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jeudi 27 septembre 2018

En Côte d'Ivoire, le diabète est un tueur silencieux

REPORTAGE - La plupart des diabétiques, en Côte d'Ivoire, souffrent d'un diabète de type 2, qui s'acquiert au cours de la vie, et est souvent lié à une mauvaise hygiène de vie.
À Abidjan (Côte d'Ivoire)
Une antenne de l'ONG Action Santé dans le quartier d'Anoumabo à Abidjan (Côte d'Ivoire). On y réalise des séances d'information, des tests de glycémie, et on oriente les malades vers des centres de prise en charge. Stéphany Gardier

«Quand j'ai dit à mes amis que j'étais diabétique, ils m'ont demandé si je ne préférais pas avoir le sida. Pour se soigner, c'est plus facile, les médicaments sont gratuits.» Wilfried a 19 ans, étudiant en droit à Abidjan. C'est un miraculé, d'après le Dr Annick Peuhmond, l'endocrinologue qui le suit à l'Institut national de santé publique (INSP). Peu avant les épreuves du bac, Wilfried a fait un coma diabétique de cinq jours qui aurait pu le tuer. Et ce n'était pas le premier: comme beaucoup de patients suivis dans l'unité de diabétologie pédiatrique récemment ouverte à l'INSP, Wilfried ne prend pas son insuline régulièrement. «Beaucoup de parents peinent à payer les soins», confie le Dr Peuhmond. «Nous payons parfois nous-mêmes l'insuline pour ceux qui n'ont pas les moyens», ajoute le Dr Marie-Laurette Agbre-Yacé.
«L'objectif est d'améliorer l'accès aux soins de manière générale, et le médicament n'est pas suffisant. Il faut aussi éduquer les patients et former des soignants en dehors des centres hospitaliers»
Soraya Ramoul, directrice du programme CDIC chez Novo Nordisk.
La loi ivoirienne prévoit pourtant des soins gratuits pour les enfants de 0 à 5 ans. Un texte qui n'est en réalité plus appliqué, faute d'approvisionnement en médicaments. «Il n'est pas rare que des parents en viennent aux mains quand on leur explique que nous n'avons pas de médicaments gratuits», raconte le Dr Enderson Gilbertnaire, pédiatre dans un des CHU d'Abidjan. En novembre 2017, le ministère de la Santé a annoncé un partenariat avec le laboratoire Novo Nordisk. Le programme Changing Diabetes in Children (CDiC) prévoit de fournir de l'insuline gratuitement aux enfants de moins de 18 ans. Mais le déploiement sera progressif, et l'accès à l'insuline reste pour l'heure limité à certains centres de soins, précise le Dr Valéry Adoueni Katché, directeur au ministère de la Santé du programme national de lutte contre les maladies métaboliques.
«CDiC est effectivement géré par les spécialistes locaux et les autorités de santé, confirme Soraya Ramoul, directrice du programme chez Novo Nordisk. L'objectif est d'améliorer l'accès aux soins de manière générale, et le médicament n'est pas suffisant. Il faut aussi éduquer les patients et former des soignants en dehors des centres hospitaliers. Mais nous sommes là pour contribuer, en aucun cas pour remplacer.»
Le diabète toucherait 15,9 millions de personnes en Afrique subsaharienne et aurait causé 312. 000 décès en 2017, selon une estimation de la Fédération internationale du diabète. Des chiffres sans doute en deçà de la réalité. En Côte d'Ivoire, les dernières données datent ainsi de 1979!
Le diabète de type 1, insulinodépendant, qui touche surtout les enfants et les jeunes adultes, ne représente que 5 à 10 % des cas. La plupart des diabétiques, en Côte d'Ivoire comme dans les pays du Nord, souffrent d'un diabète de type 2, qui s'acquiert au cours de la vie, et est souvent lié à une mauvaise hygiène de vie. «Nous faisons maintenant face à une augmentation rapide des cas d'obésité, et toutes les couches sociales sont touchées, relève le Pr Jacko Abodo, chef du service d'endocrinologie et diabétologie du CHU de Yopougon, au nord d'Abidjan.
«Les Ivoiriens mangent traditionnellement peu de fruits et de légumes, aiment les sauces grasses. Et il y a de plus en plus de produits industriels, très riches»
Dr Béranger Kouamé , en charge de la Clinique du diabète et de l'hypertension
À une cinquantaine de kilomètres de là, en zone rurale, le Dr Béranger Kouamé est en charge de la Clinique du diabète et de l'hypertension, installée dans l'hôpital général de Bonoua. Il traite beaucoup de patients diabétiques de type 2. «La nourriture a longtemps manqué dans nos pays. Ici, un dicton dit: “Tout ce qui rentre dans le ventre, c'est ce qui t'appartient”, alors tant qu'il y a à manger, les gens mangent. Mais ils sont plus sédentaires. Les Ivoiriens mangent traditionnellement peu de fruits et de légumes, aiment les sauces grasses. Et il y a de plus en plus de produits industriels, très riches.» Sodas, pâte à tartiner et biscuits sont présents dans toutes les échoppes. Burger King a récemment ouvert son deuxième fast-food à Abidjan, KFC vient de lui emboîter le pas. Baguettes, croissants et pâtisseries se sont installés dans l'alimentation.
Sensibiliser la population est urgent. Outre la prévention (alimentation, activité physique…), le concept même de maladie chronique doit aussi être expliqué. «Les gens ne comprennent pas toujours l'utilité de prendre un traitement à vie, pour ne jamais être guéri, surtout quand ils n'ont pas encore de symptômes», explique Abdoul Beité. Il a fondé l'ONG Action Santé, à Anoumabo, un quartier populaire d'Abidjan. Avec quelques agents de santé formés grâce au programme du ministère de la Santé, il réalise des séances d'information, des tests de glycémie, et oriente les malades vers des centres de prise en charge.
Plus de la moitié des diabétiques ne seraient pas diagnostiqués dans le pays. Pour ceux qui le sont, reste à assumer le coût du traitement: jusqu'à 50. 000 francs CFA (76 euros) par mois selon les cas, alors que le Smic ivoirien est à 60. 000 francs CFA! Bien que le gouvernement ait négocié à la baisse les prix de l'insuline et des antidiabétiques oraux, le manque d'approvisionnement des centres de soins publics oblige les patients à se fournir en officine, où les prix sont libres. Or la couverture maladie universelle met du temps à se déployer, et seuls les fonctionnaires et les salariés couverts par leur employeur sont remboursés. Beaucoup de patients se tournent vers les médicaments de rue ou consultent des tradithérapeutes, dont certains n'hésitent pas à promettre la guérison pour quelques milliers de francs CFA. Avec parfois des conséquences graves pour les patients.
«La maladie est encore souvent diagnostiquée quand ils se présentent à l'hôpital dans le coma, à la frontière de la cécité ou avec un pied gangrené»
Pr Jacko Abodo CHU
«La maladie est encore souvent diagnostiquée quand ils se présentent à l'hôpital dans le coma, à la frontière de la cécité ou avec un pied gangrené», déplore le Pr Jacko Abodo. Les treize lits de son service accueillent des hommes et des femmes venus le plus souvent pour un «pied diabétique». Le diabète provoque 50 % des amputations non traumatiques et conduit à des handicaps aux conséquences socio-économiques lourdes.
Dépister tôt est primordial pour limiter ces complications et passe par des consultations décentralisées ainsi qu'une meilleure formation des soignants. La Côte d'Ivoire compte moins d'une vingtaine d'endocrinologues pour plus de 24 millions d'habitants. La prise en charge s'améliore grâce à l'ouverture d'une trentaine de «cliniques du diabète et de l'hypertension», comme celle de Bonoua. La moitié d'entre elles ont été financées par la Fédération internationale du diabète, les autres par Sanofi, dans le cadre d'un partenariat public-privé. Sanofi soutient également la formation des soignants.
Les entreprises nationales et internationales financent également des programmes de dépistage et de prévention. «Nous sensibilisons les patrons en calculant le coût de la maladie pour l'entreprise. Ils comprennent vite qu'agir revient moins cher», sourit le Dr Prince-Igor Any-Grah, président de l'association des médecins d'entreprise de Côte d'Ivoire. Il mise aussi sur un projet de prévention par SMS. Plusieurs pays africains expérimentent déjà l'initiative BeHe@lthy BeMobile, sous l'égide de l'OMS. Pour Jon Fairest, directeur Afrique de Sanofi, le paiement par smartphone - omniprésent en Afrique - serait un outil précieux: «L'État pourrait créditer le compte des patients, pour payer certains soins et médicaments.»
De leur côté, les patients commencent à s'organiser en associations afin de sensibiliser les politiques sur leurs besoins, et mieux faire connaître la maladie. «Certains parents, quand on leur parle de diabète, pensent qu'on est déjà en fin de vie et donc que dépenser pour les médicaments est peut-être inutile, rapporte Fanta Konaté, présidente de l'association des parents d'enfants diabétiques de l'INSP. Nous voulons sortir cette maladie de l'ombre pour offrir un avenir à nos enfants et à tous les diabétiques en Côte d'Ivoire!»
Ce reportage a été cofinancé par le Centre européen de journalisme (EJC) via son programme de bourse dédiée à la santé mondiale Global Health Journalism Grant Programme for France (https://health-fr.journalismgrants.org/).
http://www.lefigaro.fr/international/2018/09/26/01003-20180926ARTFIG00324-en-cote-d-ivoire-le-diabete-un-tueur-silencieux.php

