samedi 11 mai 2019

DIABÈTE : SAVOIR LIRE SES ANALYSES DE SANG

Lorsqu'on est atteint d'une maladie chronique comme le diabète, les analyses de sang peuvent être fréquentes. Mais connaissez-vous les valeurs qu’il faut surveiller sur ce bilan sanguin ? Lisez notre guide à destination des patients atteints de diabète de type 1 et de diabète de type 2.

Les valeurs présentées dans cet article sont des valeurs de référence. Cependant, elles peuvent varier en fonction des individus. Elles dépendent du type de diabète, du traitement, de l’âge, de l’existence de complications et des pathologies éventuellement associées. Référez-vous aux indications de votre médecin.


Diagnostiquer le diabète

Le diagnostic des diabètes de type 1 et 2 repose sur un examen de référence, la glycémie à jeun. Il évalue le taux de sucre dans le sang.
Valeur usuelle de la glycémie à jeun : 0,7-1 g/L = 3,9-5,5 mmol/L
Une seule mesure de la glycémie à jeun supérieure à 2g/L (ou supérieure à 11,1 mmol/L) est suffisante pour poser le diagnostic. Face à une mesure dont la valeur est située entre 2g/L et 1,26g/L (entre 11,1mmol/L et 7mmol/L), un second examen sera nécessaire.
Une fois cet examen réalisé, pour différencier diabète de type 1 et diabète de type 2, on se fonde sur le terrain clinique de chaque patient (symptômes, âge, poids, antécédents familiaux etc…).

Surveiller ses analyses de sang une fois diagnostiqué

Dans le cadre du suivi de votre diabète, différents paramètres biologiques seront importants à surveiller dans vos analyses sanguines.

Le taux d’hémoglobine glyquée (ou HbA1c) pour évaluer la stabilité de la maladie

Les valeurs usuelles

Diabète de type 2
Valeur usuelle de l’hémoglobine glyquée (ou HbA1C) : inférieure à 7%
Diabète de type 1
Valeur usuelle de l’hémoglobine glyquée (ou HbA1C) : inférieure à 7,5%

Pourquoi ce test ?

La valeur mesurée reflète la moyenne des valeurs des glycémies au cours des 3 derniers mois. Cet examen est indispensable au suivi du diabète car l’objectif est d’avoir des valeurs de glycémies stables et ainsi limiter les complications.

La fréquence du suivi du taux d’HbA1c

Tous les 6 mois si l’équilibre glycémique du patient est atteint et stable.
Tous les 3 mois dans le cas où l’équilibre glycémique n’est pas atteint.

L’hémoglobine glyquée, qu’est-ce que c’est ?

L’hémoglobine glyquée est une molécule d’hémoglobine ayant fixé une molécule de glucose. La concentration de protéines glyquées reflète les variations de la glycémie indépendamment du poids et de l’activité physique.

Un bilan lipidique pour surveiller les habitudes alimentaires

Pourquoi ce test ?

On recherche une anomalie dans le taux de lipides (graisses) de l’organisme afin d’évaluer le risque de complications cardio-vasculaires qui sont plus fréquentes chez les patients diabétiques. Deux paramètres seront donc mesurés, le taux de cholestérol et le taux de triglycérides.

Les valeurs usuelles du taux de cholestérol

Valeur usuelle du cholestérol total : 1,6-2,0 g/L = 4,10-5,20 mmol/L
Cette valeur regroupe les deux types de cholestérol, le « bon cholestérol » aussi appelé HDL-Cholestérol (High Density Lipoprotein–Cholesterol) et le « mauvais cholestérol », le LDL-Cholestérol (Low Density Lipoprotein-Cholesterol).
Valeur usuelle du HDL-cholestérol : supérieure à 0,4 g/L = supérieure à 1 mmol/L
Plus le taux de HDL-cholestérol est élevé, mieux c’est. En effet, une valeur supérieure à 1,5 mmol/L est considérée comme un facteur protecteur cardio-vasculaire. A l’inverse, si cette valeur est inférieure à la valeur usuelle, elle est considérée comme un facteur de risque cardio-vasculaire.
Valeur usuelle du LDL-cholestérol : inférieure à 1,6 g/L = 4,1 mmol/L
A l’inverse du « bon » cholestérol, un taux important de LDL-cholestérol constitue un facteur de risque cardio-vasculaire. La valeur usuelle du LDL-cholestérol varie en fonction du niveau de risque cardio-vasculaire de chaque patient, mais on estime qu’elle doit rester inférieure à 1,6 grammes par litre de sang.

