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vendredi 10 août 2012

Les phtalates contenus dans les cosmétiques favoriseraient le diabète

Les femmes présentant de fortes concentrations de phtalates dans leur corps ont beaucoup plus de chance de déclarer un diabète de type 2, le plus fréquent. Or, beaucoup de produits de beauté contiennent ces phtalates.
Les phtalates sont déjà décriés depuis plusieurs années. En effet, certains d'entre eux sont classés dans la catégorie des perturbateurs endocriniens et accusés de rendre stérile. Cela s'explique par leur activité, proche de celles des oestrogènes qui appauvrissent le sperme. Mais une étude menée par les chercheurs du département Santé de la femme au Brigham and Women's Hospital de Boston vient de montrer que les phtalates, présents dans les produits de beauté, provoqueraient également des diabètes de type 2.
D'anciens travaux avaient montré que nous étions tous exposés quotidiennement à ces nuisibles. Ils se retrouvent en effet dans de nombreux produits de la vie courante : les voitures neuves, les jouets, les emballages alimentaires, les adhésifs, certains dispositifs électroniques, etc. Bien que ces produits soient consommés par les hommes comme les femmes, les chercheurs ont constaté de plus fortes quantités de phtalates chez les femmes. Ils en ont alors conclu que cette différence est due au fait que les femmes sont bien plus nombreuses à utiliser des cosmétiques. Or, les phtalates se retrouvent en proportions importantes dans plusieurs produits de beauté : vernis à ongles, savons, parfums, crèmes hydratantes, laque, etc.
L'étude a été réalisée sur 2.350 femmes âgées de 20 à 80 ans et regroupées au sein de la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), représentative de la population américaine féminine. Concrètement, les molécules de phtalates ont été dosées dans les urines de ces volontaires avant que les données obtenues ne soient analysées. Les résultats, publiés le 13 juillet dans la revue Environmental Health Perspectives, montrent que les femmes présentant les concentrations en phtalates les plus élevées sont celles qui utilisent le plus de produits cosmétiques. Ce sont également celles qui ont le plus de risques de développer le diabète de type 2 (également appelé diabète insulinorésistant, il est plus fréquent que le diabète de type 1 ou insulino-dépendant).

Des molécules aussi présentes dans le matériel médical et les médicaments
La probabilité que la maladie se déclenche est même presque deux fois plus élevée chez les individus possédant les taux de monophtalate de benzyle et de phtalate mono-isobutyle les plus importants par rapport à ceux présentant les taux les plus faibles, d'après l'étude. Les taux de phtalates 3-carboxypropyl dépassant les taux médians sont associés à un risque de déclarer le diabète accru de 60%. Même les femmes présentant des concentrations modérées en phtalates mono-n-butyle et di-2-éthylhexyle auraient 70% de risque en plus de contracter le diabète par rapport aux femmes ayant les taux les plus bas.
Le plus inquiétant, d'après le principal auteur de l'étude, le professeur Tamarra James-Todd, serait que : "Nous savons qu'en plus d'être présents dans les produits de soins personnels, les phtalates sont également présents dans certains dispositifs médicaux et médicaments utilisés justement pour traiter le diabète, ce qui pourrait contribuer à expliquer le niveau plus élevé de phtalates chez les femmes diabétiques". Selon elle, il serait donc souhaitable d'effectuer rapidement des études supplémentaires sur le lien de cause à effet entre les phtalates et le diabète.