mardi 25 septembre 2018

Inauguration du premier centre Afro-Tunisien « Pied Diabétique »

Samedi, 22 septembre 2018 au siège du Centre Hospitalier International « Carthagène », le premier centre Afro-Tunisien « Pied Diabétique » a été inauguré.
‘’ J’ai pleuré une fois quand j’étais petit par ce que je n’avais pas de chaussures pour jouer au foot avec mes amis. Mais un jour, j’ai vu un homme sans pieds et j’ai réalisé à quel point j’étais riche…’’
Zinedine Zidane, champion du monde de football 1998

Etre mobile, être en mouvement, est synonyme d’épanouissement et de joie de vivre. Les êtres humains ont toujours été en mouvement. Se déplacer librement sans contraintes physiques ou matérielles est vital pour l’Homme. Une restriction de ses mouvements et de ses facultés à se déplacer entrainerait une privation de sa liberté et une entrave à son développement physiologique et psychique.
Ces restrictions sont d’autant plus contraignantes et frustrantes quand elles résultent d’une prise en charge médicale inadéquate ou tardive à la suite d’une atteinte par une maladie telle que le diabète. Une incommodité qui peut entrainer, dans le cas d’un diagnostic médical retardé ou inadapté des séquelles graves et irréversibles au niveau des membres inférieurs et en particulier du pied du patient.
Pour mettre fin à ces complications, l’idéal serait d’adopter une approche médicale participative et préventive. C’est dans cet esprit que s’inscrit le lancement du premier centre « Pied Diabétique » pour la prévention contre les risques de complication du diabète, sous le slogan « OEuvrons tous ensemble pour préserver le pied chez le diabétique ».
Le ministre de la Santé M.Imed Hammami inaugurera ce centre unique en son genre sur le continent africain, le samedi 22 septembre 2018 à partir de 11h du matin, au siège du Centre Hospitalier International « Carthagène ».
Il s’agit d’une première en Tunisie et en Afrique, le Centre «Pied Diabétique » sera composé d’un personnel médical polyvalent et entièrement dédié à la prévention et au traitement des complications pouvant atteindre le pied du diabétique. L’objectif est de veiller à préserver la mobilité de la personne atteinte par le diabète, pour qu’elle puisse mener une vie normale. Toutes les spécialités médicales relatives au traitement de ces complications sont rassemblées. L’idée est de fournir aux patients un diagnostic médical complet dans l’objectif d’opter pour le traitement adéquat. Aujourd’hui, 15 à 25% des diabétiques en Tunisie présentent un risque de complications au niveau du pied, leur qualité de vie est, ainsi, altérée et leur prise en charge multidisciplinaire dans un centre spécialisé est urgente.
Grâce à une approche médicale et scientifique ainsi qu’à la mise en application d’un système de gradation relatif à ce vrai problème de la santé publique pouvant atteindre le pied du diabétique et par le biais de ses 45 spécialistes impliqués aussi bien dans la prévention qu’au niveau du traitement du pied diabétique, le Centre « Pied Diabétique » aspire à devenir une plateforme nationale et continentale dans cette discipline médicale.

alités Toutes les actualités Journée mondiale du cœur 2018 célébrée à Luxembourg

Chaque année, le ministère de la Santé se joint à la World Heart Federation et à la Société luxembourgeoise de cardiologie pour célébrer la "Journée mondiale du cœur". Son objectif est d’informer la population sur les maladies cardiovasculaires et leurs facteurs de risques.
Les maladies cardio-vasculaires constituent la première cause de mortalité dans le monde. On estime à 17,7 millions le nombre de décès imputables aux maladies cardio-vasculaires, soit 31% de la mortalité mondiale totale, par an!