La valeur usuelle du taux de triglycérides

Valeur usuelle des triglycérides : entre 1,6 et 2,0 g/L = entre 0,40 et 1,70 mmol/L
Une hypertriglycéridémie (un taux trop élevé de triglycérides) peut-être due à une alimentation déséquilibrée(consommation excessive de graisses, de sucres et d’alcool), à la prise de certains médicaments ou encore à des troubles métaboliques dont le diabète, le surpoids ou à l’obésité.
Au contraire, une hypotriglycéridémie est rare et est due soit à une alimentation pauvre en graisses (une malnutrition), soit à une maladie héréditaire.

La fréquence du bilan lipidique

Il est réalisé tous les ans. Selon les résultats, le patient pourra être amené à changer son alimentation pour revenir à des taux plus sains.

Un bilan rénal pour dépister toute atteinte de la fonction rénale

Pourquoi ce test ?

Chez les patients diabétiques, l’apparition de complications rénales est fréquente et le plus souvent sans signes annonciateurs. De ce fait, la réalisation d’un bilan rénal régulier est indispensable. Le bilan rénal combine analyse sanguine et analyse urinaire. Il consiste donc à doser le taux sanguin de la créatinine ou créatininémie, ce qui permet de surveiller l’évolution de la fonction rénale.

La fréquence du bilan rénal

Du fait de son importance, il est réalisé au moins une fois par an.

Les valeurs usuelles de la créatininémie

Chez l’homme
Valeur usuelle de la créatininémie chez l’homme : entre 7 et 13 mg/L = entre 60 et 115 μmol/L
Chez la femme
Valeur usuelle de la créatininémie chez la femme : entre 5 et 12 mg/L = entre 45 et 105 μmol/L
Une valeur élevée de la créatinine dans le sang pourra s’expliquer en cas d’insuffisance rénale ou d’activité physique ou musculaire intense. Une valeur basse de la créatinine dans le sang pourra être liée à une atrophie musculaire liée à une myopathie.

Les valeurs usuelles de la clairance de créatininémie

Valeur usuelle de la clairance de la créatinine : entre 90 et 140 mL/min = entre 1,50 et 2,30 mL/seconde
La clairance, ou l’épuration, de la créatinine par les reins permet d’évaluer l’état de la fonction rénale. Une clairance de la créatinine diminuée est signe d’une insuffisance rénale et plus sa valeur est faible, plus l’insuffisance rénale sera grave.

Une analyse urinaire pour dépister une néphropathie diabétique

On effectue également une analyse urinaire pour mesurer le taux de microalbuminurie. Cette analyse correspond au dosage de l’albumine dans les urines. C’est un examen qui permet un dépistage précoce d’un problème aux reins. En effet, le terme microalbuminurie traduit la présence en quantité trop importante d’albumine dans les urines, ce qui reflète une atteinte de la fonction rénale.
Valeur usuelle de la microalbuminurie : normale si elle est inférieure à 30 mg/24h ou à 30 mg/g selon la méthode
On parle de microalbuminurie quand la valeur est comprise entre 30 et 300 mg/24h ou entre 30 et 300 mg/g en fonction de la méthode.
La présence d’une microalbuminurie devra être confirmée à 2 reprises avec au moins une semaine d’intervalle. En cas de microalbuminurie avérée, on parlera de néphropathie diabétique qui marquera une atteinte de la fonction rénale et un facteur de risque cardio-vasculaire.

Les valeurs usuelles sont à nuancer. Avant tout, parlez-en à votre médecin !

Si vous avez déjà regardé un compte rendu de prise de sang, vous avez vu qu’à côté du résultat se trouvent des « valeurs usuelles » ou des « valeurs de référence », avec une borne inférieure et une borne supérieure. Pour définir ces valeurs de références, les biologistes échantillonnent les données de populations en bonne santé. Or, comme dans toute analyse statistique, 5 % de l’échantillon se trouve hors de la norme. C’est pourquoi être légèrement en dehors des "valeurs de référence" ne signifie pas toujours qu’il existe une maladie. Ainsi, face à une analyse qui paraît "anormale", inutile de s’inquiéter sans en avoir discuté avec le médecin traitant qui vous a prescrit les examens sanguins.

