mercredi 21 mars 2012

Nice Congrès annuel de la Société Francophone du Diabète SFD

NICE CONGRÈS DIABÈTE - C'est la deuxième fois que Nice a l’honneur et le plaisir d’accueillir au Palais Acropolis le Congrès annuel de la Société Francophone du Diabète. Après le congrès de 2004 qui s'appelait alors Alfediam c'est du 20 au 23 mars 2012 que la Riviera Côte d'azur réunira sous la présidence du Pr Alexandre Fredenrich près de 4 500 participants (médicaux, paramédicaux et industriels) en provenance des pays francophones de tous les continents.
Bâti avec le conseil scientifique de la SFD, le programme permettra à chacun, clinicien, chercheur, soignant, de trouver et partager, dans le domaine du diabète et du métabolisme, connaissances, repères et surtout matière à réflexion.

« Dans tous les pays européens mais également en Afrique et au Moyen Orient, le diabète devient un, voire le problème majeur de santé publique. Les professionnels de santé attendent des actions tangibles, un lieu de partage, de réflexion, de recherche, d'aide à la formation. La SFD entend bien répondre à ces besoins notamment au travers de son congrès annuel », explique le Pr Michel Marre, président de la Société Francophone du Diabète.
C’est l’occasion de faire le point sur la maladie en termes de prise en charge et d’éducation thérapeutique des patients, mais aussi de recherche médicale et d’enjeux de société.
« Quatre jours d’échanges autour d’un programme scientifique riche et des débats toujours plus pertinents sur les dernières nouveautés afin de promouvoir la recherche et la connaissance dans les domaines de la diabétologie et des maladies métaboliques, sans oublier la journée consacrée aux paramédicaux», précise le Pr Pascal Ferré, Président du conseil scientifique de la SFD.
Une hausse continue, en lien avec le vieillissement de la population et l’obésité
La prévalence du diabète en France a augmenté de 6 % par an entre 2000 et 2009 et s’établit désormais à 4,4 % de la population générale, ce qui correspond à 2,9 millions de malades en 2009 (source : Institut National de Veille Sanitaire). Les deux facteurs de risques que sont le vieillissement de la population et l’augmentation de l’obésité contribuent à parts égales à l’augmentation du diabète de type 2, forme la plus fréquente avec 92 % des cas. Problème majeur de santé publique, le diabète se traduit par une augmentation du taux de sucre dans le sang pouvant entraîner des complications gravissimes comme la cécité, l’amputation, les maladies cardiovasculaires, rénales, etc. 
« La population vieillit, la précarité augmente ainsi que l’obésité, il est donc normal que le diabète traité augmente également, observe le Pr Sébastien Czernichow, médecin nutritionniste au CHU Ambroise Paré (Boulogne-Billancourt). Mais une prise de conscience à la fois des patients et des médecins amène à une meilleure prise en charge et une meilleure prévention. » 

Grossesse et diabète : un risque élevé de complications pour la mère et l’enfant
Parmi les évolutions inquiétantes, l’augmentation de la prévalence du diabète gestationnel est continue et homogène sur l’ensemble du territoire. Ce diabète apparaît chez les femmes enceintes en cours de grossesse et de nouveaux critères de diagnostic et de dépistage montrent qu’il concerne aujourd’hui 15 % des grossesses. Les conséquences s’expriment pour la mère et l’enfant en termes de « morbidité materno-fœtale », soit des risques de macrosomie (plus de 4 Kg à terme) du nourrisson, de césarienne, d’enfant hypoglycémique, etc. En outre, ces femmes présentent un risque multiplié par 7 de développer un diabète de type 2. « Nous savons qu’une prise en charge adaptée (précoce et intensive) réduit les complications à court terme, explique le Pr Anne Vambergue, diabétologue au CHRU de Lille. La difficulté est l’adéquation des moyens, à la fois dans les services de diabétologie et d’obstétrique, pour faire face à cette prise en charge. »
Prise en charge : meilleur suivi et éducation thérapeutique du patient
Les progrès de la télémédecine permettent aujourd’hui au patient diabétique, grâce à un logiciel embarqué dans son smartphone, d’avoir sa prescription médicale automatisée avec lui, d’entrer ses mesures de glycémie et d’obtenir des recommandations pour ajuster la dose d’insuline à injecter en fonction de la glycémie du moment, le repas ou l’activité prévue. « Il s’agit d’un système automatique d’analyse et d’alerte intelligente, avec un aspect téléconsultation puisque toutes les données sont transmises au médecin », souligne le Dr Guillaume Charpentier, endocrinologue au Centre Hospitalier Sud Francilien. A terme, un véritable « pancréas artificiel » permettra de remplacer la fonction défaillante de cet organe chez les malades et de délivrer automatiquement l’hormone insuline à l’aide de pompes reliées à la mesure de la glycémie. 
Quant à l’éducation thérapeutique, elle vise à rendre le patient mieux armé et plus autonome dans la prise en charge de sa maladie. Selon le Dr Guillaume Charpentier, c’est « l’art d’apprendre au patient les fondamentaux de sa maladie, mais l’éducation thérapeutique agit surtout sur la motivation ». 

