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mercredi 19 décembre 2012

CONVERSATION AVEC LE PRÉSIDENT DE LA FID, JEAN CLAUDE MBANYA


Ce mois-ci, nous disons au revoir à regret à Jean-Claude Mbanya, le président de la FID depuis 2009. Jean-Claude a été le témoin de grands changements durant les trois années de sa présidence. Nous lui avons demandé quels ont été les moments forts de cette période et quels sont ses projets.

1. Au début de votre présidence, vous êtes vous fixé des objectifs ? Ont-ils été atteints ?
Je pense qu'au début de chaque présidence, on se doit de définir des objectifs à deux niveaux : au niveau organisationnel et au niveau personnel. Sur le plan organisationnel, j'ai été guidé par le plan stratégique pour la période triennale approuvé par le Conseil général qui comprenait le renforcement des 200 Associations membres de la FID. Je me suis aussi fixé des objectifs sur le plan personnel que je souhaitais accomplir au cours de mon mandat de président de la FID.
Au début de ma période triennale, j’ai mis la priorité sur la mise en place du plan d'action mondial en matière de sensibilisation au diabète. En 2006, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 61/225 qui a façonné l’agenda et a créé un effet de levier avec la campagne mondiale de la Journée mondiale du diabète. En tant que président de la FID, je devais veiller à ce que la FID continue à être la voix de toutes les personnes atteintes de diabète, peu importe où elles habitent. Si vous regardez les gens atteints de diabète dans le monde entier, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, la prise de conscience est peut être présente mais l'accès aux médicaments et aux services de santé n'est pas toujours aisée. Ainsi, il était important pour la FID de  continuer à exercer des pressions et de défendre leurs droits. Notre voix a été entendue en septembre 2011. Le premier sommet de haut niveau des Nations Unies sur la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles (MNT) a eu lieu en septembre 2011 à New York. Cela a été une étape importante dans l'histoire du diabète et des maladies non transmissibles.
Une autre priorité pour la FID a été de se concentrer sur le renforcement des Associations membres. Tout au long des années, des programmes et projets de terrain ont contribué à renforcer l’impact de la FID. Le travail de sensiblisation du sommet des Nations Unies a également mobilisé notre réseau et habilité nos Associations membres à défendre et à agir sur le diabète avec leurs gouvernements locaux et leurs décideurs.
Dans l'ensemble, je dirais que je suis heureux et satisfait de ce qui a été réalisé au cours de mon mandat.
Le deuxième ensemble d’objectifs que je me suis fixé a été de restructurer le bureau exécutif de la FID basé à Bruxelles en Belgique. Notre objectif était de lui donner une structure d'entreprise, ce que j'ai souligné dans mon discours d'investiture au Conseil général de la FID à Cape Town en 2006. Au cours de la période triennale 2009-2012 j'ai créé des Comités pour analyser et discuter des enjeux et des points de vue plus efficacement et en collaboration avec les représentants du personnel concernés. Je pense que cela a été un succès, et même si cela n’est pas encore parfait nous nous en approchons.
Enfin, je tiens à mentionner le Congrès mondial du diabète à Dubaï en 2011. Je me suis rendu au Moyen-Orient au moins quatre fois afin de mobiliser la région, qui est à l'avant-garde de l'épidémie de diabète en termes de prévalence. Il était important que le Congrès soit un succès afin d'habiliter nos Associations membres et les décideurs locaux à conduire des programmes de sensibilisation au diabète. Plus de 15 000 participants ont assisté au Congrès, plus de 2 000 étaient de la région, chose qui n'avait jamais été réalisée avant. Voilà comment le Congrès nous a permis de construire des ponts.
Dans l'ensemble, je dirais que je suis heureux et satisfait de ce qui a été réalisé au cours de mon mandat.
2. Pouvez-vous nous citer un moment fort de votre présidence ?
Un de mes moments forts comme président a été quand les membres de l’OMS ont récemment trouvé un accord sur une série d’objectifs sur les maladies non transmissibles. Réussir à organiser un sommet est une chose, mais quand vous arrivez à convaincre les gouvernements nationaux à commencer à mettre en place des cadres et des objectifs, vous commencez à espérer que le changement est en effet possible. J'ai récemment été invité à l'OMS afin d'examiner comment nous pouvons trouver un cadre pour la mise en œuvre de ses objectifs et comment nous pouvons exploiter ses mêmes objectifs dans un cadre de développement plus large.
3. Au cours de vos années passées à travailler pour la FID, quel ont été pour vous les changements les plus significatifs dans l'organisation ?
Après avoir passé 18 ans au Conseil de la FID, le principal changement que j'ai pu constater est la transformation de la FID pour devenir la véritable voix mondiale de toutes les personnes atteintes de diabète. Quand j'ai commencé, la FID était une très petite organisation avec un nombre limité d'activités : principalement ciblé sur les publications et un congrès tous les trois ans. Maintenant, c'est un défenseur dynamique pour toutes les personnes atteintes de diabète partout dans le monde et organisant un congrès biennal. La reconnaissance que la Fédération a reçue au cours de ces 18 dernières années et la contribution qu’elle a apporté pour le diabète et les soins aux personnes atteintes de diabète a été extraordinaire. J'espère que cette tendance se poursuivra dans le futur.
La reconnaissance que la Fédération a reçue au cours de ces 18 dernières années et la contribution qu’elle a apporté pour le diabète et les soins aux personnes atteintes de diabète a été extraordinaire.
4. Comment souhaitez-vous voir la FID se développer à l'avenir ?
Je pense que c'est une question très difficile. L'avantage que nous avons à la FID, c'est que chaque Comité apporte sa propre contribution construisant sur les réalisations de son prédécesseur. Je veux voir la FID  continuer de croître. Nous devons aussi tirer parti de ce qui a été réalisé avec le sommet des Nations Unies. Nos Associations membres doivent aussi recevoir le soutien nécessaire afin de pouvoir utiliser les outils comme des médiateurs pour faire en sorte que les gouvernements donnent suite aux engagements qu'ils ont signés et mettent en place les mesures nécessaires pour les atteindre. La FID ne serait pas ce qu’elle est sans bureaux régionaux forts et ses Associations membres. Je tiens à continuer à les voir se renforcer afin qu'en bout de ligne, la FID devienne une grande périphérie avec un petit centre, plutôt que l'inverse.
5. Quels sont vos projets aujourd’hui ?
Je suis au service de plusieurs comités et groupes internationaux. Je suis aussi professeur d'endocrinologie et je dirige un groupe de recherche. J'ai l'avantage d'être encore jeune et donc de pouvoir continuer à travailler encore de longues années au sein des comités internationaux auxquels j'appartiens et, plus important encore, sur les activités de sensibilisation dans mon propre pays, le Cameroun. J’apporterai ma contribution partout et à chaque fois que je serai sollicité.
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