Alcool et diabète, des relations controversées

La consommation excessive d’alcool est source de nombreuses maladies et comorbidités dont les conséquences à long terme dépassent largement le cadre strict de l’alcoolisme chronique. Parmi celles-ci, pourrait figurer le diabète de type 2, car sa pathogénie inclut au moins en partie les apports caloriques excessifs qui peuvent du reste favoriser l’apparition d’une surcharge pondérale, voire d’une obésité. Cependant, l’alcool en tant que principe actif exerce des effets complexes à la fois sur le métabolisme du glucose et sur la sensibilité à l’insuline.

Les mécanismes d’action biologiques sont d’ailleurs imparfaitement connus : l’inhibition de la néoglucogenèse hépatique entrerait en ligne de compte, mais elle ne diminuerait pas pour autant la libération de glucose du fait de l’intervention de phénomènes d’autorégulation, tels l’activation de la glycogénolyse. L’alcool pourrait altérer la sécrétion ou l’action des hormones de la contre-régulation glycémique, qu’il s’agisse du cortisol, des catécholamines ou encore de l’hormone de croissance. L’augmentation de la sensibilité à l’insuline a été également évoquée mais les études ont des résultats variables selon le profil des sujets inclus, très souvent des patients atteints d’un alcoolisme chronique avéré ou d’autres en situation d’intoxication éthylique aiguë. Ces incertitudes expliquent largement les divergences entre les études épidémiologiques, certaines plaidant en faveur d’un effet protecteur de doses modérées d’alcool vis-à-vis du diabète, d’autres s’avérant plus nuancées, voire contradictoires.

Une relation inverse plus ou moins prononcée selon le genre

L’étude de cohorte prospective dite ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities) apporte son éclairage. L’objectif était de rechercher et de préciser les relations complexes entre alcool et diabète à partir du suivi de 12 042 participants (âge moyen 54 ans ; femmes : 55 % ; Blancs : 78 %). A l’état basal, il n’existait pas de diabète connu. La consommation d’alcool a été évaluée à deux reprises, lors d’une consultation entre 1987 et 1989 et d’une autre neuf  années plus tard (1996-1998). Les données ont été traitées au moyen d’une analyse par régression multiple selon le modèle de Cox, afin d’estimer le risque de diabète, en fait le hazard ratio (HR) avec son intervalle de confiance à 95 % (IC), en fonction de la consommation d’alcool, une stratification étant faite en fonction du sexe et d’une obésité éventuelle.

Au cours d’un suivi d’une durée médiane de 21 années, ont été dénombrés 3 795 cas de diabète de type 2. Dans le sexe féminin, une consommation d’alcool comprise entre 8 et 14 verres/semaine – sur la base d’un verre de vin à 12°de 12 cl  soit environ 14 g d’éthanol pur ou son équivalent dans une autre boisson alcoolisée - a été associée à un moindre risque de diabète, soit un HR de 0,75 (IC, 0,58, 0,96) comparativement aux participants ne consommant pas plus d’un verre par semaine. Chez l’homme, le HR correspondant, calculé dans les mêmes conditions, est encore plus favorable, soit  0,84 (IC 0,70, 1,00) et au-delà de 14 prises/semaine, un HR de 0,81 (IC 0,67, 0,97) a été atteinte (pinteractionsexe < 0,01).

Le poids … de l’IMC

Dans les deux sexes, le risque de diabète décroissait au fur et à mesure que la consommation d’alcool allait en augmentant. Ces associations dans leur ensemble ont été modifiées par la prise en compte de l’indice de masse corporelle (IMC) (pinteraction = 0,042 pour le sexe féminin, pinteraction < 0,001 pour le sexe masculin). Chez les femmes, l’association inverse entre alcool et risque de diabète n’a été observée qu’en cas de surcharge pondérale ou d’obésité. Chez les hommes, elle s’est avérée plus prononcée en cas d’obésité morbide avérée. La consommation moyenne d’alcool ne s’est guère modifiée entre les moments où elle a été évaluée, à neuf années d’intervalle. Cependant, dans le cas des sujets de sexe masculin consommant plus de 7 verres /semaine à l’état basal, le fait de réduire le nombre de ces derniers a été associé à une augmentation du risque de diabète, soit un HR de 1,12 (IC, 1,02, 1,23) pour chaque verre quotidien en moins.