Au Luxembourg, les statistiques de décès 2016 publiées récemment confirment que les maladies cardio-vasculaires restent toujours la première cause de décès avec 38,1% des décès en 2016, malgré une diminution significative depuis 1998.

Les résultats de l’étude Oriscav (2007-2008) menée par le LIH (Luxembourg Institute for Health), ont démontré un profil inquiétant des facteurs de risque cardiovasculaire chez les adultes résidant au Luxembourg. Ainsi, plus de 80% de la population affichait au moins un facteur de risque évitable des maladies cardiovasculaires.

Les hommes présentaient un risque plus élevé que les femmes. À savoir que ce risque s’accroit avec l’âge et dans les deux sexes. Le diabète touchait 4,4% de la population et la prévalence de syndrome métabolique était de 25%, avec une différence significative entre les sexes. La dyslipidémie (69,9%) était le facteur de risque prédominant pour les deux sexes et dans toutes les catégories d’âge, suivie par l’hypertension artérielle.

"Au Luxembourg, environ 31% de la population adulte âgée de 25 à 65 ans souffre d’hypertension artérielle. Cette proportion est parmi les plus élevées en Europe. Et au-delà de 60 ans, presque 2/3 des résidents sont concernés. En plus, une personne sur deux ignore qu’elle souffre de cette maladie silencieuse!", s’inquiète la ministre de la Santé, Lydia Mutsch.

Parmi ceux qui connaissent leur tension artérielle, la moitié est insuffisamment contrôlée et traitée.

C’est ainsi que les actions organisées autour de la Journée mondiale du cœur, mettent un accent particulier  sur la prévention et le contrôle par chaque individu de ses propres risques d’une maladie du cœur.

En effet, les changements du mode de vie peuvent avoir des effets positifs sur les maladies cardio-vasculaires.  Chez certaines personnes, l’arrêt du tabac, une alimentation saine et une activité physique régulière d’au moins 150 minutes par semaine peuvent réduire d’au moins 80% les décès prématurés par infarctus et accident vasculaire cérébral.

Prévenez les maladies cardio-vasculaires en adoptant des comportements de vie sains!

Vérifiez votre taux de glycémie. Un taux élevé de glucose dans le sang peut être le signe d’un diabète. Les maladies cardiovasculaires représentent 60% de tous les décès chez les personnes atteintes de diabète.

Vérifiez votre pression artérielle. L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque cardiovasculaire. Elle est appelée le "tueur silencieux" car elle est souvent asymptomatique et n’est détectée qu’au premier accident cardiaque ou neurologique.

Soyez au courant de vos résultats. Prenez rendez-vous chez votre professionnel de santé et demandez-lui de mesurer votre taux de cholestérol, le poids et l’indice de masse corporelle (IMC), ainsi que votre tension artérielle et la glycémie. Il pourra alors vous conseiller sur votre risque de maladie cardiovasculaire afin que vous puissiez planifier les mesures pour améliorer votre santé cardiaque.

Comprendre les signes et les symptômes d'une crise cardiaque. Plus de 70% de toutes les urgences cardiaques et respiratoires se produisent à la maison quand un membre de la famille est présent et pourrait aider la victime. Participez à un cours de réanimation cardio-respiratoire afin que vous puissiez aider un être cher dans le cas d'une crise cardiaque.

Journée de sensibilisation pour mieux faire connaître ses facteurs de risques

À l’occasion de la Journée mondiale du cœur, la Société luxembourgeoise de cardiologie (SLC) en partenariat avec le ministère de la Santé et d’autres associations-partenaires, organisent une journée de sensibilisation qui vise à mieux faire connaître au grand public les principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, ainsi que les moyens de les combattre. Les personnes intéressées pourront suivre un parcours de santé informatif sur les risques cardio-vasculaires et comment les prévenir.

La Journée se déroulera le mercredi 26 septembre 2018,de 10 à 16 heures, sur la place d’Armes à Luxembourg-Ville.

Actions de sensibilisation

Des ateliers pédagogiques et des stands d’informations seront organisés:
  • Mesure des facteurs de risque: tension artérielle - glycémie - mesure du Co2 expire;
  • Vidéos d’informations: Hypertension artérielle - sport et cœur - diabète - prevention;
  • Parcours éducatif: arrêt cardiaque - fibrillation auriculaire - tabac - diététique, etc.
La fanfare FUN-BRASS assurera un encadrement musical et un lâcher de ballons "cardiovasculaires" avec cartes de vœux clôturera l’événement dès 15 heures.
Communiqué par le ministère de la Santé

https://gouvernement.lu/fr/actualites/toutes_actualites/communiques/2018/09-septembre/24-journee-du-coeur.html

samedi 22 septembre 2018

Plutôt la frite avec la pomme de terre !

Les pommes de terre sont largement consommées en France : 20 à 25 kg /an/habitant. Selon les modes de préparation, elles recouvrent des produits très différents aux profils nutritionnels variés, depuis les pommes de terre au four aux frites.

Côté composition, leur contenu élevé en amidon, avec un index glycémique élevé pourrait favoriser le cancer colorectal, le diabète de type 2 ou l’hypertension. Les modes de préparation, comme les fritures « profondes » sont susceptibles de générer des composés comme  l’acrylamide, défavorable pour le contrôle glycémique, ou des acides gras trans. En revanche, les pommes de terre sont une source considérable de vitamine C, de potassium, de fibres et de polyphénols. Selon les variétés, ces derniers pourraient inhiber l’hydrolyse de l’amidon, réduisant l’index glycémique.

Leurs effets sur les risques de maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 et du cancer colorectal montrent des résultats contrastés. 

