour la journée à venir, l’eau plate sera privilégiée, les soupes sont conseillées, en été elles peuvent être prises fraîches selon les goûts, éviter dans tous les cas les soupes très chaudes qui font transpirer – les tisanes (verveine, menthe au citron éventuellement…), par contre ne pas exagérer la consommation de café qui est diurétique (et même de thé bien que ce dernier désaltère) – les jus «nature» de citron, d’orange, de pamplemousse ou autre selon les goûts, peuvent être consommés sans exagération, sans sucre ajouté, un verre moyen deux à trois fois par semaine.
2- Une alimentation équilibrée doit apporter des légumes, des protéines, des graisses, des vitamines et oligoéléments à chaque repas, ou au minimum à deux des repas cités.
Concernant les protéines, il n’est pas nécessaire d’en consommer une grande quantité, mais que l’apport soit régulier, elles sont contenues dans les viandes, le poisson, les œufs, le lait, le fromage et les légumes secs, ces derniers peuvent servir à agrémenter une salade en été.
3- La répartition des repas sera comme suit:
*Le f’tour à l’heure de rupture du jeûne,
*le dîner de 3 heures à 3 heures et demie plus tard,
*le s’hour qui doit être de préférence retardé jusqu’au dernier moment, c’est-à-dire une demi-heure à trois-quarts  d’heure avant le fedjr. Ceci permet une meilleure tolérance du jeûne (ce qui est vivement recommandé).
4- Le lait et produits laitiers apportent des liquides, des protéines, des graisses et une quantité appréciable de calcium, choisir les fromages peu gras et les yaourts  nature.
5- La consommation d’un à deux fruits par jour permet un apport en fibres très intéressantes pour la digestion et l’absorption des glucides qu’elles ralentissent de façon bénéfique, un apport non négligeable d’oligoéléments nécessaires à un bon équilibre métabolique, et l’apport de vitamines indispensables à une meilleure assimilation de l’alimentation.
6- Ne pas abuser de fritures, habituellement fréquentes, voire quotidiennes, pendant le jeûne de Ramadhan, nous les conseillons une à deux fois par semaine, le «bourek» traditionnel sera préférentiellement cuit au four. Quant aux graisses, celles végétales sont recommandées, assaisonner d’huile d’olive par exemple.
Notre exposé n’est pas un cours de diététique, nous ne nous étalerons pas davantage, nous précisons que les conseils sont valables pour les non-diabétiques.
Réguler et gérer la rupture du jeûne 
L’Aïd est une période difficile à gérer du fait des tentations pour les sucreries, il y a lieu de la réguler par l’introduction progressive de l’alimentation habituelle (antérieure au jeûne), maintenir le s’hour pendant 2 à 3 jours afin d’assurer une réadaptation plus douce. Quant aux sucreries, goûter est possible sans abus, puis les éliminer et les brûler par une activité physique suffisante (une belle marche pour la visite des parents et amis par exemple). La surveillance glycémique est nécessaire, par le patient lui-même pour laquelle il doit recevoir une éducation, le non-jeûneur maintient les modalités habituelles, le jeûneur doit vérifier sa glycémie au départ les premiers jours à 4 horaires, puis réduire à deux dès l’obtention de valeurs glycémiques satisfaisantes, voire en cas de stabilité glycémique, poursuivre avec trois à quatre points glycémiques un jour sur deux, les horaires recommandés sont : avant le s’hour – vers 17-18h – immédiatement avant le f’tour – et deux heures après le f’tour. Pour les traitements oraux (comprimés), il est fréquent de réduire la dose de un quart  à un tiers, notamment pour les sulfamides, de remplacer certaines molécules par d’autres mieux adaptées au jeûne, seul le médecin traitant est en mesure d’évaluer pour son patient le traitement qui convient le mieux.
Quelques exemples d’agencements de mets :
F’tour : 1 à 2 dattes, un verre de lait ou d’eau, chorba, makouda ou bourek.
Se désaltérer – glucides naturels (et vitamines) – protéines – quantité modérée de graisses.
Dîner : Tadjine de viande ou de légumes, une salade variée.        
En soirée
S’hour : glucides, fibres dans les légumes ou les herbes, protéines, produits laitiers, eau pour éviter toute déshydratation, fruits juteux.
 
Pr Fawzia Sekkal : chef de service de diabétologie, CHU Mohamed Lamine Debaghine Bab el Oued, Alger.

Diabète : comment restaurer la production d’insuline

 Les diabétiques de type 1 doivent s'injecter de l'insuline plusieurs fois par jour. Futuris/ Euronews
Les diabétiques de type 1 doivent s'injecter de l'insuline plusieurs fois par jour. Futuris/ Euronews
En 2009, les chercheurs de l’Institut de Biologie Valrose (Inserm/Université Nice Sophia Antipolis) sont parvenus, chez la souris,  à transformer des cellules α présentes dans le pancréas en cellules β productrices d’insuline Ils publient cette semaine dans la revue Developmental Cell, de nouveaux résultats qui décryptent ce processus de conversion et attestent que toutes les cellules β du pancréas peuvent être régénérées plusieurs fois.

