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jeudi 28 août 2014

Une étude révèle que les risques de diabète diffèrent selon les ethnies

KATHRYN DOYLE, NEW YORK
Conformément aux résultats d'une nouvelle étude, des chercheurs proposent que les critères définissant l'obésité diffèrent selon les populations pour pouvoir prévenir les risques de diabète assez tôt.

L'Indice de masse corporelle (IMC) est une unité de mesure du poids en fonction de la taille qui est utilisée pour évaluer les risques de santé. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) parlent de surpoids lorsque l'IMC se situe entre 25 et 29,9 et d'obésité lorsque l'IMC est de 30 et plus. Cependant, ces fourchettes sont principalement applicables aux Blancs, comme l'a noté l'Organisation mondiale de la santé (OMS), rapporte le Dr Naveed Sattar à Reuters Health. «Mais peu de personnes admettent vraiment cela», dit-il. Des institutions comme l'OMS et les CDC doivent pourtant adopter les fourchettes d'IMC propres à différentes ethnies afin de détecter s'il y a surpoids ou obésité. Sattar a travaillé sur l'étude à l'Institut des sciences médicales et cardiovasculaires de l'Université de Glasgow au Royaume-Uni. Lui et son équipe ont analysé les données de quelque 500 000 Britanniques d'âge moyen, dont 96 % de Blancs. Les 4 % restants étaient Asiatiques du sud, Noirs ou encore Chinois. 5 % du groupe, soit environ 25 000 personnes, était diabétique, selon les résultats publiés dans Diabetes Care.

De nouveaux seuils d'IMC ont été définis en fonction des différentes ethnies 

A la différence des Blancs, les autres individus étaient au moins deux fois plus susceptibles d'avoir du diabète. Les taux de diabète des Blancs ayant un IMC de 30, seuil de l'obésité le plus bas, étaient égaux à ceux des Asiatiques du sud ayant un IMC de 22, des Noirs ayant un IMC de 24, des Chinoises ayant un IMC de 24 et des Chinois ayant un IMC de 26. Les résultats étaient similaires lorsque les chercheurs ont examiné le tour de taille : les individus non Blancs étaient susceptibles d'avoir du diabète dès certains tours de taille moins élevés que ceux des Blancs. En 2013, le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) (Institut national pour la santé et l'excellence des soins) en Grande-Bretagne recommandait de nouveaux seuils d'IMC afin d'intervenir à temps chez les individus faisant partie de minorités ethniques, dont ceux de descendance africaine, des Caraïbes et asiatique. Le groupe a indiqué un risque plus élevé de maladies chroniques à un IMC de 23 et plus et un risque élevé de maladies chroniques à partir d'un IMC de 27 pour ce type de personnes.

Aider les professionnels de santé et les patients à agir au plus tôt 

«Les documents d'orientation et d'information donnent des recommandations aux services de santé et au gouvernement local», a déclaré par mail à Reuters le Dr Tonya Gillis, responsable relation médias au NICE. Elle note que ces informations sur la santé publique ne s'appliquent qu'aux standards anglais et non internationaux. Selon les chercheurs, une association de facteurs génétiques et environnementaux joue certainement un rôle, mais des questions demeurent. La nouvelle étude ainsi que d'autres montrent que l'indice d'obésité des Asiatiques en particulier devrait être réévalué, note Sattar.

Le rapport prend en compte de nombreux individus mais ne concerne qu'un point dans le temps, ajoute ce dernier. Ces résultats devraient être confirmés par une autre étude effectuée sur une plus longue période et portant sur un autre groupe de personnes, dit-il.

Etablir des fourchettes qui puissent définir l'obésité en fonction des ethnies est important pour que les médecins sachent que les risques de diabète peuvent être plus élevés à partir d'un IMC plus bas pour certaines ethnies. Ils pourront ainsi donner des conseils pour un mode de vie plus sain, précise Sattar. «Si une population donnée est plus susceptible de développer des maladies graves, il est alors essentiel de mettre en avant tout facteur de risque pertinent qui puisse aider les professionnels et les individus affectés à agir le plus tôt possible», dit Gillis.
http://www.zamanfrance.fr/article/etude-revele-que-risques-diabete-different-selon-ethnies-11528.html