vendredi 10 février 2012

GROSSESSE diabétique: 4 fois plus de malformations congénitales


Parce qu’une mère diabétique aura un risque élevé de donner naissance à des enfants présentant une malformation congénitale, le contrôle de la glycémie pendant la grossesse est primordial conclut cette étude britannique de l'Université de Newcastle et du National Health Service (NHS) qui a comparé les taux de malformations congénitales chez 400.000 femmes diabétiques et non diabétiques. Des conclusions présentées dans la revue Diabetologia.
Environ 7% des grossesses de femmes diabétiques donneraient lieu à des défauts de naissance non associés à des anomalies génétiques. C’est un taux 3,8 fois plus élevé que le taux constaté chez les femmes non diabétiques. L'étude constate également que les femmes qui s’auto-surveillent le moins dans la période qui précède la naissance ont un risque plus élevé.
Les auteurs rappellent que le diabète pendant la grossesse est associé à un risque plus élevé de complications pour la mère et pour l’enfant mais cette grande étude fournit des données complémentaires sur le lien entre diabète et malformations congénitales. Les directives de prise en charge du diabète recommandent aux femmes atteintes de diabète de planifier leurs grossesses futures et de bénéficier d’un suivi attentif en cas de grossesse. Entreprendre une grossesse avec un diabète mal conseillé n’est pas recommandé.

                                                                 


L’étude : Les chercheurs ont utilisé les données recueillies sur plus de 400.000 grossesses intervenues de 1996 à 2008 couvertes par les cohortes Northern Diabetes in Pregnancy Survey (NorDIP) et Northern Congenital Abnormality Survey (NorCAS). Les anomalies ont été classées en fonction de définitions normalisées et les anomalies génétiques ont été examinées séparément. Les facteurs tels que le contrôle de la glycémie de la mère au moment de la conception, la présence du diabète de type 1 ou 2, les complications du diabète diagnostiquées avant la grossesse, mais aussi l'âge maternel au moment de l'accouchement, l'âge gestationnel au moment de la naissance, l'apport en acide folique avant la conception, le sexe de l’enfant, le nombre de naissances précédentes, le suivi prénatal et le tabagisme pendant la grossesse ont été pris en compte dans les analyses.
Un taux de 7% de malformations congénitales chez les enfants de mères diabétiques:
 Sur 401.149 grossesses étudiées,
-         1.677 mères présentaient un diabète préexistant à 78% de type 1.
-         9.488 grossesses ont été touchées par au moins une anomalie majeure à la naissance dont 129 étaient de mères atteintes de diabète.
-         Chez les femmes atteintes de diabète, 71,6/1.000 grossesses ont été touchées par des malformations congénitales majeures, non génétiques.
-         C’est un taux 3,8 fois plus élevé que le taux constaté chez les femmes non diabétiques.
-         Les femmes atteintes de diabète n'ont pas d’augmentation du risque d'avoir un bébé avec des malformations congénitales causées par des anomalies chromosomiques.
-         les femmes qui présentaient un contrôle de la glycémie trop élevé au moment de la conception présentent un risque accru d'avoir des bébés avec malformations congénitales.

1% de plus d'HbA1c au-delà de 6,3% associé à un risque accru de 30% : Le contrôle de la glycémie sur la base du taux d'HbA1c devrait être inférieur à 7%. Dans cette étude, chaque augmentation de 1% du taux d'HbA1c au-delà de 6,3% a été associée à une augmentation de 30% du risque de malformations congénitales (OR : 1,3 IC : 95% de 1.2 à 1.4).
Les femmes qui présentaient une atteinte rénale en raison de leur diabète présentent également un risque plus que double (OR : 2,5 IC : 95% de 1.1 à 5.3). Une faible consommation d'acide folique et un statut socio-économique défavorisé sont mais dans une moindre mesure associés au risque de malformations congénitales chez l’enfant.
Pour les chercheurs, l’association entre diabète maternel et risque accru d'anomalies congénitales est confirmée et le principal facteur modifiable associé à des malformations congénitales chez les femmes atteintes de diabète est donc le contrôle de la glycémie au moment de la conception.