Cette étude prospective qui porte sur une cohorte conséquente représentative de la communauté étatsunienne révèle une association inverse entre la consommation d’alcool et le risque de diabète, quelque peu modulée par le sexe et l’IMC. Elle est plus prononcée en cas d’obésité ou de surcharge pondérale. Ces résultats n’incitent en rien à classer l’alcool dans les stratégies visant à prévenir le diabète de type 2 : ils sont à classer dans la vaste rubrique des faits et méfaits de l’alcool. Ils illustrent aussi la complexité des relations entre alcool et glycorégulation et sur ce point, le lecteur reste sur sa soif … de connaissances.  

Dr Philippe Tellier
RÉFÉRENCE
He X et coll. : Alcohol consumption and incident diabetes: The Atherosclerosis Risk in Communities (ARIC) study. Diabetologia. 2019; 62(5): 770-778.

Le diabète et le Ramadan sont compatibles, voici comment jeûner

Le Ramadan a débuté ce dimanche 5 mai et devrait se poursuivre jusqu’au 4 juin prochain. Il est donc important pour toutes les personnes atteintes de diabète de consulter leur médecin traitant afin qu’il puisse mettre en place un traitement oral ou insulinique adapté pour le jeûne. Les femmes enceintes ou allaitantes, les malades, les enfants sont naturellement dispensés de Ramadan, mais de nombreux médecins s’inquiètent du sort des diabétiques face au jeûne.




L’hypoglycémie au cours de la journée

C’est sans aucun doute le risque majeur pour tous les diabétiques. Pour le Ramadan, l’alimentation et l’hydratation sont de nouveau autorisées au coucher du soleil. Il est très important de ne pas tomber dans l’excès de nourriture. La surcharge d’aliments peut entraîner l’hyperglycémie (glycémie trop haute). Les spécialistes recommandent une alimentation équilibrée répartie en deux ou trois collations et pour le dernier repas, pensez aux vitamines et aux minéraux. Pour faire le plein d’énergie, des sucres lents comme le riz, les pâtes, la semoule sont conseillés. Ne pas oublier la viande, les oeufs, le poisson, le fromage, les légumes, les fruits. Privilégiez les aliments aqueux, ils sont gorgés d’eau, pamplemousse, pastèque, melon, endive, concombre. N’abusez pas de pâtisseries, elles ne combleront pas la faim et feront grimper votre glycémie. Quant aux épices, ayez la main légère.

Une période sacrée

Durant le Ramadan, les rythmes et les habitudes changent. L’alternance entre abstinence et excès de nourriture peut perturber l’organisme. Cette année, le Ramadan se déroule du 5 mai au mardi 4 juin. Durant cette période, les croyants s’abstiennent de manger, de boire jusqu’au coucher du soleil, mais aussi d’avoir des relations sexuelles, de porter du maquillage, de proférer des injures, de faire de faux témoignages, d’avoir des propos obscènes. Globalement faire la sieste, se reposer dès que l’on peut, ne pas s’exposer au soleil, limiter les efforts physiques sont des pratiques à respecter afin de rester en bonne santé durant ce jeûne. Il est essentiel pour les diabétiques qui suivent le Ramadan de consulter leur médecin afin d’éviter tout problème de santé supplémentaire.

jeudi 18 avril 2019

Attention danger au Sénégal : Ces nouvelles maladies qui sévissent en Afrique

« CARNET DE SANTÉ ». Alors que le sida, le paludisme et la tuberculose font toujours des ravages, le continent doit faire face à la montée du diabète et de l’hypertension.


En Afrique, les maladies du XXIe siècle sont déjà là. Ce n’est pas le professeur Lamine Gueye, recteur de l’université Alioune-Diop de Bambey, qui dira le contraire. « Au Sénégal, les maladies cardiovasculaires sont devenues un véritable problème de santé publique, dit-il. Un quart des personnes de plus de 20 ans souffrent d’hypertension, tandis que le paludisme concerne désormais seulement 1 % de la population. L’hypertension est d’autant plus préoccupante qu’elle est méconnue par la population et rarement dépistée. Elle est diagnostiquée trop tard, lorsque des complications comme les attaques cérébrales sont déjà là. »



Présentation de la série « Carnet de santé »
Le Sénégal ne fait pas figure d’exception sur le continent. En effet, si les principales maladies mortelles demeurent les infections des voies respiratoires (101,8 morts pour 100 000 habitants), le VIH (76,8) et les maladies diarrhéiques (65 morts), elles sont désormais talonnées par les accidents vasculaires cérébraux (44,6) et les maladies cardiovasculaires (44,5). Ces maladies chroniques sont aujourd’hui responsables de plus de morts que le paludisme et la tuberculose, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais surtout, alors que la mortalité liée aux maladies transmissibles a enregistré une baisse significative entre 2000 et 2015 (– 66 % pour le paludisme, – 57 % pour le sida et – 52 % pour les maladies diarrhéiques), celle provoquée par des maladies non transmissibles, liées au mode de vie et à l’environnement, stagnent.

