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vendredi 8 mars 2013

Risque de diabète de type 2 : pourquoi la viande rouge ?

Publié le 07/03/2013


La prévalence du diabète de type 2 n’a cessé d’augmenter au cours des dernières décennies, au point de déclencher de nombreuses enquêtes épidémiologiques pour identifier les facteurs de causalité, au demeurant noyés dans un environnement plutôt complexe. Bien évidemment, le régime alimentaire est dans le collimateur et la viande a été clairement citée parmi les coupables présumés. Trois méta-analyses et une étude de cohorte prospective ont d’ailleurs établi une association entre la consommation de viande autre que grillée et le risque de diabète de type 2.
De tous les produits animaux de ce type, c’est certainement la viande rouge, a fortiori mise en sauce ou cuite avec des graisses…animales, qui est la plus en vue, tout en sachant que les données épidémiologiques ne sont pourtant pas concordantes, loin s’en faut. De plus, la consommation de celle-ci serait positivement associée aux taux plasmatiques de CRP (C-reactive protein). Au fil de ces associations, l’on en vient à se demander si le risque de diabète de type 2 ne serait pas augmenté par la viande rouge via l’inflammation systémique recrutée par l’intermédiaire du stress oxydant et des produits terminaux de la glycation avancée. Autant d’hypothèses qui peuvent être revisitées à la lueur d’une analyse transversale de certaines données émanant d’une étude de cohorte prospective menée aux Pays-Bas, en l’occurrence la désormais célèbre Heart Study. La population concernée se compose de 4 366 participants indemnes de troubles de la glycorégulation à l’état basal. Des questionnaires spécifiques ont permis d’évaluer la consommation de viande rouge cuite ou non et de volaille.
Au terme d’un suivi d’une durée médiane de 12,4 années, 456 cas de diabète ont été diagnostiqués. Les données ont été traitées à l’aide d’une analyse multivariée dérivée du modèle des risques proportionnels de Cox, incluant l’âge, le sexe, les antécédents familiaux de diabète et les facteurs hygiéno-diététiques classiques.
En termes de relation dose-effet, une dose de 50 g de viande rouge cuite a été associée à une élévation significative des taux de CRP (p=0,01), à la différence de la viande blanche (NS). Le «risque relatif ajusté» (RRA) de diabète de type 2 a été estimé à 1,42 avec la viande rouge cuite et à 0,95 dans l’autre cas de figure, en comparant les consommations les plus élevées et les plus basses des deux catégories. Ces associations n’ont en rien été affectées après inclusion de la CRP dans le modèle précédent, mais la prise en compte de l’indice de masse corporelle a nettement atténué la relation significative précédente, le RRA passant en effet à 1,18.
Cette étude objective une association entre la consommation de viande rouge cuite et le risque de diabète de type 2, mais celle-ci ne semble pas être tributaire de l’inflammation systémique.  

Dr Philippe Tellier

Van Woudenbergh GJ et coll. : Meat Consumption and Its Association With C-Reactive Protein and Incident Type 2 Diabetes :The Rotterdam Study. Diabetes Care. 2012; 35: 1499-505.