Un légume sans effet néfaste pour la santé, globalement

Les auteurs ont donc réalisé une métanalyse sur les effets de ce légume tuberculeux, sur les maladies précitées, en tenant compte si possible des différentes préparations. Trente publications portant sur 23 cohortes, ont été analysées prospectivement. Les résultats ont été restitués pour une portion de 150 g/j, sauf indication contraire.

•    La consommation totale de pommes de terre, dans les études qui ne donnent pas plus de détails, n’était associée ni à la mortalité générale, ni aux maladies coronariennes, AVC, cancer colorectal. Néanmoins les études prolongées (≥ 10 ans) et européennes retrouvent une association avec ce cancer. Pour une consommation totale supérieure à 134 g/j de ce légume et jusqu’à 190 g/j, le risque augmente environ de 25 %.
•    Les consommations de pommes de terre, bouillies, au four, en purée, n’étaient pas associées au risque d’hypertension artérielle (risque relatif RR: 1,08, intervalle de confiance à 95 % IC 0,96–1,21), mais modestement à celui du diabète de type 2 (RR : 1,09, IC 1,01–1,18).
•    La prise de frites était associée à une augmentation marquée du risque de diabète de type 2 de 66 % (RR: 1,66, IC 1,43–1,94) et d’hypertension de 37 % (RR : 1,37, IC 1,15–1,63).

Les chercheurs invitent à interpréter ces résultats avec prudence, car les pommes de terre sont souvent consommées (USA notamment) avec d’autres aliments défavorables comme la viande rouge et les boissons sucrées, qui auraient pu influencer ces données dans certaines cohortes. 

Juste un faible risque de diabète de type 2

Pour conclure, les pommes de terre dans leur ensemble, fréquemment consommées, ne posent pas de problème majeur, si ce n’est un faible risque de diabète de type 2 pour les formes bouillies. En revanche les frites plus particulièrement sont associées au diabète de type 2 et à l’hypertension. D’une façon générale, les pommes de terre ne doivent pas être considérées comme défavorables à la santé, compte tenu de leur apport nutritionnel. Certaines préparations doivent cependant être consommées moins régulièrement, et les filières agricoles devraient sélectionner des variétés riches en polyphénols.

Dr Viviane de La Guéronnière
RÉFÉRENCE
Schwingshackl L et coll. : Potatoes and risk of chronic disease: a systematic reviewand dose–response meta-analysis. Eur J Nutrition, 2018; publication avancée en ligne le 9 juillet. DOI: 10.1007/s00394-018-1774-2.
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Stress, hypertension, addiction : le chômage nuit à la santé

Par Amandine Cailhol — 

«Sous-estimés», les effets de l'inactivité subie sur la santé physique et psychique sont multiples, selon l'association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC). Dans un rapport publié jeudi, elle appelle les pouvoirs publics à mieux prendre en charge des «chercheurs d'emploi».

Pathologies cardiovasculaires, addictions, aggravations de maladies chroniques, telles que le diabète ou l’hypertension, stress, anxiété, dépression pouvant mener au suicide. Selon l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC), «plusieurs risques bien connus en santé publique ont des incidences beaucoup plus fortes chez les personnes au chômage que dans la population générale ou dans celle des travailleurs actifs de caractéristiques comparables». Autrement dit : «Le chômage nuit à la santé.»
Les «chercheurs d’emploi», comme préfère les appeler l’association, sont deux fois plus nombreux que les salariés ayant un emploi stable à estimer que leur état de santé n’est pas satisfaisant. Un pourcentage qui devient plus important à mesure que le chômage s’inscrit dans la durée. Ils sont aussi 8 % à déclarer avoir des symptômes dépressifs, contre 4 % pour les actifs occupés (1). Et 39 % à expliquer avoir des troubles du sommeil (contre 31 %). C’est le cas de Mélanie, 47 ans, au chômage de longue durée, qui a confié à l’association ses «problèmes de sommeil et de stress qui s’accompagnent de maux de dos, de problèmes de digestion, d’angoisse et de palpitations».
Sur le plan psychique, l'«humiliation», la «culpabilité» et le «sentiment de dévalorisation» sont autant de réactions liées au chômage qui risque de représenter un cocktail explosif pouvant conduire à la dépression, selon Michel Debout, professeur spécialiste de ces enjeux et médecin, invité à débattre par SNC, lors d’une table ronde, jeudi à Paris.

«Pas fragiles, mais fragilisés»

Publiée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), une étude avait évalué, en 2015, entre 10 000 et 14 000 le nombre de décès imputables au chômage chaque année. Soit plus que le nombre de morts sur les routes. Une surmortalité à relier au risque de maladies, mais aussi aux conséquences de comportements addictifs pouvant être consécutifs à la perte d’emploi. Dans les pages du rapport, Olivier, 51 ans, témoigne : «Quand je me suis retrouvé au chômage, l’alcool a commencé à être une activité, un cocon. […] Cela m’aidait à tenir face au regard des autres, car j’avais le sentiment d’être jugé en permanence parce que j’étais chômeur. J’étais déprimé, angoissé, j’avais des pensées suicidaires. […] Finalement c’est un cercle vicieux qui s’est installé.» Autre chiffre : le risque de suicides est 2,2 fois plus fort pour les chômeurs que pour les actifs occupés.
Le médecin Michel Debout nuance toutefois: «Il ne s’agit pas de stigmatiser ces personnes comme étant malades, mais de dire qu’il y a un risque qu’elles le deviennent. Elles ne sont pas fragiles, mais fragilisées.» Problème, pointe l’association : les impacts du chômage sur la santé des demandeurs d’emploi sont «sous-estimés», le sujet étant très peu étudié. Parmi les pistes d’amélioration, elle propose de mieux informer les chercheurs d’emploi sur leurs droits en matière de santé. Une manière de lutter contre le renoncement au soin, surreprésenté chez les chômeurs. Ou encore de mettre en place un «dispositif de soutien à la santé des chercheurs d’emploi» en partenariat notamment avec Pôle Emploi. Or, pour l’heure, l’agence de placement et d’indemnisation des chômeurs s’avoue démunie sur le sujet.

