vendredi 12 avril 2013

La rémunération des médecins à la « performance » a trouvé sa place

11/4/13

L’assurance-maladie a rendu public, ce jeudi 11 avril, le bilan à un an du nouveau système de rémunération des médecins libéraux.

Le 1er janvier 2012 est entré en vigueur ce nouveau mode de rémunération des médecins libéraux.

Le 1er janvier 2012 est entré en vigueur ce nouveau mode de rémunération des médecins libéraux.

FRED DUFOUR / AFP


Instauré au 1er janvier 2012, ce dispositif apporte un complément de revenus aux praticiens qui respectent certains indicateurs de santé publique
L’assurance-maladie note des progrès dans le suivi de maladies chroniques et l’informatisation des cabinets. Les généralistes toucheront en moyenne près de 5 000 € cette année.
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Travailler mieux pour gagner plus. Les médecins, visiblement, ont compris tout l’intérêt du système de rémunération à la performance des médecins instauré au début de l’année 2012. Et ils ont plutôt joué le jeu, s’il faut en croire un premier bilan rendu public jeudi 11 avril par l’assurance-maladie. Ce dispositif« marque un tournant décisif dans l’évolution des pratiques », estime la « Sécu », qui se félicite notamment d’une amélioration du suivi des maladies chroniques, en particulier le diabète. Grâce à leur engagement, les généralistes recevront 4 982 € en moyenne cette année. « Ce dispositif, qui suscitait beaucoup de scepticisme au départ, porte ses fruits. Les médecins ont montré leur capacité à faire progresser la santé publique », estime le docteur Michel Chassang, président de la de la CSMF, le principal syndicat de médecins libéraux.

UN COMPLÉMENT DE REVENUS POUR LES MÉDECINS

C’est au 1er janvier 2012 qu’est entré en vigueur ce nouveau mode de rémunération des médecins libéraux, mis en place à l’initiative de l’assurance-maladie et des syndicats médicaux. Une petite révolution. Le principal mode de rémunération des médecins reste certes le paiement à l’acte. Mais ce dispositif instaure un complément de revenus pour des médecins jugés performants dans la bonne organisation de leur cabinet et surtout dans leur pratique médicale. Au total, 39 indicateurs différents ont été créés pour mesurer la capacité des praticiens à atteindre certains objectifs de santé publique. Ces indicateurs sont chiffrés et très concrets : le médecin doit, par exemple, avoir 75 % de ses patients de 65 ans et plus vaccinés contre la grippe saisonnière. Il doit aussi atteindre le chiffre de 80 % de patientes de 50-74 ans bénéficiant d’une mammographie tous les deux ans pour le dépistage du cancer du sein. D’autres indicateurs portent sur un suivi optimal des patients atteints de diabète ou d’hypertension artérielle. Quant à la bonne gestion du cabinet, elle repose notamment l’informatisation ou la tenue du dossier médical. À chaque indicateur correspond un nombre de points attribués au médecin qui conditionne le niveau de son complément de revenus.

DES PROGRÈS DANS L’INFORMATISATION DES CABINETS

Ce jeudi 11 avril, l’assurance-maladie a présenté aux syndicats un bilan à un an du dispositif. Elle se félicite d’abord d’une « progression significative de l’informatisation du cabinet, virage d’autant plus important que la France accusait un retard par rapport à d’autres pays ». « C’est une avancée considérable. En un an et demi, le niveau d’informatisation est passé de 50 % et 70 % », indique le docteur Michel Chassang. Cette informatisation est importante : elle permet une meilleure tenue des dossiers médicaux ainsi qu’une transmission plus rapide des feuilles de soins à l’assurance-maladie. Les médecins peuvent aussi s’équiper de logiciels d’aide à la prescription.
Selon l’assurance-maladie, des progrès sont aussi observés dans le suivi des pathologies chroniques, en particulier le diabète. Depuis 2009 (1), environ 300 000 personnes diabétiques supplémentaires ont bénéficié de dosages d’hémoglobine glyquée, un examen qui permet de suivre l’évolution de la maladie et l’efficacité des traitements. L’assurance-maladie note aussi des résultats encourageants pour la prescription des antibiotiques, des médicaments vasodilatateurs ou des benzodiazépines, un peu en baisse. En revanche, le bilan est « en demi-teinte » sur le volet prévention. Plusieurs indicateurs (dépistage du cancer du sein ou du col de l’utérus, vaccination antigrippe) se stabilisent ou évoluent à la baisse.

4 982 € EN MOYENNE PAR GÉNÉRALISTE

En contrepartie des résultats obtenus, l’ensemble des médecins percevra cette année 3 746 € en moyenne. De leur côté, les généralistes toucheront en moyenne 4 982 € en moyenne. Les généralistes choisis comme médecins traitants par plus de 200 patients percevront en moyenne 5 365 €. Pour 2012, le coût est de 282 millions pour l’assurance-maladie, qui juge toutefois que ce premier bilan valide sa stratégie : encourager les économies (efficience des prescriptions, informatisation des cabinets) pour « mieux financer les actions de prévention et de suivi des pathologies chroniques ».
PIERRE BIENVAULThttp://www.la-croix.com/Actualite/France/La-remuneration-des-medecins-a-la-performance-a-trouve-sa-place-2013-04-11-941297