LES NOUVELLES DU DIABETE

Pression artérielle et hémorragie cérébrale : jusqu’où aller ?
Publié le 10/06/2013

Depuis des décennies on débat pour déterminer quel doit être l’objectif tensionnel à atteindre en urgence devant une hémorragie intra-cérébrale. Certains estiment que l’hypertension artérielle (HTA), souvent constatée précocement, est une réaction adaptative qui contribue à maintenir une perfusion minimum dans une zone de pénombre ischémique entourant l’hématome et qu’à ce titre elle doit être partiellement respectée. D’autres considèrent que l’HTA dans ces circonstances a des effets délétères et favorise l’expansion de l’hématome et les récidives hémorragiques.
L’objectif retenu par l’American Heart Association en accord avec la première de ces conceptions est une pression artérielle inférieure à 160/90 mm Hg. 

140 contre 180 mm Hg

L’étude INTERACT 2 qui vient d’être publiée en ligne par le New England Journal of Medicine fait avancer un peu plus ce débat. Il s’agit d’un essai multicentrique (144 hôpitaux), international (21 pays) et randomisé dans lequel ont été inclus 2 839 patients ayant présenté une hémorragie intracérébrale. L’hémorragie devait avoir débuté depuis moins de 6 heures, être confirmée par l’imagerie, et ne devait ni être compliquée d’un coma profond (3 à 5 sur l’échelle de Glasgow), ni être massive et donc de très mauvais pronostic. 
Dans l’heure du diagnostic ces patients ont été randomisés entre une prise en charge conventionnelle (traitement antihypertenseur si la pression artérielle systolique [PAS] était supérieure à 180 mm Hg) ou un traitement intensif avec pour objectif une PAS inférieure à 140 mm Hg dès la première heure. Le protocole de cette prise en charge n’était pas standardisé. Il faisait appel à diverses classes d’antihypertenseurs par voie intraveineuse ou per os isolées ou associées, les alpha-bloquants étant les produits les plus utilisés. 

Une tendance à l’amélioration du pronostic fonctionnel

Le critère principal de jugement était, à 90 jours, le pourcentage de sujets décédés ou ayant un handicap neurologique sévère (score de Rankin modifié de 3 à 6, dans lequel un score de 0 correspond à l’absence de symptôme, un score de 5 à un handicap majeur et un score de 6 à la mort).
Au total 55,6 % des patients du groupe traitement classique contre 52 % du groupe traitement intensif ont eu une telle évolution défavorable (réduction du risque de 13 % en valeur relative avec un intervalle de confiance à 95 % [IC95] entre – 25 et + 1 % ; p=0,06). Il faut noter que bien que ce résultat ne soit pas statistiquement significatif, une analyse ordinale (pré-spécifiée) des scores de Rankin modifiés a retrouvé une différence significative en faveur du traitement intensif (diminution du risque également de 13 % mais avec un IC95 entre – 23 % et 0 ; p=0,04). De plus une analyse retenant comme  évolution défavorable un score de Rankin modifié entre 2 et 6 (comme dans la plupart des études sur les AVC ischémiques) a également conclu à une amélioration significative du pronostic (diminution du risque de 13 % avec un IC95 entre – 30 et – 2 % ; p=0,03).
Il faut constater cependant que les pourcentages de décès à 90 jours ont été équivalents dans les deux groupes (11,9 % avec le traitement intensif et 12 % avec la prise en charge standard).
Au-delà de cette tendance à un meilleur pronostic fonctionnel avec le traitement intensif, cette étude a permis de rassurer sur la tolérance de ce type de prise en charge puisqu’il n’y a pas eu de différence significative dans la fréquence des effets secondaires graves entre les deux groupes.

Une PAS inférieure à 140 mm Hg dans l’heure est un objectif raisonnable

Pour l’éditorialiste du New England Journal of Medicine (2), ces résultats ne peuvent être généralisés sans réserve, d’une part car la majorité des patients étaient originaires de Chine et d’autre part parce que les antihypertenseurs principalement utilisés ici (alpha bloquants en particulier) ne sont pas toujours ceux qui sont prescrits dans ces circonstances dans les pays occidentaux.
Malgré  ces réserves, l’éditorialiste estime que les résultats d’INTERACT 2 montrent qu’un traitement antihypertenseur rapide et intensif (avec pour objectif une PAS inférieure à 140 mm Hg) est d’ores et déjà une option raisonnable devant une hémorragie intra-cérébrale spontanée.


Dr Anastasia Roublev

1) Anderson C et coll.: Rapid blood-pressure lowering in patients with acute intracerebral hemorrhage. N Engl J Med 2013; publication avancée en ligne le 29 mai 2013 (doi:10.1056/NEJMoa1214609).
2) Frontera J.: Blood pressure in intracebral hemorrhage. How low should we go ? N Engl J Med 2013; publication avancée en ligne le 29 mai 2013 (doi:10.1056/NEJMoa1305047).



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Montpellier, France - Faut-il traiter le prédiabète? Comment ? Pour quels bénéfices ? Le Pr Jean-Louis Chiasson (Montréal), « père » de l'essai STOP-NIDDM a rappelé le bénéfice des interventions non pharmacologiques associant régime et activité physique et de certains traitements pharmacologiques en particulier de l'acarbose lors d'une intervention au congrès de la Société Française du Diabète (SFD) [1].
« Plusieurs alternatives peuvent réduire la progression vers le diabète mais aussi la prévalence de l'intolérance au glucose. Et au regard de l'épidémie de diabète et de prédiabète dans le monde, notamment dans les pays émergents, cela plaide en faveur du dépistage et de ce type d'intervention. D'autant que dans les analyses économiques, ces interventions sont coût-efficaces », insiste le Pr Chiasson.

Régime et activité physique : deux fois moins de diabète


Au total 7 études randomisées portant sur 4340 sujets, suivis de 1 à 6 ans, menées dans des populations ayant des incidences de diabète de type 2 divers (Japon et Inde compris...) ont testé le bénéfice d'interventions non pharmacologiques - régime/activité physique - dans le prédiabète. « Toutes sont positives » a insisté le Pr Chiasson
On peut notamment citer :
  • l'étude chinoise Da Qing (Diabetes Care 1997) qui a testé sur 70 sujets régime plus exercice, exercice seul et régime seul versus contrôle (RR de diabète =0,60 pour chaque bras interventionnel vs contrôle) ;
  • l'excellente étude finlandaise DPS (NEJM 2001) évaluant sur plus de 500 sujets l'impact du régime plus l'exercice vs contrôle (RR de diabète= 0,40 à 6 ans ;
  • l'étude américaine DDP (NEJM 2002) testant régime plus exercice (RR de diabète= 0,40). Cet essai, outre la réduction de 60% du RR de conversion en diabète, a montré que l'intervention hygiéno-diététique vient réduire aussi le nombre d'intolérants au glucose ou prédiabétiques et donc augmenter le nombre de sujets normoglycémiques »
« Le régime et l'activité physique sont très efficaces pour prévenir ou au moins retarder l'apparition du diabète chez les prédiabétiques. En gros, la modification du style de vie peut réduire d'environ 50% leur risque de diabète », résume le Pr Chiasson.

Les traitements à conseiller et à éviter


Une dizaine d'études ont testé divers traitements pharmacologiques dans le prédiabète : l'acarbose, la metformine, les glitazones, l'orlistat, l'insuline...
Metformine: un bénéfice limité
En 2001, une étude chinoise met en évidence une réduction de 60% du diabète chez les prédiabétiques traités par metformine durant 3 ans. L'étude américaine DDP a confirmé cette activité: le risque est réduit de 30% à 3 ans mais le bénéfice semble limité (NS) chez les plus de 60 ans et chez les sujets avec une obésité modérée (IMC < 35 kg/m2). En outre, la metformine n'améliore pas la tolérance au glucose (ou réversion du prédiabète).
Acarbose: moins de diabète et de prédiabète 
L'étude chinoise testant la metformine a en parallèle testé l'acarbose associé, lui, à une réduction de 88% du risque relatif de diabète à 3 ans. L'étude STOP-NIDM a retrouvé l'effet de l'acarbose (RR=0,75 (0.63-0.90); p=0.0015). A la différence de la metformine, l'effet est âge et IMC indépendants...et associé à une augmentation des tolérants au glucose (p<0.0001) [2]. « Le traitement par acarbose semble aussi efficace que le régime et l'activité physique » commente le Pr Chiasson. 
Etude STOP NIDDM 
STOP NIDDM est une étude multicentrique, randomisée, en double aveugle, qui a évalué l'acarbose versus placebo. Les patients (n=1 429) étaient âgés de 40 à 70 ans, avaient un IMC entre 25 et 40 et présentaient une intolérance au glucose (glycémie plasmatique 2 heures après une charge orale en glucose entre 7,8 et 11,1 mmol/l (entre 1,26 et 1,98 g/l) associée à une glycémie à jeun entre 5,6 et 7,7 mmol/l (entre 1,01 et 1,26 g/l).
Après un suivi moyen de 3,3 ans, le contrôle de l'HGPP avec l'acarbose a été associé à une réduction de 49 % du risque relatif (RR) d'événements cardiovasculaires. La diminution portait, en particulier, sur les risques d'infarctus du myocarde (RR=0,09 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,01 à 0,72 ; p=0,02). Même après ajustement pour les autres facteurs de risque majeurs, les effets bénéfiques de l'acarbose sur le risque cardiovasculaire restaient statistiquement significatifs (RR=0,66 ; IC95 de 0,24 à 0,90 ; p=0,02).
Glitazones: la classe paraissait intéressante pour le prédiabète 
Dans le prédiabète, les glitazones seules ou associées à la metformine permettent de réduire de 60-70% le risque de diabète et d'augmenter la tolérance au glucose. C'est ce qu'ont montré les étudesDREAM (rosiglitazone ; RR=0,40), ACT NOW (pioglitazone; RR=0,28) et CANOE (metformine plus rosiglitazone; RR=0,32 à 5 ans). Néanmoins, en raison de leurs effets secondaires, les glitazones ne sont plus utilisées dans de nombreux pays. « Cette classe avait pourtant probablement une activité/place de choix dans une phase précoce de la maladie » selon le Pr Chiasson.

Glinides: à éviter
Le natéglinide ne réduit pas l'incidence du diabète. Dans l'étude NAVIGATOR (NEJM 2010), a contrario, il tendrait presque à majorer le risque ! Pourquoi? « Les glinides se lient aux mêmes récepteurs que les sulfamides et sont, comme eux, des sécrétagogues. Or, in vitro, les sécrétagogues favorisent l'apoptose des cellules bêta. Ils majorent donc peut être la détérioration de la sensibilité au glucose. D'ailleurs, dans UKPDS, les patients sous sulfamide avaient tendance à échapper plus rapidement », rappelle le Pr Chiasson.

