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samedi 16 mars 2013

Sur la piste du diabète


Une infirmière et une assistante médicale alsaciennes prennent ce samedi le départ du Rallye Aïcha des Gazelles, au Maroc. Mission : promouvoir le dépistage du diabète et combattre les idées reçues liées à cette maladie.

À quelques jours du départ, Barbara Rimlinger est impatiente, même si elle reconnaît ressentir un peu de trac. Le Rallye Aïcha des Gazelles, c'est, pour elle et sa coéquipière, Véronique Klipfel, une aventure qui se prépare depuis 18 mois. L’infirmière coordinatrice de 43 ans, travaillant pour ASDIA, une filiale de soins du Centre européen d'étude du diabète, et l’assistante médicale de 47 ans, spécialiste du sommeil, se sont décidées à participer à cette course dans le désert marocain, où s'affronteront 150 équipages exclusivement féminins.

10% de la population marocaine concernés

Les Diab'less, comme elles se sont surnommées en créant leur association, courront pour défendre la cause de la prévention du diabète. « J'avais envie de faire quelque chose de positif et ludique pour parler de cette maladie », explique Barbara. Ni l'une ni l'autre n'est une adepte des sports mécaniques mais les deux femmes aiment les défis et le concept du Rallye Aïcha des Gazelles les séduit.
« Une association, Cœur de Gazelles, suit la course et réalise près de 5 000 consultations de soins auprès de la population locale », indique l'infirmière. La prévalence du diabète au Maroc se situe autour des 10 %, comme en Alsace, alors qu’elle est de 6 % en moyenne en France. L'idée des Diab'less est de mener des actions de prévention à la fois en Alsace et au Maroc. « Depuis un an, on a déjà réalisé un rallye avant le rallye ! », sourit l'infirmière. Interventions dans des centres socioculturels, auprès de tous leurs partenaires (entreprises, Rotary...), participation au Rallye WRC d'Alsace, où elles ont réalisé pas moins de 150 dépistages... « Organiser une conférence sur le diabète, c'est très bien, mais on touche une population qui est déjà, de près ou de loin, concernée. Alors qu'avoir un stand bien visible avec notre 4X4 au Rallye d'Alsace, c'est une façon de toucher d'autres publics. Et c'est très facile de faire un parallèle entre le fonctionnement d'une voiture et le fonctionnement du corps humain en montrant que le carburant, c'est le sucre. C'est un discours qui passe très bien, notamment auprès des enfants », explique Barbara.

Entraînement militaire

Au Maroc, elles donneront 25 lecteurs de glycémie et échangeront avec les acteurs locaux du diabète pour connaître leurs besoins, car leur objectif est que leur action perdure bien après la course. Barbara et Véronique espèrent aussi profiter de la médiatisation du rallye pour trouver des parrains ou marraines « people » prêts à défendre la cause du diabète. « On voit très peu d'articles sur le diabète dans la presse féminine. Peu de personnalités affichent publiquement qu'elles sont diabétiques, comme cela peut exister pour le sida ou le cancer. Cela peut paraître anecdotique, mais cela aide vraiment les patients à porter leur maladie. » Localement, les deux femmes ont trouvé des soutiens, notamment deux marraines sportives qui les ont « coaché » dans leur préparation.
Les deux aventurières ne se sont pas contentées de décrocher leur formation de franchissement et de conduite dans le sable, mais ont suivi un véritable entraînement militaire grâce aux hommes du 28e groupe géographique de l'Armée de terre, spécialisés dans la cartographie des déserts. Préparation physique, apprentissage des bases de la topographie, de la mécanique sur sable, conseils pour garder son « self-control » en cas de pépin... Les deux Diab'less ont mis toutes les chances de leur côté pour défendre sérieusement la cause du diabète.

Texte et photo: Aurélie Vion