Chasse aux sorcières

«On ne sait pas grand-chose, y compris à Pôle Emploi, de la santé des demandeurs d’emploi, explique la directrice des partenariats et de la territorialisation de Pôle Emploi, Firmine Duro. Ce n’est pas une compétence pour nous, nous ne savons pas faire.» L’agence travaille toutefois à former ses conseillers afin de les aider à aborder ce sujet avec les allocataires. En 2014, Pôle Emploi a aussi mis en place un «accompagnement global», visant à intégrer les problématiques plus larges des demandeurs d’emploi – logement, mobilité, santé – en partenariat avec d’autres acteurs. Mais pour l’heure, pointe SNC, ces partenariats ne sont «pas généralisés», ni «non plus structurés de façon pérenne».
Pour Jacqueline Farache, membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) et rapporteure d’un rapport sur le sujet, un bilan de santé et un suivi médical doit être mis en place pour ces publics. De même, un soutien psychologique pourrait être, selon elle, proposé par Pôle Emploi. Autre chantier, pour le professeur Michel Debout, il y a urgence à faire la chasse aux stéréotypes. Et non aux sorcières. «Au lieu de nous dire on va s’occuper de la santé des chercheurs d’emploi, le gouvernement nous dit "on va augmenter les contrôles". Cela veut dire, en somme, "on va s’occuper des escrocs", s’agace-t-il. Derrière ces propos, il y a une société de défiance. Or, ce qu’il faut, c’est une société de confiance.»
(1) Les pourcentages sont issus de diverses études sur la santé des chômeurs, compactés par SNC.p
https://www.liberation.fr/france/2018/09/20/stress-hypertension-addiction-le-chomage-nuit-a-la-sante_1680071

vendredi 21 septembre 2018

SYNDROME MÉTABOLIQUE : Le sucre naturel qui réduit le risque de diabète !

Des souris saines (foie sur visuel de gauche) nourries avec un régime riche en acides gras trans et en cholestérol pendant 12 semaines présentent naturellement des dépôts graisseux dans le foie (visuel du centre). Cependant, un sucre naturel, le tréhalose empêche le glucose de pénétrer dans le foie et active un gène, Aloxe3, qui améliore la sensibilité à l'insuline et d'autres marqueurs du syndrome métabolique. Aloxe3 permet également la réduction des dépôts de graisse dans le foie (Visuel de droite). Alors que le jeûne active également Aloxe3 dans le foie, cela pourrait expliquer pourquoi le jeûne augmente la sensibilité à l'insuline.

En substance, ce sucre naturel appelé tréhalose contribue à réduire le risque de diabète. L'activation du gène déclenche également une augmentation des calories brûlées, réduit l'accumulation de graisse et la prise de poids, et réduit les niveaux de lipides et du cholestérol dans le sang. Avec ces résultats, l’équipe de l'Université de Washington ouvre de nouvelles options de traitement du syndrome métabolique, un groupe de pathologies associées comprenant l’obésité, le diabète et la stéatose hépatique


.Aloxe3, améliore la sensibilité à l'insuline et réduit le cholestérol : chez la souris, l'administration de tréhalose dilué dans l’eau entraîne des effets bénéfiques sur le métabolisme hépatique des animaux, similaires à ceux du jeûne. Le tréhalose active le gène Aloxe3, qui améliore la sensibilité à l'insuline de la même manière que des médicaments courants contre le diabète, les thiazolidinédiones, explique l’autre principal, le Dr Brian DeBosch, professeur adjoint de pédiatrie : Aloxe3 dans le foie - qu'il soit activé par le jeûne ou le tréhalose - conduit les souris non seulement à mieux utiliser l'insuline, mais à augmenter la combustion de calories et à réduire les niveaux de graisses et de cholestérol dans le sang. Des souris nourries avec un régime trop riche ou génétiquement prédisposées à l'obésité se trouvent protégées, avec une supplémentation en tréhalose, contre les maladies métaboliques.

L'utilisation de ce sucre « prometteur », le tréhalose, à des fins médicales n’est pas pour demain : car chez l’homme, le tréhalose peut rencontrer des enzymes dans le tube digestif qui le séparent pour libérer ses deux molécules de glucose, ce qui serait contre-productif.
Dans l’attente du développement d’un composé aux effets similaires ?

https://www.santelog.com/actualites/syndrome-metabolique-le-sucre-naturel-qui-reduit-le-risque-de-diabete


jeudi 20 septembre 2018

Un plan à 3,4 milliards

Après un diagnostic alarmant pointant un "vrai handicap d'organisation", Emmanuel Macron a présenté la cinquantaine de mesures de son plan santé.
Emmanuel Macron a présenté mardi une réforme censée renforcer l'offre de soins « pour les 50 années à venir ». Cet acte II de la rentrée sociale du président comporte une cinquantaine de mesures, dont la suppression de l'emblématique numerus clausus et de la première année commune aux études de santé.
> Plus de moyens. Les crédits de l'assurance-maladie augmenteront de 2,5% l'an prochain, soit près de 400 millions d'euros supplémentaires. Le plan global sera doté de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022.
Consultations sans rendez-vous jusqu'à 20 heures

Dans le détail, près de 1,6 milliard d'euros seront consacrés à « la structuration des soins dans les territoires », 920 millions à l'investissement hospitalier, 500 millions à la « transformation numérique » et 420 millions à « l'évolution des métiers et des formations ». 
Ces moyens financeront la création de 4.000 postes d'« assistants médicaux », censés « décharger » les médecins des tâches administratives et de certains actes simples. Avec ce temps médical « regagné », ils seront priés d'accepter de nouveaux patients et d'assurer des consultations sans rendez-vous en journée, jusqu'à 20 heures.
> Une autre médecine des territoires. Emmanuel Macron souhaite que « l'exercice isolé » de la médecine de ville « disparaisse » d'ici à la fin de son quinquennat. Il a confirmé souhaiter que « dès 2019, 400 postes supplémentaires de médecins généralistes à exercice partagé ville-hôpital puissent être financés dans les territoires prioritaires ». Les services d'urgence doivent progressivement être réservés aux « urgences vitales », a avancé le président, en reconnaissant dans les récents dysfonctionnements du Samu la responsabilité d'une mauvaise organisation.
> Une carte hospitalière rebattue. « Certaines activités devront fermer », a prévenu Emmanuel Macron. Un « label » d'hôpital de proximité sera créé pour 500 à 600 établissements qui accueilleront médecine générale, polyvalente, gériatrique et soins de suite, avec des plateaux techniques de biologie, d'imagerie ou de télé médecine. Les blocs chirurgicaux et les maternités seront regroupés dans les plus gros établissements.
> Économiser sur les actes « inutiles ». Dès 2019, pour des maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale, hôpitaux et professionnels de santé libéraux devront se coordonner et partager une rémunération forfaitaire, pour éviter les dérives dues à la très décriée tarification à l'activité.

https://www.centre-presse.fr/article-627286-un-plan-a-milliards.html

dimanche 16 septembre 2018

Campagne itinérante de la rétinopathie diabétique : où effectuer un dépistage gratuit dans l'Yonne ?

