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mardi 22 janvier 2013

Y a-t-il un risque de diabète avec les corticoïdes inhalés?

Publié le 13/01/2013


Les corticoïdes inhalés, mis sur le marché au début des années 80, ont  révolutionné le traitement de l’asthme persistant et sont également utilisés aux stades sévères de la bronchopathie chronique obstructive (BPCO). Cette corticothérapie « locale » expose à une faible probabilité d’effets indésirables du fait de concentrations plasmatiques basses. Malgré ce profil d’effets secondaires favorable, certaines études suggèrent une augmentation du risque de diabète chez les patients traités par corticoïdes inhalés.
Une analyse sur ces traitements, portant sur des essais réalisés en double aveugle et contrôlés contre placebo, a été récemment menée. Les patients, âgés de plus de 4 ans, sont traités dans le cadre d’un asthme (26 essais ; budésonide inhalé : 9 067 patients [pts]; placebo 5 926 pts) ou d’une BPCO (8 essais ; budésonide inhalé : 4 616 pts ; pas de corticoïdes inhalés 3 643 pts). Sur l'ensemble de ces travaux, la durée moyenne de suivi varie de 210 jours (sujets asthmatiques) à 268 jours (essais sur la BPCO). Le diabète ne constitue pas un critère d'exclusion. Ainsi, la prévalence du diabète est de moins de 1 % dans l'ensemble des essais sur l’asthme et varie entre 5 et10 % dans les études sur la BPCO.
Dans les études concernant les patients asthmatiques, la fréquence de survenue d’une hyperglycémie ou d’un diabète a été de 0,13 % dans le groupe budésonide et de 0,13 % dans le groupe placebo (risque relatif de 0,98 ; intervalle de confiance à 95 % [IC 95] de 0,38 à 2,50 ; p =0,96). La fréquence des effets indésirables graves était de 0 % dans le groupe traité et de 0,05 % pour les patients sous placebo.
Lors des essais dans la pathologie bronchique chronique obstructive, une hyperglycémie ou un diabète sont survenus chez 1,3 % des malades dans le groupe traité et 1,9 % dans le groupe placebo (risque relatif de 0,99 ; IC 95 de 0,67 à 1,46 ; p=0,96). Là également, il n’a pas été mis en évidence de différence entre les groupes concernant les effets indésirables graves.
Sur la base de ces résultats, les auteurs retiennent l’absence de surcroît de risque de diabète lors d’un traitement par corticoïdes inhalés chez les patients asthmatiques ou atteints de BPCO. On peut relever certaines limites à cette étude. Tout d'abord, le risque de base de diabète de la population étudiée (adultes mais aussi enfants et adolescents, libres de toute co-morbidité) est globalement faible et un effet significatif des corticoïdes inhalés dans des sous-groupes particuliers ne peut pas être définitivement écarté. Enfin, la durée de suivi, relativement courte, ne permet pas d’évaluer complètement le risque en cas de traitement d’entretien très prolongé. Du fait de leur utilisation plus fréquente dans des populations plus fragiles, on pourrait envisager des études dédiées et à plus long terme sur les éventuels risques métaboliques de ces traitements.

Dr Béatrice Jourdain

O'Byrne, PM et coll. : Risk of new onset diabetes mellitus in patients with asthma or COPD taking inhaled corticosteroids. Respir Med., 2012 ; 106: 1487-93.
http://www.jim.fr/en_direct/actualites/e-docs/00/02/15/A1/document_actu_med.phtml