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dimanche 26 mai 2013

TYPE 1 OU TYPE 2 : QUELLES DIFFÉRENCES ?

Le diabète de type 1, qui atteint surtout les jeunes, est dû à une destruction des cellules fabricants l’insuline servant à réguler la glycémie, par un processus auto-immun*. Alors que ce diabète est marqué par un manque réel d’insuline, le type 2 est caractérisé par une insulino-résistance, autrement dit une diminution de la sensibilité à l’insuline qui, de ce fait, perd de son efficacité. Conséquence : elle finit par s’épuiser, puis à manquer Au final, au bout de vingt ou trente ans, les deux diabètes se rejoignent par le manque d’insuline.
Le grand problème du diabète de type 2 est qu’il peut rester méconnu pendant dix-quinze ans parce que la glycémie est très modérément élevée et qu’il n’y a aucun symptôme. Découvert le plus souvent à partir de la cinquantaine, il est souvent diagnostiqué à un stade déjà avancé, quand les signes apparaissent (fatigue inhabituelle, soif exagérée, besoin fréquent d’uriner, dans 15% des cas environ) ou au décours de complications, notamment cardiaques.
Le diabète de type 1, quant à lui, est marqué par un début très brutal et s’accompagne de perte de poids, grande soif, envie d’uriner beaucoup, glycémie très élevée. « Contrairement au diabète de type 2, il ne progresse pas de manière silencieuse. Il évolue très rapidement, en l’absence de diagnostic, vers un tableau qui peut mettre en jeu le pronostic vital », signale Claire Le Tallec, pédiatre diabétologue à l’hôpital des enfants de Toulouse.

* Le corps ne se reconnaît plus et détruit ses propres cellules.

Quelles sont les complications du diabète ?

Quel que soit le type de diabète, l’excès chronique de glucose dans le sang finit par engendrer des lésions au niveau des tissus, des vaisseaux sanguins et des nerfs. Être diabétique expose ainsi à un risque élevé de diverses complications, d’autant plus si la maladie est mal contrôlée ou non soignée. L’atteinte des gros vaisseaux se traduit par la formation de plaques d’athéromes et le rétrécissement des artères coronaires (athérosclérose). Le diabète augmente, de fait, par deux à quatre le risque de développer une maladie cardiovasculaire. Les lésions des micro-vaisseaux peuvent, quant à elles, mener à l’insuffisance rénale. Une rétinopathie peut, en outre, survenir du fait de l’altération des vaisseaux de la rétine et pouvant conduire à la cécité. Par ailleurs, l’atteinte des nerfs entraîne une diminution de la sensibilité à la douleur et à la chaleur (neuropathies), tout particulièrement au niveau des pieds, ce qui favorise les lésions (plaies, infections). Un diabétique présente d’autre part une plus grande susceptibilité aux infections gingivales et dentaires. Enfin, le diabète de type 1 expose de plus à des complications à court terme : l’acidocétose et l’hypoglycémie sévère.

Qu’est-ce que le diabète gestationnel et quels sont ses risques ?

Selon la définition de l’OMS, « le diabète gestationnel  est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse ». Survenant chez la femme enceinte vers la fin du deuxième trimestre, il peut durer le temps de la grossesse ou être révélateur d'un diabète antérieur. Il atteint 10 % des femmes.
Le risque à court terme est que l’enfant soit de poids supérieur à 4 kg à terme, ce qui peut entraîner des complications obstétricales, des césariennes. On compte en outre un risque majoré d’hypertension gravidique pour la mère. Plus tard, 30 % des femmes vont développer un diabète de type 2. « Le diabète gestationnel est un facteur prédictif très fort de la maladie diabétique », indique Jean-Jacques Altman, chef du service de diabétologie de l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Un risque existe aussi pour l’enfant, celui d’une prédisposition à l’obésité et à ses complications métaboliques. Il est donc primordial de rechercher le diabète pendant la grossesse. Une fois sur deux, il existe des facteurs de risque : le surpoids, l’âge (plus de quarante ans), les antécédents familiaux (mère diabétique), une prise de poids conséquente au premier trimestre (plus de 20 kilos).

Comment évaluer son risque de diabète ? Quand le dépister ?

On peut être diabétique et ne pas le savoir. Cependant, certaines caractéristiques comme l’hérédité (parents diabétiques), le comportement (manque d’exercice physique), les habitudes alimentaires (aliments riches en calories et en graisses), des pathologies (cholestérol, hypertension), le surpoids peuvent être des indicateurs. « La recommandation consensuelle est de rechercher le diabète à l’âge « mûr », dès quarante-cinq/cinquante ans, surtout en cas de surpoids et d’antécédents familiaux de diabète, ou encore si on a de l’hypertension ou du cholestérol, des facteurs de risque très souvent associés au diabète », indique Jean-Jacques Altman, diabétologue. L’apparition de symptômes évocateurs ou la découverte d’une complication liée à un diabète méconnu impose également sa recherche. « Une autre recommandation pourrait être de ne faire aucun dépistage mais d’avoir toute sa vie une alimentation saine, une activité physique significative et un poids normal et stable », déclare le spécialiste.

Une maison pour les diabétiques

Créée avec le soutien de la MGEN et de l’Assurance maladie, la Maison du Diabète, Obésité et risque Cardiovasculaire (M D.O.C.) est un lieu d'accueil, d'écoute, d'information, d'éducation et d'accompagnement pour les personnes diabétiques, obèses et à risque cardiovasculaire. Elle propose notamment tout un ensemble de services gratuits* qui vont de l’accueil individuel aux ateliers de groupe en passant par l’information, la documentation, les groupes de discussion. Plusieurs thèmes sont proposés dans les ateliers de groupes : infirmier, diététique, podologie, sophrologie, activités physiques. Y interviennent divers professionnels tels des diététicien(ne)s, infirmier(ère)s, éducateurs(trices) médico-sportif(ve)s, podologues, psycho-praticien(ne)s, sophrologues. « Nous accompagnons les personnes sur un parcours d’un an, pour leur permettre de se prendre en charge, d’être autonomes », indique Jacqueline Fillias, diabétique et patient expert au sein de la structure. L’orientation vers tel ou tel atelier se fait à la suite d’un entretien de diagnostic partagé avec un professionnel de santé. « Cet entretien permet de savoir ce que sait ou ne sait pas la personne et ce que l’on peut mettre en place pour lui permettre d’acquérir des connaissances », explique Jacqueline Fillias. Un programme de motivation, intégrant la sophrologie, a été développé pour optimiser le parcours. « On y travaille notamment la gestion du stress, l’estime de soi, la construction d’un projet de vie », précise Jacqueline Fillias.
*sauf pour les séances de sophrologie (une participation est demandée).
Pour plus de renseignement : mdoc75015@maison-diabete.fr

Claire Reuillon