« Double fardeau »

Pour de nombreux observateurs, l’Afrique est en train de faire face à sa transition épidémiologique. C’est effectivement ce que montrent les statistiques. Aujourd’hui, un Africain de 30 à 70 ans a une probabilité de mourir de l’une des principales maladies non transmissibles (affections respiratoires chroniques, maladies cardiovasculaires, cancer et diabète) comparable à la tendance mondiale, soit 19,4 %, rappelle l’OMS. Pour autant, même si leur poids diminue, les maladies infectieuses sont loin d’être éliminées et continuent leurs ravages dans de nombreux pays : 26 millions de personnes vivent avec le VIH et 93 % des décès par paludisme sont enregistrés en Afrique.

La sotagliflozine, des bénéfices mais aussi un risque d’acidocétose

L’atteinte et le maintien des objectifs glycémiques dans le diabète de type 1 sont souvent difficiles et incertains. Seulement 30 % des patients souffrant de diabète de type 1 parviendraient en effet à ces objectifs, bravant les effets secondaires de l’insuline, notamment les hypoglycémies et la prise de poids. Une hypoglycémie sévère surviendrait chaque année chez 20 % des patients et 40 % des personnes sous insuline seraient en surpoids.

Récemment, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a accepté d’examiner la demande d’autorisation de mise sur le marché d’une nouvelle molécule, la sotagliflozine. Il s’agit d’un double inhibiteur de SGTL-1 et SGTL-2, deux protéines agissant sur l’absorption du glucose au niveau de l’intestin et des reins. Son mécanisme d’action pourrait « émousser » les hausses de la glycémie en post-prandial et les variations glycémiques, réduisant ainsi la nécessité de bolus d’insuline et les risques d’hypoglycémie. Des essais de phase III ont déjà été réalisés. Le British Medical Journalpublie les résultats d’une méta-analyse de 6 essais randomisés contrôlés, incluant au total 3 238 patients, suivis pendant 4 à 52 semaines.

Meilleur contrôle glycémique, réduction du poids, moins d’hypoglycémies

L’analyse dégage trois enseignements principaux. Le premier est que, chez les patients atteints d’un diabète de type 1, la sotagliflozine, en complément de l’insuline, améliore le contrôle glycémique, avec une réduction du taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) de – 0,34 %, de la glycémie à jeun (- 0,17 g/l) et la glycémie post-prandiale (- 0,39 g/l). Les doses quotidiennes d’insuline sont réduites, de – 8,99 % pour l’insuline totale, de – 8,03 % pour l’insuline basale et – 9,14 % pour les bolus. D’autres bénéfices, non glycémiques, semblent associés. Il s’agit d’une réduction du poids (- 3,54 %), de la pression artérielle (- 3,85 mm Hg) et de l’albuminurie (ration albuminurie/créatininurie – 14,57 mg/g).

Le deuxième constat est que le traitement est associé à une réduction significative de l’incidence des hypoglycémies (- 9,09 événements par patient-année) et des hypoglycémies sévères (réduction de – 31 %).

Et quelques effets secondaires

Mais ces bénéfices ne vont pas sans contrepartie. Et c’est la troisième information de cette analyse : les effets indésirables ne sont pas négligeables, avec notamment une augmentation du risque d’acidocétose, qui est presque quadruplé sous traitement par sotagliflozine (risque relatif RR 3,93 ; intervalle de confiance à 95 % IC 1,94 à 7,96). Il apparaît aussi une augmentation du risque d’infections du tractus génital (RR 3,12 ; IC 2,14 à 4,54), de diarrhées (RR 1,50 ; IC 1,08 à 2,10) et d’hypovolémies (RR 2,19 ; IC 1,10 à 4,36). Le risque d’acidocétose semble associé au taux initial de l’HbA1c et aux ajustements des doses de l’insuline basale. Les données ne permettent pas de conclure concernant la survenue d’évènements cardiovasculaires majeurs ni de décès toutes causes. La durée des études empêche de connaître les risques au long cours.