Impact à l'échelle des chiffres attendus de diabète


A l'horizon 2025, on attend 4,4 millions de diabétiques dans le monde et 4,8 millions de prédiabétiques.
Or le prédiabète ou intolérance au glucose est déjà associé à un risque cardiovasculaire majoré, de l'ordre de celui d'un diabétique nouvellement diagnostiqué dans l'étude de Paris.
En outre, nombre de prédiabétiques ont déjà des complications :
  • signes de rétinopathie (au fond d'œil): 8%
  • microalbuminurie: 16%
  • neuropathie: 11%.
« Le dépistage et traitement du prédiabète, à même de réduire l'évolution vers le diabète, est donc souhaitable. Toutes les analyses économiques montrent que l'intervention non pharmacologique (régime/exercice) ou pharmacologiques (metformine, acarbose) sont coût efficaces », selon le Pr Chiasson.
« Pour autant, la seule étude à avoir montré une réduction de la mortalité cardiovasculaire associée au traitement du prédiabète est l'étude STOP-NIDDM. A 3,3 ans de suivi, avec une adjudication en aveugle, l'ensemble des évènements cardiovasculaires est significativement réduit de près de 40% avec un bénéfice important sur les infarctus [3] ».
L'étude ACE (Acarbose Cardiovascular Events) récemment lancée sur 5500 intolérants au glucose coronariens devrait permettre de préciser ce bénéfice avec un suivi à 4 ans. Résultats attendus en 2017 au congrès de la SFD à Montréal.
RÉFÉRENCES
  1. Chiasson JL. Prédiabète: faut il le traiter?, vendredi 29 mars, SFD 2013
  2. Chiasson JL et al. Acarbose for prevention of type 2 diabetes mellitus: the STOP-NIDDM randomised trial. Lancet. 2002; 359:2072-7.
  3. Chiasson JL et al. Acarbose treatment and the risk of cardiovascular disease and hypertension in patients with impaired glucose tolerance: the STOP-NIDDM trial.JAMA. 2003; 290 :486-94.

http://www.medscape.fr/diabete/articles/1534007/
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5 mars 2013, Auteur : Vincent Bargoin

Baltimore, Etats-Unis - Une vaste étude cas-témoins, menée par une équipe de la Johns Hopkins University, conclut à l'existence d'un sur-risque d'hospitalisation pour pancréatite aigüe chez les diabétiques de type 2 traités par sitagliptine (Januvia®) ou exénatide (Byetta®) [1]. En données ajustées, le risque associé à une exposition dans les 2 dernières années, est de l'ordre de 2. Outre la morbi-mortalité associée à la pancréatite aigüe, les auteurs s'interrogent sur le risque éventuel de cancer du pancréas, dont on connait l'extrême gravité.
Actuellement, les données disponibles chez l'animal montrent effectivement un risque de pancréatite aigüe, et des métaplasies dont l'interprétation est débattue, parfois vigoureusement. Chez l'homme, par ailleurs, des cas de pancréatite aigüe ont été rapportés, qui ont conduit la FDA à émettre plusieurs alertes depuis 2007 [2,3].
Mécanisme d'action des « incrétines » 
L'exénatide est un agoniste du GLP-1 (glucagon like peptide), hormone qui, après un repas, amplifie la sécrétion glucose-dépendante d'insuline. Quant à la sitagliptine, il s'agit d'un inhibiteur de la DPP-4 (dipeptidyl peptidase 4), enzyme qui clive le GLP-1.
Pour autant, les données publiées jusqu'à présent sont encore jugées insuffisantes pour conclure - y compris les derniers résultats, dont l'American Association of Clinical Endocrinologists et l'American Diabetes Association estiment qu'ils « ne fournissent pas les éléments nécessaires à un changement de traitement chez les diabétiques ».
Reste un signal, répétitif, avec des molécules largement prescrites. C'est d'ailleurs cette large utilisation qui fait à la fois l'importance du signal, et sans doute aussi, quoique paradoxalement, toute la difficulté de sa vérification.

Différents facteurs de risque de pancréatite aiguë


L'étude américaine a été menée à partir d'une base de données regroupant plus d'un million de sujets à qui un antidiabétique a été prescrit entre février 2005 et décembre 2008. Parmi les diabétiques âgés de 18 à 64 ans, disposant de données complètes, 1269 cas d'hospitalisation pour pancréatite aigüe ont été identifiés, et appariés (âge, sexe, critères d'inclusion, complications du diabète) à autant de diabétiques témoins. L'âge moyen était de 52 ans, et on compte 57% d'hommes.
Clairement, les profils des deux populations diffèrent. On trouve ainsi, parmi les sujets hospitalisés pour pancréatite aigüe, davantage d'hypertriglycéridémies, de consommation excessive d'alcool, de calculs biliaires, de tabagisme, d'obésité, de cancers du pancréas et des voies biliaires, de cancers et en général, et de mucoviscidose.
Différences significatives entre population hospitalisée pour pancréatite aigüe, ou non (% ; tous écarts significatifs)
Hypertrigl.AlcoolCalculsTabacObésitéK pan.Muco.K
Pancréatite12,923,239,0616,3919,622,840,7929,94
Non8,350,241,345,259,770018,05

On note donc que si la prise de sitagliptine ou d'exénatide est un facteur de risque, il est loin d'être le seul. Le tabagisme, ou l'obésité sont au moins aussi conséquents.
Après ajustements pour les variables démographiques, les facteurs confondants, et la prise de metformine, le risque de prise de sitagliptine ou d'exénatide dans les deux ans précédant une hospitalisation pour pancréatite aigüe, est de 2,07 (IC 95% [1,36-3,13]), par rapport à des sujets n'ayant pas pris ces traitements durant au moins 2 ans avant l'évènement.
Pour la période des 30 jours précédant l'évènement, le sur-risque est de 2,24 (IC 95% [1,36-3,68]), Pour la période allant de 1 mois à 2 ans auparavant, le sur-risque est de 2,01 (IC 95% [1,37-3,18]).

D'inacceptables retards dans l'évaluation ?


Dans leur commentaire, les auteurs se montrent très prudents. Ils relèvent que les études menées sur la question du risque de pancréatite, souffrent toutes de faiblesses méthodologiques, souvent d'un manque de puissance, y inclus la leur, limitée par son caractère rétrospectif.
Commentant cette étude dans un éditorial plutôt offensif, Belinda Gier et Peter Butler (Université de Californie) estiment, eux, que la nouvelle étude comporte « de nombreuses forces », en particulier « la taille importante de l'échantillon », « l'ajustement pour les variables confondantes », et « l'indépendance des auteurs vis-à-vis des sociétés commercialisant ces médicaments ».
« Les médicaments interférant avec le GLP-1 sont à présent lourdement promus (et prescrits) du fait de bénéfices supposés dépasser les risques », notent-ils. Et dans ce contexte, « la nouvelle étude vient à propos rappeler qu'en dépit du nombre important d'études sous dimensionnées allant en sens inverse des sociétés de marketing, on en sait encore peu sur les effets à long terme de ces médicaments sur le pancréas ».
Selon l'American Association of Clinical Endocrinologists et l'American Diabetes Association, neuf essais prospectifs sont actuellement en cours, portant sur quelque 65 000 patients, et qui « devraient apporter des réponses à ces importantes questions de sécurité ».
De leur côté, les éditorialistes notent que toute étude prospective indépendante doit évaluer les élévations, même très faibles, des enzymes pancréatiques. Et de conclure que, « malheureusement, l'histoire récente montre que les autorités de régulation peuvent prendre un retard inacceptable avant d'agir contre des effets secondaires sérieux de médicaments du diabète de type 2, détectés en post-marketing. Nous espérons que l'histoire ne se répètera pas avec les médicaments interférant avec le GLP-1 ».
L'étude a été financée par le fond de la Johns Hopkins University pour la recherche clinique, et le NIH.
Les auteurs déclarent n'avoir pas de conflit d'intérêt en rapport avec le sujet. 


http://www.medscape.fr/diabete/articles/1513895/

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Une équipe américaine vient de confirmer le mécanisme d’apparition de certaines maladies auto-immunes. Le diabète de type 1 en fait partie puisqu’il se caractérise par une destruction des cellules productrices d’insuline par les propres cellules immunitaires (des lymphocytes) de l’organisme.
Des travaux d’association entre les profils génétiques de patients et la survenue d’un diabète de type 1 ont montré qu’une mutation d’un gène nommé PTPN2 joue un rôle dans le fonctionnement des lymphocytes. Cette mutation entraîne une augmentation de l’activité d’une molécule, la lymphoid tyrosine phosphatase (LYP) qui joue un rôle dans le contrôle des lymphocytes.

La plupart des travaux menés sur le sujet indiquait que cette mutation sur PTPN22 augmentait l’activité de LYP ce qui réduirait les contrôles empêchant les réactions auto-immunes. Mais une publication récente soutenait l’effet inverse. Il fallait donc confirmer un des deux modèles.

Ce débat vient d’être tranché par des scientifiques de Boston associés à des chercheurs allemands. En arrêtant l’activité de PTPN22, donc quand l’activité de l’enzyme LYP était réduite, ils ont pu constater une diminution des réactions auto-immunes.

Ce travail permet d’envisager de nouveaux traitements basés sur l’inhibition de LYP ce qui pourrait diminuer les réactions auto-immunes, non seulement dans le cas du diabète de type 1 mais aussi pour d’autres maladies.

Source : Diabetes. 28 Nov 2012.
PTPN22 Silencing in the NOD Model Indicates the Type 1 Diabetes-Associated Allele Is Not a Loss-of-Function Variant.
Zheng P, Kissler S.

Auteur : Loïc Leroux
Crédit photo : © WavebreakmediaMicro - Fotolia.com

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 L’immunité innée en cause dans le diabète de type 1


Des Français ont fait une importante découverte en montrant la responsabilité des cellules immunitaires innées dans les mécanismes de survenue du diabète de type 1. Il pourrait en découler des mesures préventives.
On sait que le diabète de type 1 est une maladie auto-immune caractérisée par la destruction des cellules bêta pancréatiques par les lymphocytes tueurs du patient. Mais on ne savait pas encore ce qui déclenche l’activation initiale de ces lymphocytes autoréactifs. C’est dire l’intérêt des travaux de Julien Diana, Yannick Simoni et coll., de l’équipe « Mécanismes immunitaires du diabète de type 1 » (INSERM/Université Paris Descartes), dirigée par Agnès Lehuen : la mise en évidence du rôle de l’immunité innée qui, jusqu’à présent, n’avait pas été impliquée dans le diabète de type 1 alors que son rôle avait déjà été montré dans d’autres pathologies auto-immunes comme le lupus et le psoriasis.

Neutrophiles et cellules dendritiques

L’immunité innée, rappelons-le, est présente dès la naissance ; elle permet d’initier une réponse immunitaire lors d’une infection, quel que soit l’agent infectieux. Ce système immunitaire inné se distingue du système immunitaire acquis, adaptatif, qui consiste en une réponse spécifique impliquant la reconnaissance de l’agent infectieux et la mise en mémoire de l’événement infectieux.
Le système immunitaire inné, donc, est activé en temps normal lors d’une infection : on observe alors le recrutement et l’activation des neutrophiles et des cellules dendritiques pDC, qui constituent les premières étapes de la réponse immunitaire.