La campagne itinérante de dépistage de la rétinopathie diabétique, première cause de cécité et de malvoyance en France, a débuté ce lundi 10 septembre dans l'Yonne. Elle se poursuit jusqu'au 28 octobre dans plusieurs communes. Découvrez le calendrier de dépistages. 
L'examen de dépistage de la rétinopathie diabétique s'effectue avec des photographies du fond d'oeil réalisé par un orthoptiste. © inconnu
Cette campagne itinérante de dépistage de la rétinopathie diabétique est organisée par l'URPS médecin libéral en Bourgogne Franche-Comté, en collaboration avec le CHU de Dijon et l'Association des Diabétiques de Bourgogne. 

La rétinopathie diabétique, c'est quoi ?

En France, la rétinopathie diabétique est la première cause de cécité et de malvoyance avant 65 ans. Quel que soit leur traitement, elle peut toucher tous les diabétiques. Le patient ne ressent aucun symptôme jusqu’à l’apparition des complications. Celles-ci entraînent rapidement une baisse de la vision sur laquelle les traitements sont peu efficaces. Plus le diabète est ancien, plus la rétinopathie diabétique est fréquente, mais elle peut aussi exister au moment de la découverte du diabète. Plus le traitement est précoce, plus le risque de perte de vision est diminué. Afin d’éviter les complications de la rétinopathie diabétique, un examen régulier du fond d’œil est nécessaire.

Qui est concerné par ce dépistage ? 

Sont concernées les personnes diabétiques avérées n’ayant pas consulté d’ophtalmologiste depuis plus de deux ans ET n’ayant pas de rendez-vous prévu dans l’année à venir. Ces personnes sont invitées à venir se faire dépister gratuitement.  

Comment se déroule l'examen ? 

Un orthoptiste réalise des photographies du fond d’œil. Ces photos seront analysées par des ophtalmologistes. Ensuite, un compte rendu de cet examen sera envoyé aux patients ainsi qu’à leur médecin généraliste.

Dans quelles communes puis-je me faire dépister ? 

Les examens sont gratuits et ont lieu de 9 heures à 12 h30 et de 14 heures à 17 h30, sans rendez-vous. Découvrez ci-dessous le calendrier de dépistages effectués dans plusieurs communes du département.

En septembre :

- Lundi 10 septembre : à la mairie, salle Noguès, à Saint-Fargeau.
- Mardi 11 septembre : au 31 rue d'Hocquincourt, à l’atelier, à Bléneau.
- Mercredi 12 septembre : à la salle Raymond Chabin, à la mairie de Saint-Sauveur-en Puisaye.
- Mercredi 19 septembre : à la salle polyvalente, place Eugène Beugnon, à Flogny-la-Chapelle.
- Mercredi 26 septembre : à la Halle aux grains, 29 Quai du général Leclerc, à Joigny.
- Jeudi 27 septembre :à la salle du conseil de la mairie d'Aillant-sur-Tholon.

En octobre : 

- Mercredi 03 octobre : à la salle de réunion de a mairie d'Ancy-le-Franc.
- Jeudi 04 octobre : au Marché couvert, rue François Mitterrand, à Tonnerre.
- Mardi 09 octobre : à la Salle des fêtes, impasse des lavandières, à Courson-les-Carrières.
- Mercredi 10 octobre : en mairie de Vézelay. Jeudi 11 octobre : SPL communauté de communes, 9 Boulevard Livras, à Coulanges-la-Vineuse.
- Mercredi 17 octobre : à la salle du conseil de la Mairie de Villeneuve-l’Archevêque. - Jeudi 18 octobre : au Foyer rural de Sergines.
Pour de plus de renseignements, vous pouvez contacter : Florence Pallard au 03.80.58.88.15 et au 06.87.21.44.69, ou par mail à l'adresse suivante : florence.pallard@urps-ml-bfc.org
https://www.lyonne.fr/auxerre/sante/2018/09/10/campagne-itinerante-de-la-retinopathie-diabetique-ou-effectuer-un-depistage-gratuit-dans-l-yonne_12976150.html

samedi 15 septembre 2018

Plaies du pied diabétique : que faire ?

Sommaire





L’apparition et la non cicatrisation de plaies au niveau des pieds des patients diabétiques sont secondaires à la neuropathie, à l’artériopathie et à la baisse des défenses immunitaires qu’engendre le diabète au cours de son évolution. Ces complications sont d’autant plus sévères que le diabète est ancien et l’équilibre glycémique mauvais. Quels sont les risques ? Comment évaluer la plaie, la surveiller et la décharger ?


1.Épidémiologie


En France, l’incidence est estimée à 40 000 nouvelles plaies par an dans la population diabétique et 7 % des diabétiques souffrent ou ont souffert au moins une fois dans leur vie d’une plaie du pied selon l’étude ENTRED (Échantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques traitées).
La prévalence est estimée selon les années entre 75 000 et 150 000 patients diabétiques porteurs de troubles trophiques. La prévalence des ulcères du pied dans les autres pays industrialisés varie entre 3 à 7 % de la population diabétique.
Il s’agit d’une complication fréquente du diabète puisque 20 à 25 % des diabétiques consultent au moins une fois dans leur vie pour troubles trophiques.
Les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes.
La moyenne d’âge de survenue d’une plaie chez un patient diabétique est de 70 ans.

