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mardi 31 janvier 2012

Vers une meilleure compréhension des douleurs chroniques


Un métabolite produit en excès par les membranes des cellules nerveuses expliquerait un type de douleur chronique déclenchée par des lésions nerveuses.

Des millions de personnes dans le monde souffrent de douleurs neuropathiques, un type de souffrance chronique qui est déclenchée par des lésions nerveuses traumatiques (par exemple après chirurgie des vertèbres) ou liée à une maladie (diabète, zona, Sida). Ces douleurs sont très difficiles à combattre car la plupart des analgésiques communs (paracétamol, anti-inflammatoires et même morphine) sont totalement inefficaces.
Les médecins ne savent en fait pas vraiment pourquoi ces douleurs persistent. Mais la réponse approche. Une équipe de l'Institut de recherche Scripps (Californie, Etats-Unis), a découvert qu’un sous-produit de petites molécules des membranes, le dimethylsphingosine (DMS), est produit à des niveaux anormalement élevés dans les moelles épinières de rats atteints de douleurs neuropathiques et semble potentialiser la douleur lorsqu'il est injecté. Leurs résultats, publiés dans la revue Nature Chemical Biology, suggèrent que l'inhibition de cette molécule pourrait être permettre de traiter ces douleurs chroniques.



Pour découvrir le rôle du DMS, les chercheurs ont utilisé une nouvelle approche : la métabolomique, qui étudie l'ensemble des métabolites (sucres, acides aminés, acides gras, etc.) présents dans une cellule, un organe, un organisme. C'est l'équivalent de la génomique pour l'ADN. « Les métabolites sont des molécules qui sont réellement transformées au cours de l'activité cellulaire, et leur suivi fournit des informations directes sur ce qui se passe à un niveau biochimique » explique Gary J. Patti, principal auteur de l’étude. Prochaine étape : trouver des substances capables d’inhiber le DMS et tester leurs actions sur les douleurs.
Sciences et Avenir.fr
23/01/2012