Une cascade

Dans le pancréas normal en développement, il existe une mort physiologique des cellules bêta pancréatiques. Dans leur nouvelle étude, les chercheurs français ont observé chez des souris NOD (souris diabétiques non obèses) que cette mort physiologique des cellules bêta induit une réponse auto-immune innée dans le pancréas.
Plus précisément, la dégradation naturelle des cellules bêta laisse dans les tissus des débris cellulaires qui activent anormalement les neutrophiles. Ceux-ci informent les cellules dendritiques qui provoquent la production d’interféron INF alpha, molécule d’alerte. Alors, l’interféron alpha stimule les lymphocytes T ; ceux-ci reconnaissent les cellules bêta pancréatiques fonctionnelles et les tuent.
« Nous avons observé chez les souris que des traitements empêchant l’activation de ces cellules immunitaires innées, les neutrophiles et les cellules dendritiques, préviennent la survenue du diabète en inhibant l’apparition des réponses T auto-immunes contre le pancréas », explique Agnès Lehuen.
Les chercheurs poursuivent leurs travaux pour comprendre comment réguler cette réaction auto-immune en ciblant les cellules dendritiques sans compromettre le système immunitaire inné. On cherche à réguler la production d’INF alpha, par exemple en ciblant spécifiquement certaines voies d’activation des cellules dendritiques pCD. De telles approches sont testées dans le lupus et le psoriasis. Mais avant tout, il est nécessaire de comprendre l’immunité innée des patients diabétiques et prédiabétiques.
› Dr EMMANUEL DE VIEL
Nature Medicine du 16 décembre 2012.
Ces travaux ont bénéficié du financement de LabEx INFLAMEX dans le cadre des investissements d’avenir et de la région Île de France.




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Des chercheurs annoncent la mise au point d'une micropuce expérimentale capable de détecter le taux de glucose dans la salive. Ceci permettrait d’éviter l’épreuve de la piqûre à tous lesdiabétiques. Les scientifiques espèrent même rendre leur détecteur sensible à tout un ensemble de molécules.
Les nanotechnologies s’invitent de plus en plus dans notre quotidien. Après la pilule pour voyager dans le corps ou le glucomètre compatible avec l’iPhone, voilà désormais que des ingénieurs de l’université Brown (États-Unis) viennent de tester un prototype de puce capable de détecter laglycémie à des doses infimes. Les avancées ont été publiées dans le journalNano Letters.
Ce microcapteur exploite l'interférométrie plasmonique, une technique prometteuse en nanotechnologie, permettant même de fabriquer desnanolasers de la taille d'une protéine. Dans le cas de ce capteur, il s’agit en quelque sorte de mesurer l’interaction entre une onde lumineuse et lesélectrons présents à la surface de la couche d’argent composant la puce. L’interféromètre, l’unité de base du détecteur qui en comporte des milliers par millimètre carré, consiste en une fente encadrée par deux rainures peu profondes.
Lorsqu’un rayonnement lumineux frappe le capteur, il produit à la surface une série de plasmons, sortes de vagues électroniques se propageant à l'interface métal-liquide. La forme de ces plasmons est extrêmement sensible à l'état de la surface et notamment à la présence éventuelle de molécules adsorbées (fixées sur la surface). Dans ce capteur, la forme des plasmons générés par la fente et les rainures sera suffisamment modifiée par l'adsorption de molécules, par exemple du glucose, que leur présence deviendra détectable.
Une puce 100 fois plus sensible que les glucomètres actuels
Les chercheurs pensent être en mesure de détecter des doses de sucres 100 fois plus faibles qu’avec les glucomètres classiques, soit à peu près l’écart de concentration qui existe entre le sang et la salive. Mesurer le taux de glucose sans se piquer devient ainsi un rêve accessible.
Les personnes diabétiques souffrent d'un taux de sucres dans le sang trop élevé, entraînant de nombreuses pathologies, notamment au niveau cardiovasculaire mais aussi au niveau oculaire. Les diabétiques ont aujourd'hui recours à un glucomètre pour mesurer leur glycémie sanguine. Cette opération, quotidienne, consiste à savoir quelle dose d'insuline  (l'hormone qui permet de baisser les concentrations de glucose) s'injecter pour atteindre un niveau normal, compris entre 0,7 et 1,2 gramme par litre de sang.
Les personnes diabétiques souffrent d'un taux de sucres dans le sang trop élevé, entraînant de nombreuses pathologies, notamment au niveau cardiovasculaire mais aussi au niveau oculaire. Les diabétiques ont aujourd'hui recours à un glucomètre pour mesurer leur glycémie sanguine. Cette opération, quotidienne, indique quelle dose d'insuline (l'hormone qui permet de baisser les concentrations de glucose) s'injecter pour atteindre un niveau normal, compris entre 0,7 et 1,2 gramme par litre de sang. © Momboleum, Flickr, cc by nc nd 2.0
En résulterait davantage de confort pour les personnes diabétiques, qui plusieurs fois par jour prélèvent une goutte de sang au bout de leur doigt pour connaître leur glycémie. Il leur suffirait alors d’imbiber de salive la puce et de la placer dans un lecteur. Finies les douleurs, souvent gênantes chez les enfants atteints du diabète de type 1.
Pour l’heure, les auteurs n’en sont qu’aux tests des prototypes. « Nous possédons les moyens techniques, il ne reste maintenant qu’à s’occuper du design » précise Domenico Pacifici, l’un des ingénieurs impliqués dans le projet. Ils espèrent en faire une application pour le plus célèbre dessmartphones.
La glycémie, mais pas seulement
Leurs ambitions ne s’arrêtent cependant pas là. « Il y a de nombreuses substances différentes dans la salive » poursuit le scientifique. À l’origine, l’objectif de l’équipe était de quantifier les cytokines, des molécules messagères émises dans l’organisme en cas de blessure, notamment pour évaluer l’urgence de mener une opération chirurgicale.
Ils se sont finalement focalisés sur le glucose pour tester leur technique car la molécule est plus pratique à utiliser. Une piste finalement pertinente étant donnée l’incidence du diabète dans le monde (21 millions d’Européens, 26 millions d’Américains). Ils poursuivent donc dans cette voie, et ne désespèrent pas d’élargir les compétences de la puce à l’avenir.
Cependant, il reste juste un dernier point à éclaircir, et pas des moindres… La concentration salivaire de glucose est-elle un marqueur fiable pour indiquer la glycémie sanguine ? Aucune étude n’a pu l’établir à l’heure actuelle. Et si tout cela n'était finalement qu'un coup dans l’eau ?

Par Janlou Chaput, Futura-Sciences







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Des mutations sur le gène du récepteur de la mélatonine, l’hormone garante de l’horloge biologique, multiplient par sept le risque de développer un diabète de type 2. Cette découverte de chercheurs du CNRS et de l’Inserm pourrait déboucher sur de nouvelles thérapies.
  • Tout savoir sur le diabète grâce à notre dossier complet
Depuis quelques années, on sait que les troubles du sommeil augmentent le risque de devenir diabétique. Une équipe franco-britannique coordonnée par Philippe Froguel, de l’université de Lille 2, en collaboration avec l’équipe de Ralf Jockers, de l’Institut Cochin, vient d'établir la responsabilité d'un gène clé de la synchronisation du rythme biologique dans le diabète de type 2. Leurs résultats ont été publiés le 29 janvier dans Nature Genetics.
Pour mieux comprendre, revenons sur les prérequis. Le diabète le plus fréquent est celui de type 2. Caractérisé par un excès de glucose dans le sang et une résistance croissante à l’insuline, il touche 300 millions de personnes dans le monde, dont 3 millions en France. Ce chiffre devrait doubler dans les prochaines années du fait de l'épidémie d'obésité et de la disparition des modes de vie ancestraux.
Liée à une alimentation riche en graisses et glucides, ainsi qu’au manque d’activité physique, la survenue du diabète peut aussi être favorisée par certains facteurs génétiques. Par ailleurs, plusieurs études ont montré que des troubles de la durée et de la qualité du sommeil sont aussi des facteurs de risque importants. Par exemple, les travailleurs suivant le rythme des trois-huit ont plus de risques de développer la maladie. Pourtant, jusqu’à présent, aucun mécanisme reliant le rythme biologique et le diabète n’avait été décrit.
Le diabète, une défaillance du rythme biologique
Les chercheurs se sont intéressés au récepteur d’une hormone appelée mélatonine, produite par la glande épiphyse, située dans le cerveau, lorsque l’intensité lumineuse décroît. Connue sous le nom d’hormone de la nuit, la mélatonine est en quelque sorte le gardien de l’horloge biologique : c’est elle qui la synchronise avec la tombée de la nuit.
La protéine MT2 appartient à la grande famille des récepteurs couplés aux protéines G. Ces récepteurs sont activés par le ligand (dans le cas de MT2, la mélatonine), ce qui induit un changement dans sa conformation favorisant une réaction en chaîne de composés impliquant les protéines G, chargées de véhiculer des informations à l'intérieur de la cellule.
La protéine MT2 appartient à la grande famille des récepteurs couplés aux protéines G. Ces récepteurs transmembranaires sont activés par un ligand (dans le cas de MT2, la mélatonine), ce qui induit un changement dans sa conformation, favorisant une réaction en chaîne de composés impliquant les protéines G, chargées de véhiculer des informations à l'intérieur de la cellule. © Damien Maurel, Wikipédia, cc by sa 3.0
Les chercheurs ont séquencé le gène MT2 qui code pour son récepteur chez 7.600 personnes, diabétiques et à glycémie normale. Ils ont trouvé 40 mutations rares qui modifient la structure protéique du récepteur de la mélatonine. Parmi elles, 14 rendaient ce récepteur non fonctionnel. Chez les porteurs de ces mutations, démontrent les chercheurs, le risque de développer le diabète est près de sept fois plus élevé.
MT2 comme future cible pour de nouvelles thérapies
On sait que la production d’insuline, l’hormone qui contrôle (à la baisse) le taux de glucose dans le sang, décroît durant la nuit afin d’éviter que l’individu ne souffre d’une hypoglycémie. En revanche, durant le jour, la production d’insuline reprend car c’est le moment où l’individu s’alimente et doit éviter l’excès de glucose dans le sang.
Le métabolisme et le rythme biologique sont intrinsèquement liés. Mais ces résultats sont les premiers à démontrer l'implication directe d’un mécanisme de contrôle des rythmes biologiques dans le diabète de type 2.
Ces travaux pourraient déboucher sur de nouveaux traitements du diabète à visées préventive ou curatrice. En effet, en jouant sur l’activité du récepteur MT2, les chercheurs pourraient contrôler les voies métaboliques qui lui sont associées. Par ailleurs, ces travaux démontrent l’importance du séquençage du génome des patients diabétiques afin de personnaliser leur traitement. En effet, les causes génétiques du diabète sont nombreuses et l’approche thérapeutique devrait être adaptée aux voies métaboliques touchées par une dysfonction chez chaque patient.

 http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/diabete-la-gardienne-de-lhorloge-biologique-pointee-du-doigt_36410/

 

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Une thérapie à cellules souches contre le diabète de type 1

