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mercredi 13 février 2013

DIABÈTE et OBÉSITÉ: Helicobacter pylori, une vilaine bactérie aux vertus cachées

Les humains sont colonisés par Helicobacter pylori depuis 116.000 ans. Mais ce n’est qu’aujourd’hui que ces immunologistes du Virginia Tech Institute nous révèlent comment cette «mauvaise» bactérie intestinale peut, dans certains cas, être bénéfique. Cette étude, publiée dans l’édition du 8 février de la revue PLoS ONE, démontre pour la première fois que la colonisation gastrique par Helicobacter pylori peut avoir des effets bénéfiques contre l’obésité et le diabète….chez la souris.
Liée à la gastrite, aux ulcères et au cancer gastrique, la bactérie Helicobacter pylori peut jouer un double rôle en équilibrant, aussi, l'écosystème de l'estomac et en favorisant le maintien du poids corporel et le contrôle de la glycémie, de la tolérance au glucose. Responsable de 50% environ des cancers de l’estomac et des ulcères gastroduodénaux, Helicobacter pylori infecte environ la moitié de la population mondiale, bien que, chez la plupart d’entre nous la bactérie ne déclenche pas de maladie. La prévalence de la bactérie, dans l’autre partie de la population, coïncide avec l'épidémie d'obésité et de diabète dans les pays développés.

H. pylori est la bactérie dominante du microbiote intestinal bien qu’associée à des maladies graves, son rôle est utile dans le contrôle des maladies chroniques inflammatoires, allergiques ou auto-immunes, explique le Dr Josep Bassaganya- Riera, directeur du Département Immunologie nutritionnelle du Virginia Tech. Alors qu’au cours de ces 20 dernières années, l'obésité a augmenté de façon spectaculaire, pour atteindre des taux record de prévalence aux États-Unis de 36% chez l’adulte et de 17% chez les enfants, cette action collatérale d’H. Pylori est à prendre sérieusement en compte.
La recherche montre en effet que les souris infectées par H. pylori montrent moins de résistance à l'insuline que les souris non infectées ou infectées par une souche plus virulente. Donc tout dépend de la souche et les chercheurs concluent que l’impact nuisible ou bénéfique dépend de l'interaction entre le patrimoine génétique de la souche et la réponse immunitaire de l'hôte.
Il est temps de repenser notre coexistence avec les microbes comme un moyen de préserver notre santé. Ces conclusions n’expliquent pas la raison d’être et la colonisation de l’Homme par la bactérie depuis des dizaines de milliers d’années mais elles suggèrent que H. pylori peut fournir d'importantes défenses métaboliques pour améliorer le diabète, que les humains n'ont réussi à développer par eux-mêmes dans le même temps. Elles reposent aussi la question de la surutilisation des antibiotiques qui va détruire les bactéries bénéfiques et contribuer ainsi au développement de l'obésité, des allergies et de l’asthme et des maladies inflammatoires de l'intestin. Le constat souligne cette relation complexe entre H. pylori et les humains, avec des effets qui ne se limitent donc pas à l'estomac et, pour mieux la comprendre, ce chercheurs développent des modèles informatiques qui pourront contribuer aussi à prédire les effets bénéfiques sur la santé.