Recherche médicale : thérapies cellulaires et « retour » du glucagon
Dans le diabète de type 1, les cellules du pancréas qui produisent l’insuline (cellules B ou bêta) sont absentes (détruites par le système immunitaire). Dans le type 2, ces cellules bêta sont présentes mais fonctionnent mal, puis s’épuisent à mesure de la progression de la maladie. Une solution consiste à remplacer les cellules absentes ou défaillantes par des cellules intactes. Celles-ci peuvent être obtenues par plusieurs méthodes, en particulier la différenciation de cellules souches. 
« La majeure partie des thérapies cellulaires imaginées aujourd’hui concernent le diabète de type 1 », explique le Dr Bertrand Blondeau. « C’est la maladie la plus handicapante car les injections d’insuline permettent aux patients de vivre mais n’apportent pas un confort de vie suffisant. Cependant, ces recherches ont également un intérêt majeur pour le diabète de type 2 ».
Plusieurs démonstrations expérimentales ont été effectuées en laboratoire, et les essais cliniques pourront démarrer chez l’homme dans quelques années. 
Une autre voie de recherche porte sur l’hormone antagoniste de l’insuline : le glucagon. « Nous savons depuis les années 1970 que dans toutes les formes de diabète il existe non seulement un déficit en insuline mais aussi des taux circulants excessifs de glucagon, explique le Pr Pierre Lefèbvre, président de la World Diabetes Foundation. Jusqu’à présent, la physiopathologie du diabète était focalisée sur l’insuline, mais l’hormone naturelle antagoniste de l’insuline semble être secrétée en excès dans toutes les formes de diabète et cet aspect des choses a été quelque peu négligé ». 
Progression du diabète, augmentation de la prévalence du diabète gestationnel, avancées de la recherche médicale, éducation thérapeutique du patient : 
le Congrès annuel de la Société Francophone du Diabète fait le point à Nice, du 20 au 23 mars 2012.

Programme complet et détaillé Congrès annuel de la Société Francophone du Diabète

À propos de la Société Francophone du Diabète
Comme toute société savante, la Société Francophone du Diabète (SFD) a pour vocation essentielle de garantir la qualité des pratiques et la progression des savoirs dans le domaine du diabète, mais aussi des maladies métaboliques, de l’obésité et de la nutrition. Référence sur ces thèmes dans le monde francophone, la SFD organise des réunions scientifiques, soutient la recherche et a octroyé un label à la revue de langue française Médecine et Maladie Métaboliques. L’anglais étant cependant la langue internationale de la science, la SFD édite la revue Diabetes & Metabolism afin de pouvoir échanger et partager les connaissances avec les spécialistes du monde entier. Elle travaille en partenariat étroit aussi bien avec les associations de patients qu’avec les interlocuteurs institutionnels et privés, et organise deux rendez-vous annuels majeurs : le Congrès et la Journée Thématique.
La SFD apporte son soutien à la recherche pré-clinique et clinique en attribuant seule ou en partenariat avec des firmes pharmaceutiques des allocations et bourses de recherche pour de jeunes chercheurs, des équipes hospitalières ou des cliniciens et chercheurs confirmés. 
 
 http://www.nicerendezvous.com/car/2012032010367/nice-congres-annuel-de-la-societe-francophone-du-diabete.html