Le taux de récidive est important car plus de 70 % des plaies diabétiques cicatrisées vont récidiver dans les cinq ans.
En France, les plaies du pied diabétique sont un problème de santé publique car ces plaies sont pourvoyeuses d’hospitalisation et engendrent un important coût pour leur prise en charge. Elles sont responsables de 10 % des hospitalisations dans la population diabétique.
Les dépenses liées aux plaies du diabétique représentent 8 % du budget de la santé en 2012 selon la CNAMTS, soit environ 660 millions d’euros.
Les durées moyennes de séjour sont de 179 jours lorsqu’une atteinte artérielle est associée, 122 jours sans atteinte artérielle. La durée d’hospitalisation est d’autant plus importante que le patient est âgé et porteurs de comorbidités telles qu’une maladie coronarienne, une insuffisance cardiaque, une insuffisance respiratoire, un antécédent d’accident vasculaire cérébral, une bronchite chronique obstructive ou une démence.
La morbidité du trouble trophique chez le diabétique est due au risque d’amputation. Ce risque est multiplié par 14 chez le patient diabétique par rapport à la population non diabétique.
En France, 50 à 80 % des amputations sont réalisées sur des patients diabétiques, ce qui représente 8 000 amputations majeures et mineures par an. Actuellement toutefois, avec l’avènement des techniques endovasculaires de revascularisation moins invasives, le nombre d’amputations majeures (cuisse et jambe) diminue, au profit d’amputations mineures (préservation de l’appui talonnier) moins invalidantes pour le patient.
Le taux de ré-amputation ou amputations mineures multiples reste élevé de l’ordre de 50 % à deux ans.
Le pronostic qu’engendre la présence d’une plaie du pied chez le diabétique est sévère puisque la mortalité est multipliée par 2,5 chez les diabétiques atteints d’un ulcère du pied par rapport à ceux indemnes de plaie.
Après amputation majeure, le taux de survie est d’environ 70 à 80 % à un an et de 30 à 40 % à cinq ans. Il est identique au taux de survie post-infarctus.

2. Physiopathologie et évaluation d’une plaie d’un pied diabétique


Les plaies du pied diabétique sont de trois types : les plaies neurologiques pures ou mal perforant plantaire, les plaies artérielles pures ou plaies ischémiques et les plaies mixtes appelées également neuro-ischémiques.
Les causes de plaies sur un pied diabétique sont donc multifactorielles, les deux principales étiologies étant l’artériopathie et la neuropathie diabétique, auxquelles se surajoute l’infection.

2.1 Composante artérielle



L’artériopathie, quand elle atteint un certain degré de sévérité, va engendrer une ischémie des tissus, empêchant le renouvellement cellulaire et donc la cicatrisation.

L’évaluation du statut artériel commence par la prise des pouls périphériques (pouls pédieux et tibial postérieur).
La mesure de l’IPS (index de pression systolique) permet de diagnostiquer une artériopathie.
L’IPS est mesuré à l’aide d’un doppler de poche et d’un brassard à tension manuel. Il se calcule en réalisant un rapport entre la tension systolique artérielle de cheville et la tension systolique artérielle du bras.
Si le résultat obtenu est entre 0,9 et 1,3, il n’existe par d’artériopathie significative participant au trouble trophique.
En cas d’IPS supérieur à 1,3, les artères de jambe du patient sont calcifiées et incompressibles et il n’est pas possible de conclure sur la présence d’une ischémie du membre. Dans ce cas, des explorations complémentaires doivent être réalisées comme la mesure transcutanée en oxygène (TcPO2) ou une mesure de pression d’orteils. Dans les deux cas, un résultat inférieur ou égal à 30 mmHg correspond à une artériopathie sévère avec ischémie du membre.
En cas d’IPS entre 0,9 et 0,6 il existe un artériopathie significative sans ischémie tissulaire. Si l’IPS est inférieur à 0,6, l’ischémie du membre est sévère et doit faire envisager rapidement une revascularisation pour limiter le risque d’amputation.
Ces observations cliniques sont accompagnées d’examens complémentaires en cas d’atteinte artérielle comme l’échographie doppler et si besoin d’artériographie plus ou moins associée à une revascularisation périphérique.

2.2 Composante infectieuse

L’infirmier(ère) doit évaluer le risque d’infection par le biais de signes cliniques : rougeur, chaleur, oedème, douleur, odeur, exsudats teintés, ganglions satellites et fièvre. Si au moins deux signes sont présents, le risque infectieux est avéré et des prélèvements biologiques doivent être réalisés, soit par prélèvements tissulaires (tissus mous ou os) soit par hémocultures en cas de fièvre. Ces prélèvements mettent en évidence les bactéries responsables de l’infection et guident le médecin dans son choix de l’antibiothérapie à mettre en place.

2.3 Évaluation standard de la plaie


La plaie du pied diabétique, comme toute plaie, doit être évaluée localement : superficie (mesure des plus grands axes de façon perpendiculaire), profondeur de la plaie à l’aide d’un stylet par exemple, atteinte des tissus dits nobles (les tendons, l’articulation ou l’os), qualité tissulaire (échelle colorielle), quantité d’exsudats (de 0 à ++++), qualité des exsudats et peau périlésionnelle.

Une prise de photo permettra un suivi d’évaluation plus objectif.
L’évaluation de l’atteinte artérielle, infectieuse et des caractéristiques de la plaie permet d’estimer le risque d’amputation, grâce à la classification de Texas (voir tableau).

2.4 Classification des plaies du pied chez le patient diabétique : 


Classification UT (University of Texas)


Ce système de classification est un tableau à double entrée prenant en compte d’une part, la profondeur de l’atteinte (colonne) et d’autre part, la présence ou non d’une infection et/ou d’une ischémie (ligne). Entre parenthèses, sont indiqués les pourcentages de risque d’amputations selon la catégorie de la plaie.



Plus la plaie est superficielle sans atteinte artérielle ou infection, plus le risque est faible. A contrario, plus la plaie est profonde avec ou sans atteinte artérielle ou infection, plus le risque est important.
Chez un sujet âgé porteur de comorbidités lourdes et avec un risque majeur d’amputation, une prise en charge palliative est parfois 

2.5 Composante neuropathique

Le pied diabétique a la particularité de se déformer dans le temps. En effet, la répétition des variations de la glycémie chez les patients mal équilibrés entraînent des atteintes sensitivo-motrices des nerfs.
L’atteinte sensitive neuropathique est évaluée par le test au mono filament. Ce test permet de diagnostiquer la perte de sensibilité au niveau des pieds. En cas de perte de la sensibilité, le patient est à risque d’ulcération du fait de la perte du signal d’alarme qu’est la douleur


L’atteinte motrice entraîne une perte musculaire. Les muscles ne soutiennent plus correctement les articulations et les os. La statique du pied est alors modifiée et des zones d’hyper-appui apparaissent. Ces zones d’hyper-appui se couvrent d’hyperkératose, laquelle joue le rôle d’un corps étranger et vient blesser les tissus sous-jacents, faisant le lit de la plaie.
En synthèse, un pied diabétique neuropathique pourra être suspecté par l’infirmier(ère) en présence d’un pied présentant des déformations (pied creux, pied de Charcot, orteils en griffe…) et/ou d’hyperkératose massive sur les zones d’appui.

