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mercredi 30 janvier 2013

DIABÈTE de type 1: Le pancréas artificiel à double hormone, l'avenir du traitement?


C’est un pas important accompli par ces Chercheurs de l'Institut de Recherches Cliniques de Montréal (IRCM) pour faire du pancréas artificiel, une approche thérapeutique prometteuse, en montrant, avec cette étude, sa supériorité par rapport au traitement conventionnel du diabète par pompe à insuline. Particularité de leur dispositif, leur pancréas artificiel est à double hormone, insuline et glucagon. Leurs conclusions, publiées dans l’édition du 28 janvier du Canadian Medical Association Journal (CMAJ) pourraient avoir un grand impact sur le traitement du diabète de type 1 en accélérant le développement du pancréas artificiel externe.
Dans le monde, 285 millions de personnes sont diabétiques, environ 10% de type 1.
L’équipe de l'IRCM, menée par le Dr Rémi Rabasa-Lhoret, endocrinologue a mené un essai comparatif entre un pancréas artificiel à double hormone avec le traitement standard du diabète avec une pompe à insuline et montre une amélioration plus importante de la glycémie améliorés et une réduction du risque d'hypoglycémie. L’étude a été menée sur 15 patients adultes atteints de diabète de type 1, qui avait été traités à l'aide d'une pompe à insuline pendant au moins 3 mois. Les patients ont été admis à deux reprises à l'IRCM et ont reçu, dans un ordre aléatoire, les 2 traitements, le pancréas artificiel à double hormone et l'insulinothérapie conventionnelle. Lors de chaque séjour de 15 heures, leur taux de glycémie ont été suivis, y compris durant la nuit.
Le pancréas artificiel est un système automatisé qui simule le pancréas l en adaptant en permanence l'administration d'insuline en fonction des variations de la glycémie. Le pancréas artificiel « à double hormone » testé dans cet essai va contrôler les niveaux de glucose par distribution automatique de l'insuline et du glucagon, le cas échéant, sur la base d’une lecture de la glycémie en continu guidée par un algorithme sophistiqué.
Meilleur contrôle glycémique, moindre risque hypoglycémique : Les auteurs constatent que le pancréas artificiel améliore le contrôle glycémique de 15% et réduit significativement le risque d'hypoglycémie en comparaison de la thérapie conventionnelle par pompe à insuline. De plus, le pancréas artificiel permet une réduction de 8 fois le risque global d'hypoglycémie, et une réduction de 20 fois le risque d'hypoglycémie nocturne. Alors que les patients vivant avec le diabète de type 1 doivent gérer avec soin leur glycémie pour s'assurer de rester dans une fourchette cible, que le contrôle de la glycémie est la clé de la prévention des graves complications à long terme (comme la cécité ou l’insuffisance rénale) et de la réduction du risque d'hypoglycémie, environ deux tiers des patients ne parviennent pas à ce contrôle.
Le pancréas artificiel représente donc un espoir pour la plupart des patients car le capteur « parle » à la pompe directement grâce à un algorithme de dosage intelligent. A tout moment, le dispositif  peut recalculer le dosage d’insuline sur la base de l'évolution des taux de glucose, administrer les doses appropriées, sans l’intervention du patient. Le système testé imite donc un pancréas normal en sécrétant l'insuline et le glucagon, ajoute le Dr Laurent Legault, endocrinologue en pédiatrie à l'Hôpital de Montréal pour enfants, et co-auteur de l'étude. « Bien que l'insuline abaisse le taux de glucose dans le sang, le glucagon a l'effet inverse et augmente les niveaux de glucose. Le glucagon peut donc, le cas échéant, protéger contre l'hypoglycémie ».
Les essais cliniques vont se poursuivre pour tester le système sur de plus longues périodes et avec différents groupes d'âge. Il sera ensuite introduit progressivement en pratique clinique, d’abord avec insuline seule, puis avec glucagon.