Pour les auteurs, une sélection soigneuse des patients et la définition de protocoles spécifiques pour l’ajustement de l’insuline basale permettraient de limiter les risques d’acidocétose diabétique. Ils suggèrent notamment que la recherche de corps cétosiques soit réalisée après chaque réduction de la dose d’insuline basale, sans attendre l’apparition de signes évocateurs.

Dr Roseline Péluchon
RÉFÉRENCES
Musso G et coll. : Efficacy and safety of dual SGLT 1/2 inhibitor sotagliflozin in type 1 diabetes: meta-analysis of randomised controlled trials Giovanni Musso, BMJ 2019; 365: l1328
Copyright © http://www.jim.fr

https://www.jim.fr/e-docs/la_sotagliflozine_des_benefices_mais_aussi_un_risque_dacidocetose_177160/document_actu_med.phtml

samedi 13 avril 2019

Le magnésium : utile contre le diabète de type 2

12/04/2019

Près de 4 millions de Français souffrent de diabète dont 90 % de diabète de type 2. Un manque de magnésium augmente le risque de complications. Comment combler ses besoins ?


Le diabète de type 2 survient, en général, après l'âge de 40 ans, mais il n'est souvent diagnostiqué qu'à 65 ans environ. Entre l'âge de 75 et de 79 ans, 20 % des hommes et 14 % des femmes souffrent de cette maladie.
Depuis quelques années, le diabète de type 2 touche même des enfants, des adolescents. la raison : les mauvaises habitudes alimentaires, la sédentarité.

Le magnésium, indispensable contre les complications

Deux études montrent l'intérêt du magnésium pour éviter les complications du diabète.
La première étude a été réalisée par des chercheurs de l'université de Sao Paulo, au Brésil. Elle montre que plus les personnes souffrant de diabète ont un faible taux de magnésium dans le sang, plus leur glycémie est élevée, que ce soit à jeun ou 2 h après un repas.
La seconde étude, dont les résultats sont parus dans le Journal of the American College of Nutrition, confirme la première étude.
Non seulement le magnésium, chez le diabétique, joue un rôle régulateur de la glycémie, mais il peut aussi limiter le risque de complication comme l'ulcère de la jambe.

Que manger pour faire le plein de magnésium ?

Les besoins en magnésium sont autour de 300 à 400 mg par jour. Pour les combler, voici les aliments qui en contiennent le plus :
- les fruits de mer : 100 g apportent 410 mg de magnésium,
- le pain complet : 100 g apportent 80 mg de magnésium,
- les noix du Brésil : une poignée, soit environ 30 g, apporte 120 mg de magnésium.
On trouve également des quantités intéressantes de magnésium dans les amandes, le cacao, le tofu...
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Diabète: des signes 10 ans avant la maladie



DERNIÈRE MISE À JOUR: AVRIL 2019

Les premiers signes d’alerte d’une évolution vers le diabète de type 2 (DT2) pourraient être détectés jusqu’à dix ans avant le diagnostic de la maladie.


Les premiers signes d’alerte d’une évolution vers le diabète de type 2 (DT2) pourraient être détectés jusqu’à dix ans avant le diagnostic de la maladie. Une intervention précoce peut freiner considérablement le processus.

Une équipe japonaise (Aizawa Hospital) a constitué un groupe de quelque 30.000 adultes d’âge moyen, avec une glycémie normale à l’entame (glycémie à jeun et hémoglobine glyquée). Le suivi a duré une vingtaine d’années. Que constate-t-on ?

• Diabète. Parmi les personnes qui ont développé un diabète, des signes d’alerte ont pu être identifiés jusqu’à dix ans avant le diagnostic : indice de masse corporelle (IMC) trop élevé, augmentation de la glycémie à jeun et accroissement de la résistance à l’insuline.

• Pré-diabète. Mêmes signes que pour le diabète, encore qu’atténués, et avec le même recul.

Les auteurs expliquent : « Il est nécessaire d’intervenir bien plus tôt qu’au stade du pré-diabète pour prévenir la progression vers le diabète. Cette intervention précoce repose surtout sur une modification du mode de vie, et le cas échéant l’administration de médicaments ».

Source: European Association for the Study of Diabetes (www.easd.org
publié le : 08/04/2019 , mis à jour le 07/04/2019

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