mercredi 1 octobre 2014

Début de grossesse et diabète : quel taux d'HbA1c ?

 

contrôle diabète gestationnel
Un seuil de 5,9% d'hémoglobine glyquée permet notamment d'identifier les femmes à haut risque nécessitant une attention particulière au cours de leur grossesse.


Ruth Hughes du Christchurch Women's Hospital (Nouvelle-Zélande) et ses collègues ont analysé les données de 16 122 femmes, enceintes entre 2008 et 2010. Le taux d'hémoglobine glyquée a été mesuré à 47 jours de grossesse en médiane. Un taux supérieur ou égal à 6,5%, seuil de définition actuelle du diabète, a été retrouvé chez 33 femmes (0,2%). Un test de tolérance orale au glucose (OGTT) a été proposé avant la 20ème semaine de grossesse à 4 201 femmes mais seules 974 ont accepté de le faire.
Un taux d'HbA1c supérieur ou égal à 5,9% a identifié les 15 femmes remplissant les critères de définition d'un diabète selon l'OGTT. Sept d'entre elles présentaient un taux d'HbA1c inférieur à 6,5%. Ce seuil de 5,9% avait une sensibilité de 100% pour le dépistage d'un diabète, une spécificité de 97,4%, une valeur prédictive positive de 18,8% et négative de 100%. Il avait une moindre sensibilité pour le dépistage du diabète gestationnel (18,8%) mais une forte spécificité (98,4%), avec une valeur prédictive positive de 52,9% et négative de 92,8%.
Outre les risques de diabètes, ce seuil a identifié les femmes à risque de complications gestationnelles. Avec un taux d'HbA1c d'au-moins 5,9%, les risques relatifs d'anomalie congénitale majeure, de pré-éclampsie, de dystocie des épaules ou de décès périnatal étaient au moins deux fois plus élevés qu'avec un taux inférieur (respectivement 2,67, 2,42, 2,47 et 3,96). Les résultats des tests de tolérance orale au glucose proposés en postnatal aux femmes ayant rempli les critères de diabète gestationnel au cours de leur grossesse suggèrent en outre que les femmes ayant un taux d'HbA1c compris entre 5,9% et 6,4% en début de grossesse sont à haut risque de diabète et d'intolérance au glucose en postpartum.
Un seuil de 5,9% permet ainsi d'identifier les femmes à haut risque nécessitant une attention particulière au cours de leur grossesse mais aussi un suivi en postpartum, estiment les auteurs.