Le 13 janvier 2012 à 13h22

Rééduquer des lymphocytes à l'aide de cellules souches pour qu'ils attaquent moins férocement les producteurs d'insuline : ce principe a permis à des patients atteints de diabète de type 1 de diminuer les doses d’insuline. Un début de guérison des symptômes, mais pas encore de rémission à l’horizon.
  • Tout savoir sur le diabète grâce à notre dossier complet 
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui s’attaque aux cellules bêta des îlots de Langerhans. Ces cellules du pancréas synthétisent l’insuline, l’hormone en charge de diminuer la glycémie sanguine. Lorsqu'elle ne peut être relarguée, le taux de sucre augmente et entraîne son lot depathologies.
Les patients de ce diabète doivent donc s’injecter de l’insuline exogène pour compenser le défaut de fabrication. Comme la pathologie se déclare durant l’enfance (on soupçonne une origine génétique), les malades doivent donc subir un traitement à vie pour éviter de fâcheuses conséquences.
Des chercheurs chinois et américains de l’hôpital militaire de Jinan et de l’université d’Illinois viennent d’annoncer dans BMC Medicine la mise au point d'une thérapie cellulaire limitant la destruction des cellules bêta en rééduquant les lymphocytes (des globules blancs du système immunitaire) qui les attaquent.
Des cellules souches rééduquent les lymphocytes
Ce traitement passe par des cellules souches embryonnaires (CSE) prélevées dans des cordons ombilicaux. Ces cellules sont capables de moduler la réponse immunitaire et peuvent en quelque sorte rééduquer deslymphocytes défaillants. Il s’agit d'isoler puis de faire passer ces globules blancs dans une machine constituée de CSE fixées en haut et en bas. Parce que ces CSE présentent des antigènes spécifiques, les lymphocytes sont alors capturés et vont être modulés pendant deux à trois heures. Ils sont ensuite réinjectés dans la circulation du patient.
La progression de l’état de santé du patient a été vérifiée après 4, 12, 24 et 40 semaines suivant la thérapie.
Les lymphocytes, dont on a un représentant visionné sous microscopique électronique à balayage, sont des cellules immunitaires qui protègent l'organisme d'intrusions pathogènes, mais qui parfois se retournent contre l'organisme lui-même. C'est le cas du diabète de type 1.
Les lymphocytes, dont on a un représentant visionné sous microscopique électronique à balayage, sont des cellules immunitaires qui protègent l'organisme d'intrusions pathogènes, mais qui parfois se retournent contre l'organisme lui-même. C'est le cas du diabète de type 1. © National CancerInstitute, DP
Pour contrôler la bonne forme des cellules bêta du pancréas, les chercheurs utilisent un biomarqueur de la synthèse d’insuline appelé peptide C. Douze semaines après la thérapie, les taux de cette petite protéine avaient augmenté, signe que la synthèse d’insuline s'était accrue. À 24 semaines, ces taux étaient encore plus élevés et se sont maintenus jusqu’à la fin du suivi.
Le diabète recule… mais ne disparaît pas
Ces résultats impliquent donc une augmentation de la synthèse endogèned’insuline, se traduisant par une injection de doses moins fortes de l’insuline exogène. Les taux de HbA1C, l’hémoglobine glyquée, avaient de leur côté diminué, signe que le taux de sucre dans le sang avait globalement baissé durant les trois derniers mois.
Malgré les résultats importants mis au jour, cette technique semble malgré tout, à l’heure actuelle, encore limitée, puisque si des progrès sont constatés, le diabète n’est pas éradiqué. Il faudrait donc probablement l’adjoindre à un traitement supplémentaire pour optimiser les chances de réussite.
Dernièrement, une étude intéressante, publiée dans la revue Pancreas par des chercheurs américains de l’Institut Wake Forest a mis en évidence le rôle joué par une protéine pancréatique appelée IHOP (Islet Homeostasis Protein) dans la régulation indirecte de la glycémie. Très exprimée quand le diabète n’est pas déclaré, elle ne se retrouve plus dès lors que l’on constate la maladie. Les auteurs pensent qu’elle équilibre les taux d’insuline et deglucagon (l'autre hormone du pancréas qui, elle, tend à augmenter la glycémie). Elle pourrait alors être l’une des pistes complémentaires à la thérapie cellulaire rééducative.



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DIABÈTE de type 1: Découverte de IHOP, la protéine qui maîtrise la glycémie

Elle s’appelle IHOP pourIslet Homeostasis Protein. Ces chercheurs de l'Institut Wake Forest ont découvert cette nouvelle protéine et son rôle crucial dans la régulation de la glycémie. Cette recherche, publiée dans l’édition de janvier de la revue Pancreas, suggère que cette protéine représente une cible prometteuse pour le traitement de diabète de type 1.
"Des données qui peuvent changer les idées actuelles sur les causes du diabète de type 1», explique le Pr. Bryon E. Petersen, professeur de médecine régénérative et auteur principal de l’étude. «D’autres recherches sont nécessaires pour comprendre exactement les fonctions des protéines, mais nous pouvons espérer développer de nouveaux traitements pour cette maladie actuellement incurable."
IHOP a été  isolée dans le pancréas des humains et des rongeurs. Présente dans les îlots pancréatiques qui sécrètent l'insuline et l’hormone glucagon qui régulent la glycémie, elle l’est à niveaux particulièrement élevés chez les humains et les souris qui n'ont pas encore développé le diabète. Mais après apparition du diabète, IHOP n’est plus exprimée, ce qui suggère que la protéine contribue à réguler la glycémie en régulant l'équilibre entre insuline et glucagon. Lorsque les chercheurs inhibent IHOP chez les rongeurs, il y a perte d'expression du glucagon et mort des cellules productrices d'insuline.
IHOP tient la régulation de la glycémie. Absente, IHOP jette le pancréas dans un état critique et amorce le processus qui va mener au diabète de type 1, résume l'auteur principal, le Pr. Seh-Hoon Oh de Wake Forest Baptist. La recherche confirme aussi que la mort cellulaire joue un rôle dans le diabète de type 1, mais ses résultats suggèrent que IHOP peut influencer ce processus.
Prochaine étape pour les chercheurs, comprendre comment IHOP contrôle l'interaction insuline-glucagon.





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Chirurgie de l'obésité : bonne pour le cœur et les artères

Par figaro icon Anne Prigent - le 04/01/2012 
 
La pose d'un anneau ou d'un by-pass gastrique réduit la mortalité par infarctus ou par accident vasculaire cérébral. 

La chirurgie de l'obésité ou chirurgie bariatrique avait déjà fait ses preuves contre l'hypertension artérielle et le diabète chez les personnes souffrant d'un très fort embonpoint. Une étude suédoise publiée mercredi dans le Journal of the American Medical Association (Jama) démontre que ce type d'intervention réduit fortement les décès par accidents cardio-vasculaires, qu'il s'agisse d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral.

SOS Study est une vaste étude prospective, mise en place en Suède pour évaluer les trois techniques de chirurgie bariatrique (pose d'un anneau ou d'un by-pass gastrique, gastrectomie). «Dans un domaine où les essais chirurgicaux sont rares, il s'agit d'un travail de référence», souligne le professeur Arnaud Basdevant, responsable du Centre de recherche de médecine et de l'obésité de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Les auteurs ont comparé 2 010 patients opérés d'une chirurgie de l'obésité à 2 037 patients obèses ayant bénéficié de prises en charges hygiéno-diététiques, sur une durée de quinze ans. Résultat: sur cette période, les patients opérés sont sensiblement moins nombreux à mourir des suites d'un infarctus du myocarde ou d'un accident vasculaire cérébral. «Avec une diminution de poids de l'ordre de 15 à 20 % sur dix ans vous réduisez de 30 % les événements cardio-vasculaires. Vous faites aussi bien qu'avec une statine (médicament anticholestérol, NDLR) et, fait remarquable, chez des obèses, notamment des femmes, dont les risques cardio-vasculaires de départ ne sont pas très élevés», souligne le professeur Michel Krempf, chef du service Maladie métabolique et nutrition du CHU de Nantes. Autrement dit, il faut traiter 28 hommes et 83 femmes pour éviter un accident cardio-vasculaire.

28.000 Français opérés en 2010

La chirurgie de l'obésité n'est cependant pas destinée à tous les obèses. Elle s'adresse aux patients souffrant d'une obésité très forte, dite morbide, avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40, voire un peu en dessous, à 35, en cas de pathologies associées (diabète, hypertension, apnée du sommeil…).

L'obésité pathologique frappe environ 1 % de la population générale mais concerne 2,5 % des habitants de Seine-Saint-Denis. Selon l'Organisation mondiale de la santé un IMC supérieur à 35 entraîne une augmentation du risque relatif de décès de 2,5! En 2010 près de 28 000 personnes ont été opérées en France.

Il existe trois techniques chirurgicales. La plus répandue consiste à poser un anneau gastrique afin de réduire le volume de l'estomac et de ralentir le passage des aliments. Le by-pass gastrique consiste à le court-circuiter: la nourriture accède directement à l'intestin grêle. Du coup, certains aliments, comme les graisses, sont mal absorbés, entraînant un amaigrissement. La troisième technique, appelée gastrectomie longitudinale, est de moins en moins utilisée. Elle consiste à retirer les quatre cinquièmes de l'estomac en vue de limiter le volume gastrique à 100 millilitres seulement.
Dans l'étude suédoise, toutes les techniques obtiennent les mêmes résultats. En outre, la baisse du nombre d'accidents et de la mortalité est la même quel que soit l'IMC de départ. Les auteurs ne constatent pas non plus de bénéfices supplémentaires pour les patients les plus gros (IMC compris entre 35 et 40). «En revanche, on observe plus de bénéfices chez les patients dont le taux d'insuline sanguin est élevé et qui sont donc insulinorésistants. Cela peut nous donner des pistes pour identifier les patients à traiter en priorité», constate le Pr Arnaud Badesvant. Selon lui, la question aujourd'hui est de savoir s'il y a un avantage à pratiquer la chirurgie bariatrique chez des patients dont l'IMC serait inférieur à 35.

L'enjeu est de taille quand on sait que 10 % de la population française a un IMC supérieur à 30. Jean-Marc Catheline, chirurgien de l'obésité au centre hospitalier de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), reste prudent. «Nous n'allons pas remettre en cause un consensus international, estime-t-il. La question peut être soulevée pour les patients jeunes sans pathologie associée dont l'indice de masse corporelle se situe entre 35 et 40. Mais attention la chirurgie de l'obésité n'est pas dénuée d'effets secondaires postopératoires ou à long terme. Dans un tiers des cas les patients doivent à nouveau être opérés. Pour autant, c'est le seul traitement efficace de l'obésité pathologique. Et nous n'en avons pas d'autres pour les vingt ans à venir.
 http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/01/04/16706-chirurgie-lobesite-bonne-pour-c339ur-arteres

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Diète extrême et élimination du diabète

Une très intéressante étude vient de confirmer ce que plusieurs affirment: le diabète type II est dû à une surconsommation de sucres et de féculents ET, surtout, le fait de réduire ces mêmes sucres et féculents de façon importante (beaucoup plus importante que les recommandations de Diabète Canada) peut renverser le diabète de type II !

