mercredi 1 octobre 2014

Réseau Diabète : 2.500 patients en dix ans

01/10/2014 05:35

Le docteur Régis Piquemal. - Le docteur Régis Piquemal. - (Photo archives NR)
Médecin diabétologue au centre hospitalier de Blois, le docteur Régis Piquemal a participé voici tout juste 10 ans à la création du Réseau Santé Nutrition Diabète 41.
Pourquoi ce réseau ?
Régis Piquemal. « En 2004, la création du Réseau Santé Nutrition Diabète 41, subventionnée par l'Agence régionale de santé,était liée à l'explosion du nombre des patients diabétiques et à la nécessité de les aider… »
Il y aurait en France plus de 3,5 millions de personnes touchées par le diabète ?
« On estime que la population compte plus de 5 % de personnes diabétiques. Et le Loir-et-Cher, rural, avec une moyenne d'âge élevée, est dans la partie haute avec 17.000 à 18.000 personnes touchées. On considère que trois facteurs influent : l'âge, l'obésité et les catégories socioprofessionnelles. En France, plus d'un tiers des diabétiques gagnerait moins de 1.200 € par mois… »
Le Réseau Santé Nutrition Diabète a donc été créé pour les aider…
« Il s'agissait d'élargir l'offre de soin et l'accès à l'éducation thérapeutique ; d'apporter aux patients les apprentissages utiles pour se débrouiller au jour le jour avec une maladie qu'ils vont garder 10, 20 ou 30 ans (apprendre les médicaments, à contrôler ses glycémies…) Et de faire en sorte qu'ils la vivent le mieux possible. Il y a là-dedans tout ce qui concerne la diététique aussi, et notamment la perte de poids. Mieux manger, bouger… Ça ne marche pas sur des incantations mais avec des apprentissages, parfois pratiques… Au réseau, nous avons, par exemple, un atelier où l'on fait les courses. »
Le réseau peut aussi avoir un rôle de coordination des soins ?
« Oui. On est parfois face à des patients complexes, qui ont des pathologies associées, avec des besoins multiples de prises en charges. Il y a alors besoin d'une coordination, des rendez-vous, des conclusions. C'est utile au patient et à son médecin traitant. »
De nombreuses casquettes pour de petites équipes ?
« Il y a 4 diabétologues à l'hôpital de Blois, un à Vendôme et seulement un endocrinologue dans le secteur libéral. Le Loir-et-Cher est exceptionnellement peu pourvu… Le réseau offre en plus un demi-poste de médecin, puis des diététiciennes, des infirmières… En 10 ans, nous avons pris en charge 2.500 patients. »
Ce qui ne fait pas tant que cela…
« Seuls le Réseau et les hôpitaux de Blois et Vendôme sont habilités à l'éducation thérapeutique… A nous trois, on a peut-être vu 5.000 personnes. Ça veut dire que 2/3 des diabétiques passent au travers… »
Et pourtant, l'éducation thérapeutique a fait ses preuves ?
« Oui, les gens vivent mieux leur maladie et ont de meilleurs résultats en terme d'équilibre de leur diabète… »
Comment, alors, être encore plus efficace ?
« Aujourd'hui, ceux qui arrivent jusqu'à nous ont déjà de nombreuses années de diabète derrière eux. Or, plus l'on est jeune dans la maladie, plus on est accessible à l'éducation. On voudrait donc pouvoir intervenir plus près du diagnostic. Ensuite… le réseau est installé à Blois, avec une antenne à Romorantin et une à Vendôme. On n'a aucun intérêt à être 50 à y travailler. Par contre, depuis peu, on a contribué à former les médecins généralistes de Saint-Georges-sur-Cher à l'éducation thérapeutique. Et c'est sûrement cela qu'il faut poursuivre : former les professionnels de santé sur le territoire pour aller au plus près des patients. »
Réseau Santé Nutrition Diabète 41, 27, rue Jacqueline-Auriol, à Blois. Tél. 02.54.45.25.30. www.reseaudiabete41.fr
Propos recueillis par E.P.
http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2014/10/01/Reseau-Diabete-2.500-patients-en-dix-ans-2065408