dimanche 22 décembre 2013

ASTRAZENECA : ASTRAZENECA traite son diabète mais ne résoud pas sa crise de croissance - Plus Europe

Dow Jones Plus

Helen Thomas,
THE WALL STREET JOURNAL
LONDRES (Dow Jones)--Le britannique AstraZeneca (AZN.LN) est manifestement un bec sucré, mais ses concurrents surveillent eux aussi les opportunités qui se présentent sur le marché du diabète.
Le laboratoire pharmaceutique a annoncé jeudi qu'il allait racheter la participation de l'américain Bristol-Myers Squibb (BMY) dans leur coentreprise spécialisée dans les traitements du diabète, pour un montant pouvant aller jusqu'à 4,3 milliards de dollars en fonction de la réalisation de certains objectifs. L'opération est pertinente, mais Astra augmente ainsi son exposition à un segment férocement concurrentiel.
Le groupe britannique n'avait pas vraiment le choix. Bristol souhaite réduire ses investissements dans le diabète pour se concentrer sur des domaines comme l'oncologie, le VIH et les maladies inflammatoires, alors qu'AstraZeneca a placé son activité antidiabétique au coeur de sa stratégie de retour à la croissance, toujours entravée par des expirations de brevets. De fait, les patients qui prennent les médicaments anticholestérol du groupe sont susceptibles d'avoir besoin de traitements contre le diabète.
Dépréciation de 1,7 milliard de dollars
Ce marché croît rapidement, mais il devient également plus concurrentiel. S'il n'existait en 2010 qu'une poignée de traitements contre le diabète de type 2, ils devraient être plus d'une vingtaine en 2014, indique Société Générale. Et les types de traitement disponibles avant que les patients aient besoin d'insuline se multiplient, avec une gamme allant des médicaments à prise orale, comme l'Onglyza d'AstraZeneca aux injections, comme son Bydureon.
Le portefeuille d'AstraZeneca couvre l'ensemble de ces catégories, mais il est inquiétant de voir que le groupe a dû passer jeudi une charge de dépréciation de 1,7 milliard de dollars à cause des ventes décevantes du Bydureon, qui pourrait pâtir de la concurrence du Victoza, produit par le laboratoire danois Novo Nordisk (NOVO-B.KO). Les deux médicaments risquent à leur tour d'être pénalisés à compter de 2015 par la concurrence du traitement à prise hebdomadaire de l'américain Eli Lilly (LLY).
Prix raisonnable
Astra n'a pas fait beaucoup d'efforts pour justifier le prix payé. Le britannique a refusé de donner des précisions sur les éventuelles économies liées à l'opération; et celle-ci n'aura aucun effet relutif l'an prochain.
Le montant de 2,7 milliards de dollars déboursé pour acquérir la participation de son partenaire dans la coentreprise semble néanmoins raisonnable, même si les actifs de la joint-venture ne sont pas rentables. En ajoutant 1,6 milliard de dollars de versements liés au franchissement d'étapes clés, le prix atteint environ cinq fois le chiffre d'affaires de cette année.
Ce renforcement dans le segment du diabète ne peut qu'aider la croissance d'AstraZeneca, mais ses ventes devraient néanmoins continuer à reculer au cours des quatre prochaines années, estime Sanford C. Bernstein. Ce traitement renforcé ne suffira sans doute pas aux actionnaires d'AstraZeneca pour faire le plein d'énergie.
-Helen Thomas, The Wall Street Journal
(Version française Emilie Palvadeau)
Dow Jones Newswires