L’étude

Sur une période de 4 mois, 15 personnes obèses (IMC 35,3 kg/m2) et diabétiques ont suivi une diète très restrictive de 500 kcal/jour. Durant cette période, leur IMC est passé de plus de 35 à 27,5 kg/m2. En quelques jours seulement, ils ont pu se passer d’insuline. Une fois la diète terminée, les patients sont revenus à leur régime usuel. 14 mois plus tard, un seul avait recommencé à prendre de l’insuline. Les effets ont perduré même en ce qui concerne le poids (l’IMC moyen a augmenté, mais seulement jusqu’à 31,7 kg/m2, P<0.05). Le gras autour du cœur (ou gras péricardiaque, un facteur de risque de la maladie cardiaque) a diminué significativement.(1)
Lorsque la diète n’est pas aussi sévère, mais est simplement basée sur une réduction de l’index glycémique, les résultats sont moindres, mais tout de même encourageants.(2)
L’important est d’obtenir une perte de poids. Les effets hormonaux de la perte de poids, même si le poids augmente de nouveau, perdurent longtemps.(3) Ce sont eux qui sont associés à une réduction de risque à long terme.

Conclusion

Peut-être devrions-nous repenser le diabète de type II. Nous savons que nos systèmes hospitaliers ne seront pas capables de supporter l’épidémie qui est à nos portes. Plutôt que d’être complaisant envers les diabétiques et les obèses et de leur dire qu’ils peuvent manger du sucre, que ce n’est pas grave, si nous les considérions comme étant «allergiques» aux sucres et aux féculents, leur diète serait assurément beaucoup plus stricte. Peut-être serait-ce là la solution à l’épidémie de diabésité?


Références:
2. Jenkins DJ, Kendall CW, McKeown-Eyssen G, Josse RG, Silverberg J, Booth GL, Vidgen E, Josse AR, Nguyen TH, Corrigan S, Banach MS, Ares S, Mitchell S, Emam A, Augustin LS, Parker TL, Leiter LA. Effect of a low-glycemic index or a high-cereal fiber diet on type 2 diabetes: a randomized trial. JAMA. 2008 Dec 17;300(23):2742-53. PubMed PMID: 19088352.
3. Sumithran P, Prendergast LA, Delbridge E, Purcell K, Shulkes A, Kriketos A, Proietto J. Long-term persistence of hormonal adaptations to weight loss. N Engl J Med. 2011 Oct 27;365(17):1597-604. PubMed PMID: 22029981.

Classé sous: MaigrirSystème hormonal
Mots-clefs:

 http://www.jydionne.com/diete-extreme-et-elimination-du-diabete/#

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Diabète et troubles sexuels

 Le diabète est une maladie qui passe souvent sous silence. Ses complications peuvent dégénérer jusqu’à conduire aux troubles sexuels.

Le diabète est une maladie qui peut évoluer silencieusement et être découvert seulement au moment des complications. Ces complications conduisent parfois aux troubles sexuels et gâcher le quotidien du patient.

Les troubles de l’érection, loin d’être un tabou, doivent être des signes alertes qui doivent mener le patient à en parler à son médecin pour une prise en charge et un traitement immédiat.

Le diabète touche environ 3 millions de français. Souvent ignoré de tous, c’est pourtant la première cause de troubles érectiles d’où la nécessité d’en parler au médecin plutôt que d’en faire un tabou et de garder le silence.

Certains conseils sont donnés par des médecins afin d’éviter les troubles érectiles. La première mesure consiste à bien surveiller son diabète. Pour cela, il faut connaitre son seuil critique à ne pas dépasser. Un bon suivi de la glycémie et du traitement prescrit permet de limiter l’évolution de la maladie.

Le patient doit aussi avoir une bonne hygiène alimentaire. Une alimentation équilibrée et adéquate suivi d’exercices physiques permettent de bien gérer la maladie.

Il faut savoir aussi que certains facteurs entrent en ligne de compte dans l’évolution de la maladie. Il s’agit entre autre de l’alcool qui doit être évité lors du traitement. Les spécialistes recommandent même de le bannir totalement  pour une bonne hygiène alimentaire.

Le bon suivi des conseils ci-dessus aura des conséquences sur l’évolution de la maladie et par ricochet permettra de réduire le risque de troubles érectiles ainsi que d’autres troubles liés à la maladie.

 

 http://toute-lactu.com/2011/12/28/diabete-et-troubles-sexuels/

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Relation entre dysfonctionnement érectile et Diabète

Une recherche a en effet montré que 40 % des hommes qui souffrent de dysfonctionnement érectile sont diabétiques.

Qu’est ce que le dysfonctionnement érectile ?

Un dysfonctionnement érectile est une difficulté permanente d’avoir et/ou de maintenir une érection, ce qui veut dire une fermeté suffisante du corps caverneux du pénis pour permettre le bon déroulement du rapport sexuel. Pour qu’un médecin parle de dysfonction érectile, il faut que les troubles rencontrés par la personne se soient répétés pendant trois mois, et que le temps pour éjaculer n’ait pas dépassé les 3 minutes.

Quels sont les causes organiques d’un dysfonctionnement érectile ?

Il y a quelques années les sexologues ont affirmé que 95% des cas de dysfonctionnement érectile sont d’origine psychologique. Sauf qu’aujourd’hui on sait que seulement 75% sont dus à des facteurs émotionnels et que 25% sont organiques.
  • L’andropause (baisse du taux d’hormones males) qui peut se manifester à n’importe quel âge et engendrer un dysfonctionnement érectile
  • Les plaques d’athérome est une maladie dont l’origine est le mauvais cholestérol. Cette maladie survient dans les artères irriguant les membres inférieurs provoquant ainsi une dysfonction érectile.
  • L’insuffisance rénale
  • La prise de certain médicaments (antidépresseurs, anticonvulsivants,…)
  • Le tabagisme et l’alcoolisme
  • Le diabète
Comment le diabète engendre une dysfonction érectile ?

Le diabète est une maladie incurable qui survient à cause d’un manque de l’hormone insuline secrété par le pancréas dans le sang dont le rôle est l’utilisation et le stockage de glucose apporté par les aliments (le sucre) dans les tissus.
Il existe en effet deux types de diabète :
  • Diabète de type 1 : dans ce cas le pancréas ne produit pas d’insuline. Ce type de diabète touche surtout les jeunes.
  • Diabète de type 2 : le sucre est présent en grande quantité dans le sang et on appelle cette maladie hyperglycémie. Ce type de diabète touche généralement les adultes de plus de 50 ans
Les principaux symptômes du diabète sont :
  • Une déshydratation
  • Des nausées
  • Des vomissements
  • Un amaigrissement important dans le cas du diabète de type 1
Des complications importantes peuvent survenir suite à cette maladie parmi lesquelles un dysfonctionnement érectile chez le sujet male.
Comme il y a un excès de sucre dans le sang de l’homme diabétique, il se produit un durcissement et un épaississement des vaisseaux par conséquent une perte de leur élasticité.
Ce qui empêche le dilatement des tissus de la verge et le sang de bien circuler dans les deux corps caverneux. Tout ceci entraine une fuite veineuse qui rend difficile voir même impossible l’érection.
Mais ce n’est pas tout, une recherche a prouvé que le taux de production de la testostérone (l’hormone sexuel male) diminue considérablement chez les diabétiques et peut même se stopper si la maladie est mal soignée.

Comment y remédier ?

Tout d’abord, il faut bien équilibrer son diabète et si vous êtes fumeur il faut penser sérieusement à arrêter. Une fois cela fait, il faut traiter le dysfonctionnement érectile par une formule naturelle tout à fait saine et sans effets secondaires comme VigaRoc.
VigaRoc est un remède naturel contre le dysfonctionnement érectile approuvé par les médecins, efficace et ses résultats sont garantis.

 

http://menshopstore.agence-presse.net/2011/12/31/relation-entre-dysfonctionnement-erectile-et-diabete/

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Découverte de l'insuline

 Le 1/01/2012

Le diabète est une maladie qui touche à l'heure actuelle environ 350 millions de personnes. Un chiffre qu'il est difficile d'appréhender tant il paraît élevé. Le diabète dit de type 1 est le plus grave des différentes formes de cette incapacité du corps à réguler correctement la glycémie, c'est-à-dire le niveau de sucre dans l'organisme. La concentration de glucose dans le sang n'étant pas correctement gérée, de nombreux symptômes se déclenchent : urine excessive, faim intense et soif importante. Ces dérèglements du corps obligent les individus atteints par cette pathologie à contrôler 'manuellement 'leur taux de glucose. Dans cette optique, une alimentation équilibrée est un préalable mais qui ne s'avère pas suffisant. C'est ici qu'intervient l'insuline, découverte il y a 90 ans par une équipe d'universitaires canadiens composée entre autres de Frederick Banting et Charles Best qui en 1923 reçoivent le prix Nobel de Médecine pour leur découverte.
De nos jours, l'insuline à usage médical est synthétisée à partir d'organismes génétiquement modifiés. C'est en effet une hormone dont la structure chimique a été mise en évidence par Frederick Sanger à la fin des années 1950. Elle est injectée par voie sous-cutanée chez les patients. Les personnes atteintes d'un diabète de type 1 doivent généralement prendre cette médication plusieurs fois par jour. C'est un produit qui permet à toutes les personnes atteintes du diabète d'avoir une vie meilleure, ce qui justifie le choix de visuel opéré par La Poste.



http://www.lindependant.fr/2012/01/01/decouverte-de-l-insuline,101542.php








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Museveni plaide pour des politiques harmonisées de lutte contre le diabète




APA-Kampala (Ouganda) Le Président Yoweri Museveni a plaidé, à l’occasion du premier sommet de la Communauté de l'Afrique de l'est sur le diabète à Kampala, pour une harmonisation des politiques, des normes et des directives sur le traitement du diabète.

Dans son discours d’ouverture officielle lundi du sommet lu par son Vice-président, Edward Kiwanuka Sekandi, le chef de l’Etat ougandais a indiqué qu'une telle initiative permettrait aux diabétiques de pouvoir voyager dans la sous-région et profiter des normes de traitement de cette maladie.

Il a appelé à la collaboration du public et du privé ainsi que des ministères du Commerce, de la Douane, de l’Agriculture, de l’Education, de la Culture et des Sports dans le processus d’élaboration des politiques et des stratégies de lutte contre le diabète dans la région.

Le chef de l’Etat ougandais qui a déploré l’insuffisance des stratégies de sensibilisation sur les moyens de prévention et de gestion du diabète, a également indiqué que certains patients se tournent encore vers la médecine traditionnelle.

L’ouverture officielle de ce sommet qui se tient du 11 au 14 juillet a également permis au Secrétaire général de la Communauté de l’Afrique de l’est, Dr. Richard Sezibera, de soutenir que le diabète et d’autres maladies transmissibles restaient des épidémies incomprises et négligées, avec un nombre croissant de patients dans chaque région du monde, y compris l’Afrique de l’est.

Il a indiqué que les maladies non-transmissibles affectent négativement la vie de millions de personnes puisque non seulement elles causent et exacerbent la pauvreté mais constituent également un problème de développement humain qui nécessite une réponse internationale, régionale et nationale.

« Nous devrions maintenant tous participer dans la lutte contre le problème comme une urgence de santé publique en tant qu’individus, familles, foyers, collectivités locales, investisseurs, entrepreneurs, fabriquants de produits pharmaceutiques, chercheurs, industriels, députés, gouvernants, partenaires au développement, sociétés civiles et acteurs non-étatiques, entre autres ».