3. Prise en charge d’une plaie du pied diabétique



La gravité d’une plaie chez le patient diabétique est marquée par la présence d’une ischémie ou d’une infection associée. La survenue d’une plaie chez un patient diabétique est une urgence médicale. Des recommandations ont été émises par la Haute autorité de santé (HAS) en 2007, concernant la conduite à tenir devant la découverte d’une plaie du pied chez un patient diabétique.

3.1 Décharger la plaie



En premier lieu, il faut rechercher, identifi er et supprimer le facteur déclenchant de la plaie : corps étranger,  chaussure inadaptée, ongles trop longs… puis décharger la plaie. En effet, une plaie neuropathique non déchargée est une plaie non soignée.

Le patient doit être adressé dans les 48 heures à un centre spécialisé comportant une équipe multidisciplinaire coordonnée par un médecin. Le but est de dépister précocement les plaies ischémiques et/ou infectées et d’en assurer une prise en charge rapide et efficace par revascularisation et/ou antibiothérapie pour limiter le risque d’amputation.

La plaie non compliquée par une ischémie ou une infection du pied diabétique cicatrise en trois semaines environ si la décharge est bien réalisée.
Le facteur essentiel d’une plaie non compliquée est donc la mise en place d’une décharge adaptée : double hydrocellulaires superposés dont un troué en regard de la plaie, semelle de décharge, orthoplasties, chaussures de décharge d’avant pied ou de talon selon la localisation de la plaie. Des dispositifs plus complexes nécessitant un travail de coopération interprofessionnel peuvent être nécessaires : dispositif transitoire d’aide à la cicatrisation personnalisée (DTACP) ou plâtre de décharge.
La prise en charge locale d’une plaie diabétique en première intention est simple et fait appel à des pansements de type tulles ou hydrocellulaires.
L’utilisation d’antiseptique est proscrite : un antiseptique doit toujours être rincé après utilisation et ne doit jamais être laissé en place du fait de la toxicité cellulaire et du retard de cicatrisation qu’il peut engendrer. De même tous les produits colorants comme l’éosine sont à bannir.
L’inspection du pied controlatéral est primordiale car les patients diabétiques ne souffrent pas, du fait de la neuropathie, et donc banalisent les lésions potentielles. Une plaie peut en cacher une autre !
Les zones kératosiques doivent faire l’objet d’une détersion mécanique minutieuse à l’aide d’un scalpel ou d’une curette afin de mettre la zone à plat et éviter l’effet corps étranger de la présence de la kératose.


3.2 Vérifier les apports alimentaires


Par ailleurs, le patient porteur de plaies a des besoins nutritionnels augmentés. En effet, une plaie entraîne un hypercatabolisme avec augmentation des besoins en protéines de 1.2 à 1.5g/Kg/jr (normale de 1g/Kg/jr). Les apports alimentaires doivent donc être enrichis en protéines, tout en conservant un équilibre relatif afin de pas perturbé les résultats glycémiques. L’équilibre glycémique est nécessaire à la bonne évolution de la plaie.


3.3 Conseiller pour éviter le risque de récidive



Une fois cicatrisé, le rôle de l’infirmier n’est pas terminé. En tant qu’interlocuteur privilégié, l’infirmier a une place importante dans la prévention secondaire et l’éducation du patient (rôle propre du décret professionnel).
Il doit dispenser des conseils simples et vérifier leur bonne compréhension et application par le patient pour limiter le risque de récidive.
Le patient ayant une neuropathie ou ayant eu un trouble trophique doit bénéficier de soins de pédicurie réguliers, pris en charge par la caisse de sécurité sociale. Selon le risque et/ou l’atteinte, le nombre de soins varie de deux à six par an. Une condition, cependant, le pédicure-podologue doit avoir été formé à la prise en charge du pied diabétique. Les soins sont réalisés sur ordonnance médicale.

Conclusion

La prise en charge d’une plaie du pied diabétique est multifactorielle, elle nécessite donc un travail d’équipe coordonné afin d’être efficient. Une meilleure connaissance des recommandations permet une prise en charge optimale de ce type de plaies.
« Time is tissue » pourrait être l’illustration des recommandations de la Haute Autorité de Santé en termes de prise en charge d’une plaie du pied diabétique.
Les centres spécialisés sont encore peu nombreux, et mal recensés, ce qui explique un fréquent retard à la prise en charge optimale de ces patients à risque. Un travail de transparence et de description de parcours de soin est en cours entre les spécialistes médicaux, paramédicaux et les tutelles.

Bibliographie

1. Halimi S, Benhamou PY, Charras H. Le coût du pied diabétique. Diabete Metab, 1993, 19, 518-522.
2. Most RS, Sinnock P. The epidemiology of lower extremity amputations in diabetic individuals. Diabetes Care, 1988, 6, 87-91.
3. Apelqvist J, Ragnarson-Tennwall G., Persson U, Larsson J. Diabetic foot ulcer in a multidisciplinary setting. An economic analysis of primary healing and healing with amputation. Intern Med 1994, 235, 463-471.
4. Logerfo FW & Gibbons GW. Ischemia in the diabetic foot: modern concepts and management. Clin Diab 1989, 72-74.
5. Wagner FW. The diabetic foot. Orthopedics, 1987, 10, 163-172.
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7. Drees – Les lésions des pieds chez les patients diabétiques adultes – n°473 – mars 2006

Sandrine Ramos-Latger, cadre infirmière expert plaies et cicatrisation,
Fabienne Creach, Infirmière DU Plaies et cicatrisation,
Sandie Gisquet, Infirmière,
Prisca Halgand, Infirmière,
Centre de cicatrisation, Clinique Pasteur Toulouse;

Cet article est paru dans le numéro 27 ActuSoins magazine
(Dec/Janv/Fev 2018).

http://www.actusoins.com/303106/plaies-du-pied-diabetique-que-faire.html

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