Un ménage à trois dans le pancréas


Les diabétiques de type 1 doivent s’injecter plusieurs fois par jour de l’insuline, leur corps étant incapable d’en produire car leur pancréas ne contient plus de cellules β  (celles qui secrètent l’insuline). Les chercheurs tentent donc de trouver un moyen de relancer la production naturelle d’insuline chez les diabétiques de type 1. L’un de ces moyens est de transformer d’autres cellules du pancréas, les cellules α (qui produisent une hormone appelée glucagon) en cellules β.
Pax4. L’équipe de Patrick Collombat, principal auteur de l’étude, a réussi à déclencher cette transformation en activant un gène appelé Pax4 dans les cellules α. « C’est un master-gène qui contrôle plusieurs autres gènes et qui est capable d’annuler la programmation d’une cellule et de la transformer en une autre » explique-t-il. « Quand on l’active les cellules α se transforment en cellules β et d’autres cellules de canaux pancréatiques sont alors mobilisées pour former de nouvelles cellules α. C’est un véritable ménage à trois dans le pancréas ! »

Le diabète guérit plusieurs fois de suite chez des souris


En contrôlant ce processus, les chercheurs ont pu rétablir la population de cellules productrices d’insuline chez des souris qui avaient un diabète chimiquement induit. Plus fort encore : ils ont à nouveau détruit les cellules β de ces souris et réitérer l’opération avec succès. « En fait on a détruit et restauré quatre fois de suite les cellules β. Le diabète, ainsi induit chez la souris, peut être littéralement  soigné de multiples fois grâce au nouveau stock de cellules β productrices d’insuline fonctionnelles » souligne Patrick Collombat.
TRAITEMENT. Bien-sûr, l’idée est de pouvoir reproduire cette technique chez l’être humain. « Nous sommes optimistes et enthousiastes mais il faut se garder de donner de faux espoirs. Un traitement du diabète avec cette méthode n’est pas pour demain » tempère le chercheur. Pour le moment, les scientifiques sont passés à une nouvelle étape : chercher des molécules pharmacologiques capables d’induire la conversion des cellules α. 
Joël Ignasse, Sciences et Avenir, 28/06/2013
ciencesetavenir.nouvelobs.com/sante/20130628.OBS5831/diabete-comment-restaurer-la-production-d-insuline.html

Diabète : dépistage systématique à chaque rentrée scolaire

«A partir de la rentrée scolaire prochaine, tous les élèves du cycle primaire seront soumis à un dépistage systématique du diabète.

Ils obéiront à une analyse de sang qui sera pratiquée par des médecins généralistes appartenant aux Unités de dépistage de la santé publique de la wilaya d’Oran».  C’est ce qu’a déclaré hier Mme Meguenni, chargée de la communication à la direction de la Santé et de la Population, au cours de l’ouverture d’une journée d’étude en diabétologie et nutrition pédiatrique organisée à l’Etablissement hospitalier de Canastel. Cette manifestation scientifique, qui vise la formation de quelque 80 praticiens sur les gestes devant être pratiqués pour l’analyse du sang des enfants à l’aide de glucomètres, a pour objectif primordial l’explication du «rôle de l’hygiène scolaire dans la prévention de l’acidose inaugurale du diabète type 1 (DT1) chez l’enfant et la prévention et le traitement des hypoglycémies du type 1 en milieu scolaire».
Les patients atteints du diabète type 1 sont des malades insulinodépendants, le DT1 chez l’enfant. «La situation dans l’Ouest algérien» a été la première communication devant inaugurer cette journée. Elle a été animée par le docteur Niar. Ce spécialiste du CHU d’Oran a indiqué dans cette étude  qu’il a menée dans la wilaya d’Oran, que 1 634  enfants âgés de moins de 15 ans résidant dans cette région souffrant du diabète type 1 (insulinodépendants) ont été recensés du 1er janvier 1978 jusqu’au 31 décembre 2012. Ce chiffre ne cesse d’augmenter, a estimé le conférencier en déclarant qu’il est passé de 11 nouveaux cas en 1978 à 99 cas en 2011, en passant par 34 en 1988, 44 en 1998,  83 en 2008 et 93 en 2010.                  
Azzedine Belkedrouci

Diabète : on travaille déjà sur les traitements de demain

Comprendre la prédisposition génétique au diabète de type 2 ou mettre au point les traitements de demain : plusieurs pistes de recherche sont en cours pour améliorer la vie des diabétiques.
Sous la direction des Prs François Pattou et Philippe Froguel, l’European Genomic Institute for Diabetes (Egid) est le premier centre de recherche européen axé sur le diabète. Sa mission est d’explorer les facteurs de risque de cette maladie. L’étude Descendance vise à comprendre la prédisposition génétique au diabète de type 2 et à mieux prévenir son apparition.
À l’Inserm, on défriche la piste de la lipolyse : l’équipe de Dominique Langin vient ainsi de montrer que des médicaments diminuant la lipolyse adipocytaire (destruction de la graisse dans
les adipocytes) amélioreraient la sensibilité des tissus à l’insuline. Des résultats expérimentaux mais qui pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements. Autre piste intéressante : l’insuline par voie orale. Comme les autres les hormones, l’insuline est un polypeptide (groupe d’acides aminés) dégradé par les enzymes digestives. D’où la nécessité des injections qui l’amènent directement dans la circulation sanguine. Une entreprise israélienne, Oramed, a réussi à mettre au point une capsule orale d’insuline destinée aux diabétiques
de type 2. Des essais sont en cours.
D’autres recherches sont prometteuses : « La plus intéressante, ce sont les glycosuriques, des substances qui favorisent l’élimination de sucre dans les urines, réduisent la glycémie et font perdre du poids », estime le Pr Bringer. Ces traitements sont en cours d’essai et pourraient être disponibles dès 2013 ou 2014.
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