Dr. Richard Sezibera a révélé que l'EAC et le reste du monde s’attendent à une réussite du sommet des Nations Unies sur les maladies non-transmissibles prévu du 19 au 20 septembre prochain à New York.

Ce prochain sommet des Nations Unies, poursuit Dr Sezibera, est le deuxième du genre dédié à une question de dimension universelle après la première rencontre de l’organisation internationale sur le VIH/Sida tenue en 2001 qui avait conduit à la création du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme (GFATM).

Ce fonds a été d’un grand apport à l’Afrique de l’est et à d’autres pays en voie de développement malgré les nombreux défis et des contraintes dans sa mise en œuvre.

Il a invité les participants au sommet de Kampala à faire des recommandations au soir du 14 juillet, pour guider les initiatives de politiques régionales vers davantage d’investissements dans le secteur de la santé dans la région, notamment dans la lutte contre le diabète et autres maladies non-transmissibles ainsi que des complications annexes.



http://www.afriqueavenir.org/2011/07/12/museveni-plaide-pour-des-politiques-harmonisees-de-lutte-contre-le-diabete/



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Les complications rénales du diabète de type 2


Le dépistage de la néphropathie diabétique est essentiel au bon suivi du diabétique de type 2. Les clefs de la prévention et de la prise en charge reposent sur le bon contrôle glycémique et tensionnel.

Parmi les complications microvasculaires du diabète, la néphropathie diabétique (ND) n'atteint pas tous les diabétiques, se différenciant en cela de la rétinopathie non proliférante qui concerne 100 % des diabétiques en cas de contrôle glycémique notoirement insuffisant (1). Selon des données publiées en 1987 et s'appliquant à des cohortes de patients dont le diabète de type 1 avait débuté entre 1939 et 1959 (donc en l'absence des possibilités thérapeutiques actuelles), la ND touche en moyenne un peu moins de 50 % des sujets de la cohorte la plus ancienne (1939), les chiffres décroissant pour les cohortes suivantes (1949 et 1959). La ND apparaît surtout dans les 25 premières années d'évolution du diabète (2), et la néphropathie débutante touche environ 30 % des diabétiques en France (3). Actuellement, on ne dispose de données précises qu'au stade d'insuffisance rénale terminale : d'après le registre REIN, les diabétiques représentent 35 % des nouveaux cas d'insuffisance rénale chronique terminale, dont 84 % sont des diabétiques de type 2 (données 2006) (4). Le diabète est la 1ère cause de mise en dialyse en France.

HISTOIRE NATURELLE DE LA NEPHROPATHIE DIABETIQUE

Les propriétés de l'angiotensine II

Le système rénine angiotensine (SRA) joue un rôle essentiel dans l'installation de la néphropathie diabétique. Sous l'effet de plusieurs facteurs, notamment de l'hyperglycémie chronique, l'angiotensine II induit une vasoconstriction de l'artériole efférente glomérulaire, augmentant ainsi la pression hydrostatique intraglomérulaire, en même temps qu'elle altère la perméabilité capillaire (glomérulaire). Ceci explique l'élévation de l'albuminurie. Aux stades tardifs, l'angiotensine II favorise le dépôt de collagène et la formation d'une fibrose. D'où l'importance des médicaments agissant sur le SRA : inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) ou sartans. Chez le diabétique de type 2, volontiers obèse hypertendu et dyslipidémique, les lésions de micro-angiopathie coexistent fréquemment avec une glomérulopathie vasculaire non diabétique - hypertensive par exemple (l'HTA aggrave la ND) - et avec une macro-angiopathie d'origine athéroscléreuse.

La néphropathie diabétique en cinq stades

L'histoire naturelle de l'atteinte rénale au cours du diabète comprend cinq étapes (2), globalement communes aux diabètes de type 1 et 2 (voir aussi figure 1). Rappelons que tout le monde ne semble pas prédisposé à développer une néphropathie diabétique.

• Les anomalies fonctionnelles, infracliniques, sont les premières à apparaître et peuvent durer plusieurs années. Elles se manifestent par une hyperfiltration glomérulaire (augmentation du débit de filtration glomérulaire [DFG]).

• Le stade 2 correspond à la présence de lésions rénales histologiques débutantes infracliniques.

• Le stade 3, premier à être détectable en clinique, est celui de la néphropathie incipiens : la filtration glomérulaire est encore élevée, mais surtout on note l'apparition d'une microalbuminurie permanente et d'une élévation modérée de la pression artérielle de 3 à 4 mmHg par an.

• Au stade 4 de néphropathie patente, on retrouve une protéinurie croissante et une HTA ; le DFG commence à diminuer, et au plan histologique, il existe des dépôts mésangiaux et une hyalinose artériolaire.

• Le stade 5 est celui de l'insuffisance rénale chronique terminale.

Ce processus peut être ralenti voire stoppé sous réserve d'une prise en charge précoce.

Qui est à risque de ND ?

Le fait que la ND n'atteint pas tous les diabétiques amène à penser qu'il existe des facteurs de susceptibilité ou de protection. "Des gènes ayant un lien avec le système rénine angiotensine interviennent certainement, précise le Dr Simon. Mais les principaux facteurs de risque de néphropathie diabétique sont, à l'instar de la rétinopathie, l'intensité et la durée d'exposition à l'hyperglycémie et à l'HTA". L'hyperlipidémie et le tabagisme sont également incriminés.

DEPISTAGE ET DIAGNOSTIC DE LA ND

-) Les seuils définissant la micro-albuminurie et la protéinurie sont indiqués dans le tableau 1.

L'excrétion urinaire de l'albumine variant physiologiquement de façon importante, un résultat anormal doit être confirmé sur au moins un des deux dosages supplémentaires qu'il convient de réaliser : il faut donc au moins deux résultats anormaux sur 3 dosages effectués durant une période de 3 à 6 mois. Par ailleurs, une infection urinaire (faire un ECBU si besoin), une hématurie, une fièvre, une activité physique intense, une crise hypertensive ou hyperglycémique peuvent gêner l'interprétation du résultat en augmentant l'excrétion urinaire d'albumine (5).

Les bandelettes donnent un résultat semi quantitatif qui demande à être confirmé par un dosage. Les recommandations françaises préconisent un dosage annuel de la microalbuminurie (6). Or, selon les données de l'étude Entred, seulement 24 % des personnes interrogées ont bénéficié d'un tel dosage en 2001 (7). "Ces résultats sont très insuffisants. La découverte d'une microalbuminurie chez un patient diabétique doit en effet conduire à augmenter la pression thérapeutique afin d'améliorer l'équilibre glycémique et tensionnel. Des progrès certains ont cependant été notés avec Entred 2007, avec 28% de remboursements d’albuminurie ou de protéinurie sur 1 an et 44% sur 2 ans".

-) Le dosage de la créatininémie et le calcul du DFG par la formule de Cockroft, témoins de la fonction rénale, doivent aussi être effectués chaque année (6). Chez le sujet âgé, la formule de Cockroft sous estime le DFG, et beaucoup préconisent de recourir à la formule MDRD (Modification of Diet in Renal Diseases), en utilisant pour cela des calculatrices spécifiques ou des sites Internet (ex : site nephrohus [http://www.nephrohus.org/s/spip.php?article34]). La décroissance du DFG au stade de néphropathie patente varie d'un malade à l'autre, mais reste constante chez un sujet donné (en l'absence de traitement) (2).

-) Rappelons que la présence d'une microalbuminurie ou d'une protéinurie n'est pas spécifique de la ND, notamment chez le diabétique hypertendu. L'AFSSAPS et la HAS préconisent "une évaluation néphrologique des patients avec protéinurie, du fait de la fréquence élevée de néphropathie glomérulaire non diabétique dans cette population, et également pour identifier les patients avec artériopathie rénale (prédominante) où les IEC et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II [ARA II] sont contre-indiqués" (3). "En pratique cependant, et compte tenu du nombre limité de néphrologues, l'évaluation néphrologique n'est pas systématique. En revanche, lorsque le DFG diminue ou si la kaliémie s'élève de façon anormale chez un patient sous IEC ou sartan, l'échodoppler s'impose, à la recherche d'une sténose de l'artère rénale", souligne le Dr Simon.

PREVENTION ET TRAITEMENT DE LA ND

Risque cardiovasculaire accru : viser le strict contrôle glycémique et tensionnel

-) L'existence d'une ND élève considérablement le risque cardiovasculaire ; par exemple, la présence d'une microalbuminurie chez un diabétique de type 2 multiplie par 3 le risque de mortalité coronarienne dans les 10 ans (2). La prise en charge passe donc à tous les stades par le strict contrôle glycémique et tensionnel (grade A). L’abaissement de la protéinurie, quelle que soit son abondance, est également un objectif thérapeutique (3).

Idéalement, l'objectif thérapeutique pour l'hémoglobine glyquée (HbA1c) est inférieur à 6,5 % sans hypoglycémie chez un sujet ayant une longue espérance de vie. "Cependant, les données d’ACCORD et du VADT (Veterans Affairs Diabetes Trial) incitent à ne pas être trop exigeant et à situer plutôt l’objectif d’HbA1c à 7% chez les diabétiques de type 2". Le bon contrôle glycémique précoce est néanmoins fondamental, comme en témoigne le suivi de l'étude UKPDS (8), où dix ans après la fin de l'essai, le moindre risque de complications microangiopathiques persiste dans le groupe ayant été traité de façon intensive, bien que les courbes d'HbA1c des deux groupes se soient rejointes. Attention à prendre en compte l'état de la fonction rénale lors de la prescription des antidiabétiques oraux (encadré 1).

L'objectif tensionnel chez le diabétique est inférieur à 130/80 mmHg, voire même inférieur ou égal à 125/75 mmHg au stade de néphropathie patente.

IEC et sartans en vedette

-) Le niveau de preuve concernant l'efficacité des médicaments inhibant le SRA est un peu différent selon qu'il s'agit des IEC ou des sartans (3). Les premiers ont été très étudiés dans le diabète de type 1 mais les données sont plus rares dans le diabète de type 2 : ainsi, les IEC agissent favorablement sur l'évolution de la microalbuminurie vers la protéinurie et sur l'altération de la fonction rénale, mais on manque de données sur leur capacité à freiner l'évolution vers l’insuffisance rénale terminale en cas de néphropathie du diabète de type 2 avec protéinurie. Parmi les ARA II, l'irbésartan a fait la preuve de son efficacité pour freiner l'évolution vers la néphropathie patente chez les diabétiques de type 2 microalbuminuriques, cet effet de protection néphronique étant indépendant de l'effet antihypertenseur de la molécule (étude IRMA 2, N Engl J Med 2001). L'irbésartan ralentit également l'évolution vers l'insuffisance rénale terminale et la mortalité toutes causes en cas de néphropathie diabétique évoluée (étude IDNT, N Engl J Med 2001). Le losartan s'est lui aussi montré efficace sur ce dernier critère (essai RENAAL, N Engl J Med 2001).

-) En conséquence (3) :

• Chez l'hypertendu diabétique sans néphropathie diabétique, les cinq classes d'antihypertenseurs - diurétiques thiazidiques, inhibiteurs calciques, bêta-bloquants, IEC, ARA II – sont utilisables en première intention, mais il est souvent nécessaire assez rapidement de recourir à une association médicamenteuse ; dans ce cas, un diurétique thiazidique doit être inclus dans l'association.

• Au stade de microalbuminurie, un médicament bloquant le SRA (IEC ou sartan) doit être utilisé, associé ou non à d'autres antihypertenseurs, dont un diurétique thiazidique.

• Au stade de la protéinurie, il est recommandé de recourir à une polythérapie incluant un ARA II ayant l'AMM dans cette indication (en pratique : irbésartan ou losartan [source : Vidal 2009]) et un diurétique. A noter que le captopril a l'AMM dans la néphropathie diabétique macroprotéinurique du diabète insulinodépendant.

-) La créatininémie et la kaliémie doivent être régulièrement surveillées.

Statines et antiagrégants plaquettaires

-) Chez les diabétiques de type 2 en prévention cardiovasculaire secondaire (antécédents d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral ou d’artérite des membres inférieurs) ou à haut risque cardiovasculaire, l'objectif de LDL-cholestérol est inférieur ou égal à 1 g/l (3).

Si le diabète évolue depuis moins de 10 ans et si la microalbuminurie est associée à un autre facteur de risque additionnel (âge, antécédents familiaux de maladie coronaire ou d'AVC précoces, tabagisme, HTA, HDL-cholestérol < 0,40 g/l), l'objectif est d'obtenir un LDL-cholestérol inférieur à 1,3 g/l.

S'il n'y a qu'un facteur de risque additionnel en dehors du diabète, l'objectif est inférieur à 1,6 g/l.

Pour atteindre ces objectifs, il est recommandé de prescrire une statine

-) Par ailleurs, l’administration de faibles doses d’aspirine (75 mg à 300 mg) est recommandée chez le diabétique à haut risque cardiovasculaire en association au traitement hypolipémiant (3) OK pour prévention cardiovasculaire secondaire mais niveau de preuve quasi nul et très discuté en prévention primaire !. Linda, pour ce point-là, il y a discordance entre les recos (qui parlent bien de prévention primaire, p 111 de l'argumentaire) et Simon. Comme je ne peux pas trancher, je propose que nous restions imprécis en ne parlant pas du niveau de prévention…

Autres mesures

-) L'arrêt du tabac, néphrotoxique puissant, est important (3).

-) Attention également aux infections urinaires et aux médicaments néphrotoxiques (AINS, aminosides, produit de contraste iodé…).

Dr Pascale NAUDIN-ROUSSELLE (rédactrice, fmc@legeneraliste) avec le Dr Dominique SIMON (Service de Diabétologie, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, 47-83 boulevard de l'Hôpital, 75651 Paris Cedex 13 ; courriel : dominique.simon@psl.aphp.fr)



Tabl. 1. Seuils de microalbuminurie et de protéinurie (5)

Sur 24 heures
(mg/24h) Sur 3 heures
(µg/min) Sur échantillon d'urines
Rapport albumine/créatinine ou albumine urinaire
(en mg/g) (en mg/L)
Albuminurie normale < 30 < 20 <30 < 20
Microalbuminurie 30 à 299 20 à 199 30 à 299 20 à 199
Protéinurie ≥ 300 ≥ 200 ≥300 ≥200

Enc. 1. Antidiabétiques oraux et insuffisance rénale

La metformine est officiellement contre-indiquée lorsque le débit de filtration glomérulaire est inférieur à 60 ml/min (formule MDRD)."Mais elle est de plus en plus souvent prescrite jusqu’à un seuil de 30 ml/mn, notamment parce que la formule de Cockroft reste la plus couramment utilisée et qu’elle sous-estime considérablement la clairance de la créatinine, en particulier chez les sujets de plus de 70 ans".
"Au cours de l’insuffisance rénale, les sulfamides hypoglycémiants doivent être utilisés à la dose minimale efficace et en augmentant très progressivement les doses lorsque c’est nécessaire".
En ce qui concerne les gliptines, le recul est encore insuffisant. Pour l'heure, la sitagliptine est contre-indiquée en cas d'insuffisance rénale modérée à sévère (Vidal 2009).

Bibliographie

1- Simon D. Epidémiologie des complications liées au diabète. Rev Prat 2007;57:1411-20.
2- Grimaldi A, Hartemann-Heurtier A, Jacqueminet S et al. Guide pratique du diabète. 4e ed. Paris:Masson;2009.
3- AFSSAPS, HAS. Traitement médicamenteux du diabète de type 2. Argumentaire. Actualisation novembre 2006.
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/argum_diabete-2006.pdf
4 – Couchoud C, Villar E, Frimat L et al. L’insuffisance rénale chronique terminale associée à un diabète : fréquence et conditions d’initiation du traitement de suppléance, France, 2006. BEH nov 2008;43: 414-8.
5 – Labbé L, Maréchaud R, Hadjadj S. Dépistage et traitement des complications microvasculaires du diabète. Rev Prat 2007;57:1434-43.
6 - HAS. Diabète de type 2. Guide Affection de longue durée. Juillet 2007.
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/ald8_guidemedecin_diabetetype2_revunp_vucd.pdf
7 - Romon I, Fosse S, Weill A, Varroud-Vial M, Fagot-Campagna A. Prévalence des complications macrovasculaires et niveau de risque vasculaire des diabétiques en France, étude Entred 2001. BEH 2005; 12-13 : 46-8.
8 – Holman R, Paul S, Bethel A et al. 10-Year Follow-up of Intensive Glucose Control in Type 2 Diabetes. N Engl J Med 2008;359:1577-1589.






http://www.actumed.org/actu_news.php?titre=2146







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Un premier traitement du diabète de type 1
 


C'est un formidable espoir pour les diabétiques. Pour la première fois, une équipe de chercheurs européens coordonnée par Lucienne Chatenoud de l'unité Inserm « Diabète de type 1 : mécanismes et traitements immunologiques » est parvenue à obtenir des rémissions à long terme du diabète de type 1, après seulement six jours de traitement par un anticorps spécifique deslymphocytes T.

Chez une proportion importante des patients traités précocement les besoins en insuline sont très nettement réduits, et ce, même après 18 mois de suivi. Ces résultats publiés dans l'édition du 23 juin du New England Journal of Medicine permettront, s'ils se poursuivent à plus long terme, de prévenir ou de réduire les complications du diabète en fonction du stade de la maladie. Ce principe pourrait également s'appliquer à d'autres maladies immunitaires telles que la sclérose en plaque, le psoriasis ou encore les maladies inflammatoires de l'intestin.

Le diabète de type 1, ou insulino-dépendant, est une maladie auto-immune, c'est-à-dire une réaction anormale de certains globules blanc (celluleslymphocytaires T), lesquels attaquent les tissus de l'hôte qui les héberge. On parle de diabète de type 1 lorsque les cellules du pancréas produisant l'insuline (cellules beta) sont progressivement détruites par les cellules lymphocytaires T. Ce processus irréversible induit peu à peu une diminution voire une disparition totale de l'insuline produite, empêchant ainsi une bonne assimilation du glucose par les tissus, lequel se retrouve en trop grande quantité dans le sang.

Quand le niveau d'insuline produit naturellement n'est plus suffisant et met la vie en danger, le seul traitement disponible aujourd'hui est palliatif : il consiste à apporter par injections quotidiennes, et après contrôle de laglycémie, de l'insuline de synthèse. Un traitement contraignant, à vie, qui nécessite une adaptation constante de la quantité injectée et n'empêche pas la survenue de complications de type rétiniennes, rénales, neurologiques et cardiovasculaires.

Empêcher la destruction des cellules bêta, voie principale de recherche

Deux voies de recherche parallèles et complémentaires sont en cours aujourd'hui. L'une consiste à mettre au point des techniques de greffes de cellules bêta d'îlots de Langherans afin de permettre au pancréas de produire à nouveau l'insuline. Or, bien que le stock de cellules bêta puisse être ainsi reconstitué, le processus auto-immun de destruction de ces cellules n'en est pas pour autant stoppé. D'où l'intérêt d'agir directement sur les lymphocytes T en s'opposant à leur action. Initiés aux premiers stades du diabète, de tels traitements permettraient de conserver une fraction significative de cellules bêta. Les premiers essais cliniques réalisés dans les années 80 avec la cyclosporine (immunosuppresseur utilisé notamment en traitement du rejet des greffes) avaient montré l'efficacité d'une telle stratégie dans la mesure où le traitement était commencé dans les semaines qui suivaient le début clinique de la maladie.

Malheureusement, il s'est avéré que pour maintenir l'effet thérapeutique, le traitement par cyclosporine devait être poursuivi indéfiniment, avec tous les risques de l'immunosuppression chronique à long terme : incidence accrue d'infections et de tumeurs notamment induites par certains virus

Il fut, en conséquence, décidé d'arrêter cette voie d'approche et de retourner chez l'animal pour trouver une nouvelle méthode qui puisse avoir le même effet thérapeutique sans exposer aux risques d'une immunosuppression chronique. En d'autres termes, il fallait pouvoir restaurer la tolérance immunitaire aux cellules bêta.

Les anticorps monoclonaux : une piste suivie depuis 10 ans

L'étude multicentrique européenne dirigée par Lucienne Chatenoud de l'unité Inserm 580 et publiée dans le New England Journal of Medicines'inscrit dans le prolongement d'essais prometteurs menés en 1994 sur un modèle de diabète auto-immun spontané de souris non obèse diabétique (NOD). La simple administration pendant cinq jours consécutifs d'une faible dose d'un anticorps monoclonal dirigé contre le complexe moléculaire CD3 (anti-CD3), lequel joue un rôle central dans l'activation des cellules T, avait permis d'obtenir chez la souris des rémissions de longue durée

Le protocole thérapeutique décrit chez la souris a été ensuite étendu à des malades diabétiques. L'anticorps monoclonal anti-CD3, utilisé dans cet essai clinique a été produit à Oxford par le groupe de Herman Waldmann. Il s'agit d'un anticorps humanisé et génétiquement modifié pour ne plus entraîner leseffets secondaires gênants et parfois graves observés avec l'anticorps anti-CD3 initialement utilisé en transplantation d'organes (OKT3).

Afin de déterminer l'efficacité à long terme et l'innocuité d'un tel traitement chez l'homme, l'équipe de chercheurs a mené un essai randomisé contre placebo en double aveugle sur 80 malades. L'essai a impliqué un ensemble de centres de diabétologie belges et allemands (B. Keymeulen, Chantal Mathieu, A. Ziegler). Les malades inclus dans l'essai ont été sélectionnés avec l'aide du registre belge du diabète (Daniel Pipeleers). Ces derniers avaient encore une production significative d'insuline endogène même si leur insulino-dépendance était complète et justifiait une insulino-thérapieintensive. Les patients se sont vu administrer une injection quotidienne d'anticorps monoclonal durant six jours.

75% d'insulino-indépendants à 18 mois

Les résultats obtenus montrent que le traitement par l'anticorps anti-CD3 induit chez un pourcentage important de ces malades un arrêt de la progression du diabète avec stabilisation de la production d'insuline endogène, voire une amélioration de cette production chez certains d'entre eux. Un effet qui s'est traduit chez la plupart des patients par une réduction considérable de la dose nécessaire d'insuline, en dessous du seuil généralement considéré comme une insulino-indépendance.

Dans le groupe des patients ayant la meilleure production naturelle initiale d'insuline, 75 % des malades ont vu leur besoin en insuline diminuer très nettement, contre aucun chez les patients ayant reçu le placebo. Le traitement par l'anti-CD3 s'est révélé bien toléré à l'exception de quelques maux de tête, troubles digestifs et réactions cutanées, tous très transitoires. Le seul effet secondaire ayant retenu l'attention des chercheurs a été l'apparition, également très transitoire, de signes cliniques et biologiques demononucléose infectieuse dus au virus d'Epstein-Barr. L'excellente réponse immunitaire développée contre le virus par tous les malades traités témoigne de l'absence d'immunosuppression au terme du traitement de six jours par l'anticorps.

Ces résultats ouvrent des perspectives tout à fait nouvelles sur l'immunothérapie du diabète insulino-dépendant. Ils montrent que l'on peut arrêter la progression de la maladie prise à son début, ce qui peut ainsi permettre aux diabétiques de vivre avec leur propre insuline, une alternative très préférable à l'insuline exogène qui leur est administrée comme médicament. En effet, le pancréas, à la différence du traitement médicamenteux, peut s'adapter continuellement aux besoins métaboliques, notamment à l'exercice physique et aux quantités de sucre apportées par l'alimentation.

Ces résultats sont un formidable espoir pour les patients. Tout laisse penser que ce maintien de la production de l'insuline endogène, s'il se prolonge au-delà des dix-huit mois actuellement étudiés, diminuera ou préviendra les complications dégénératives de la maladie qui en font encore toute la gravité(rétinopathie, insuffisance rénale, accidents vasculaires). Le principe thérapeutique pourrait être étendu à d'autres maladies immunitaires, notamment à la sclérose en plaques et aux maladies inflammatoires de l'intestin, comme l'indiquent les résultats obtenus dans les modèles animaux de ces maladies.
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/vie-1/d/un-premier-traitement-du-


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Le diabète de type 2 devient pandémie


Le diabète serait-il le nouveau fléau mondial ? D'après une étude publiée dans The Lancet, les diabétiques seraient 350 millions dans le monde... La toute première pandémie d'une maladie non infectieuse !
Une étude internationale, publiée dans les colonnes de The Lancet, vient de réévaluer largement à la hausse l’incidence du diabète de type 2 dans le monde. En 2009 et sur la base de données 2008, les spécialistes avaient estimé à 285 millions le nombre de diabétiques à l’échelle globale. Or, selon les dernières données, le monde en compterait aujourd’hui 350 millions. Il s’agit bien, comme l’OMS l’annonçait il y a quelques années, d’une pandémie. La première dans l’histoire de l’Humanité, due à une pathologienon infectieuse.
Maladie typiquement liée au mode de vie, le diabète de type 2 s’est développé de manière exponentielle au cours des trois dernières décennies. En 1980, le nombre de diabétiques était estimé à 153 millions dans le monde. Et il était de 347 millions en 2008. À elles seules, la Chine et l’Inde en comptabilisent 138 millions. Les États-Unis et la Fédération de Russie, pour leur part, concentrent 36 millions de diabétiques à eux deux.
Exception faite de l’Espagne, l’Europe de l’Ouest serait pour le moment relativement épargnée. Les Pays-Bas, l’Autriche et la France présentent les incidences les moins élevées. Au niveau mondial, c’est également le cas de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud-est.
Une alimentation équilibrée est la clé pour éviter un diabète de type 2. © DR

Une éducation nutritionnelle pour enrayer le diabète de type 2

« Le diabète de type 2 constitue aujourd’hui l’une des causes principales de mortalité et de morbidité dans le monde », s’inquiète le Pr Majid Ezzati de l’Imperial College à Londres. Pourtant, des interventions simples permettraient aux patients de bien contrôler leur maladie et donc d’éviter les complications liées au diabète de type 2.
Un travail mené au Royaume-Uni auprès de 590 adultes de 30 à 80 ans a montré tout le bénéfice apporté par un programme d’éducation nutritionnelle. Une partie de ces patients dont la maladie avait été diagnostiquée récemment ont bénéficié de 6 heures et demie de conseils nutritionnels sur l’année. Très peu de chose en réalité... Les autres ont été livrés à eux-mêmes, avec pour seule instruction de bien suivre leur traitement. Résultat, les malades du premier groupe ont tous présenté un taux d’hémoglobine glyquée satisfaisant, ce qui n’a pas été le cas des autres patients. L’hémoglobine glyquée est un indicateur qui renseigne sur le taux moyen de glucose dans le sang, minute après minute, sur une période de trois mois. Et il a valeur de référence pour mesurer la qualité d’équilibre de la glycémie


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Le diabète pèse sur l’emploi
14 Juin 2011

Les personnes diabétiques sortent plus tôt de la vie professionnelle : c’est la conclusion de l’étude menée sur une cohorte française de salariés EDF-GDF entre 1989 et 2007. Les diabétiques ont en effet 60 à 70 % de risque supplémentaire de passer en invalidité ou en retraite anticipée avant 60 ans, avec un risque de décès prématuré multiplié par 7.
Un coût socioéconomique en hausse
Le diabète de type 2 touche plus de 4 % de la population française, soit environ 2,9 millions de personnes traitées. Une augmentation de 40 % depuis 2001 ! Cette épidémie a un coût socioéconomique important en termes de prise en charge médicale et d’accompagnement mais qui pourrait encore s’alourdir à en croire les travaux de l’équipe dirigée par Rosemary Dray-Spira. Ils montrent que la maladie est un facteur de sortie anticipée de la vie professionnelle. Une personne diabétique travaille en moyenne 1,1 an de moins qu’une personne non diabétique entre les âges de 35 et 60 ans.
Un suivi de carrière sur le long terme
Certaines données suggéraient déjà que le taux d’emploi des personnes atteintes de diabète est inférieur à la moyenne mais ne permettaient pas de dire si le diabète en était effectivement la cause. Une étude américaine avait également montré que les personnes diabétiques ont une fin de carrière plus précoce mais ne tenait pas compte des facteurs socioprofessionnels antérieurs à la maladie pouvant expliquer cette différence. « Dans notre étude, l’effet du diabète a pu être estimé indépendamment de ces facteurs car nous avons tenu compte des caractéristiques socioprofessionnelles des participants dès leur entrée dans l’entreprise », explique Rosemary Dray-Spira, Inserm Unité 1018. L’équipe a ainsi suivi la carrière de salariés EDF-GDF occupant tous types de postes, cadres, intermédiaires, employés ou ouvriers, entre 1989 et 2007. Toutes ces personnes étaient en emploi, exemptes de diabète et âgées de 35 à 50 ans au moment de l’inclusion. Au final, l’équipe a étudié le parcours professionnel de 506 diabétiques déclarés (en moyenne à l’âge de 51 ans) et l’a comparé à celui de 2530 autres salariés non diabétiques.
Retraites anticipées et passage en invalidité fréquents


© Fotolia
Les résultats montrent que les personnes diabétiques ont effectivement une carrière plus courte que les autres, quel que soit le type d’emploi. A 55 ans, seulement 51,9 % des diabétiques sont toujours en poste contre 66,5 % pour les non diabétiques et ce chiffre chute à 10 % contre 13,4 % à 60 ans. Ces différences s’expliquent par unpassage en retraite anticipée plus fréquent : 39,5 % des diabétiques à 55 ans contre 28,2 % des non diabétiques et par une mise en invalidité accrue : 5 % des diabétiques à 60 ans contre 1,4 % des non diabétiques. En outre, le taux de décès avant la sortie d’emploi était multiplié par 7 chez les diabétiques dans cette cohorte.

Une maladie à complications fréquentes


La sortie précoce d’emploi peut s’expliquer de différentes façons. Le diabète entraîne des lésions irréversibles qui affectent entre autres le système nerveux, l’œil ou encore le pied. Elle peut entraîner ainsi des limitations de mobilité, une baisse de vision ou des amputations. Mais elle peut également s’accompagner d’autres pathologies associées, notamment les maladies cardiovasculaires, l’obésité ou encore la dépression, qui peuvent elles-mêmes peser sur les chances de maintien dans l’emploi. L’obésité est par exemple très fréquente. Dans cette cohorte, un tiers des personnes diabétiques étaient obèses contre seulement 5.7 % des non diabétiques.



Le diabète, une épidémie à prévoir
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le nombre de personnes diabétiques dans le monde était de 135 millions en 1995 et prévoit que cet effectif atteindra 299 millions en 2025. En France, 4.35 % de la population est traitée pour un diabète et la fréquence de la maladie est en forte augmentation depuis plusieurs années : + 6 % par an. La maladie touche davantage les personnes de niveau socio-économique moins favorisé et celles originaires du Maghreb. Le vieillissement de la population, l’augmentation de l’obésité et le manque d’activité physique favorisent le développement du diabète de type 2. Ces facteurs, en forte augmentation dans de nombreux pays, font craindre une épidémie mondiale.
Source
Herquelot E, Gueguen A, Bonenfant S, Dray-Spira RImpact of Diabetes on Work Cessation - Data from the GAZEL cohort Study
Diabetes Care 2011, 34(6):1344-9



http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/le-diabete-pese




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285 millions de personnes sont atteintes du diabète dans le monde en 2010, soit 6,6 % de la population adulte mondiale, d’après la Fédération Internationale du diabète. Celle-ci qualifie le phénomène de véritable pandémie. Car la progression est considérable. Ainsi, l’OMS prévoit 438 millions de diabétiques d’ici 2030.
4 millions de personnes sont mortes, des suites du diabète en 2010, soit 6,8 % de la mortalité mondiale.


1 personne meurt du diabète toutes les 8 secondes dans le monde, soit plus que le sida et la malaria réunis. 
(Source : Diabetes Atlas IDF 4e Edition 2009)


Contrairement aux idées reçues, le diabète n’est pas l’apanage des pays développés. Sa progression est fulgurante dans les pays en voie de développement et notamment en Afrique. Partout, l’exode rurale génère des centaines de millions de citadins, qui adoptent brutalement un mode de vie sédentaire, une rupture soudaine de leur mode d’alimentation, avec des apports anarchiques de produits industriels trop gras, trop riches en glucides.

Cette situation est évidemment considérablement aggravée par une inégalité tragique d’accès aux traitements. Dans bien des régions de la planète, les complications du diabète peuvent effectuer leurs ravages.

La réalité du diabète est méconnue, sous-estimée, voire ignorée dans une indifférence tristement et dangereusement partagée du Nord au Sud.. Plus que jamais, l’information des populations, la formation des soignants, l’accès aux soins, sont des enjeux fondamentaux, trop ignoré des opinions publiques et négligés par les gouvernements, dans bien des pays du monde.

La prise de conscience de la gravité de l’épidémie a amené l’ONU à déclarer solennellement le 14 novembre de chaque année « Journée mondiale du diabète des Nations Unies ».

Information, sensibilisation, solidarité doivent mobiliser toutes les parties prenantes, toutes les énergies pour lutter contre l’épidémie silencieuse du diabète.


Pour en savoir plus :


Rendez-vous sur la page : http://sosdiabetiquedjibouti.e-monsite.com/